Editorial: laver l’honneur et la dignité du Mali

Il était un pays d’honneur et de dignité. Un pays de légende glorieuse et légitimité historique, de communion civilisationnelle et de partage de vertus. Un pays de preux et de dévots qui affichait sa fierté et son unité. Un pays où les hommes marchaient tête haute, les femmes avec une orgueilleuse élégance, et où les enfants pouvaient rêver et s’époumoner d’ambition.

Les temps sont passés, mais les épopées épiques des bâtisseurs rythment encore les consciences, et nourrissent encore les espérances palpitantes et fondent le vivre ensemble à travers l’appropriation partagée des figures historiques. D’Est en Ouest, du Nord au Sud, dans les veillées traditionnelles, les récits éveillent en chacun une douce fierté filiale, mais aussi l’immense devoir de veille sur l’héritage.

Descendants de héros d’hier, enfants d’une déshérence vertueuse, nous sommes usufruitiers de cette histoire commune, et co-responsables du destin de cette nation. Cette nation qui n’est point dans l’Iliade et l’Odyssée de Homère, mais s’étendait entre l’Atlantique et l’Aïr, bercée par les sagesses de la savane sahélienne, la poésie du Grand Niger (Djoliba), la noblesse du désert, l’héroïsme, la témérité, mais aussi l’humanisme soudanien.

Cette Nation c’est bien la nôtre, c’est ce que les Tariqs ont rapporté, celle que chacun de nous, à commencer par le Premier d’entre nous, sait si éloquemment vanter et rappeler à la conscience de notre jeunesse, c’est la nation malienne. Elle est et reste en partage en chacun de nous. Elle est là, mais hélas chacun la recherche comme dans la quête du saint graal !

Parce que nous avons, de cette Nation, tout perdu : sa grandeur légendaire et sa puissance historiquement avérées ; sa prospérité et son rayonnement qui ont traversé les fleuves et les océans voilà des siècles ; sa souveraineté et son unité qui chaque jour nous échappent. Que nous reste-t-il ?

Notre honneur et notre fierté d’être ce que nous sommes, de savoir d’où nous venons et ce que nous voulons. Pauvres et impuissants nous sommes, assistés et sous tutelle nous en convenons, mais nous refusons d’être ce que l’on voudrait que nous soyons : incapables de défendre leur pays, n’ayant aucun moyen de leur orgueil de descendants de héros, les voilà qui trinquent avec les mafieux et qui manquent à l’honneur et à la parole donnée.

Non, le Mali d’Ibrahim Boubacar KEITA, comme le Mali de Modibo KEITA, et celui de notre héritage commun en les Soundjata, Soumangourou, Babemba, Biton, Askia, Fihroun, Diossé, Lamdé Djouldé, Amadou Amadou, Sekou Amadou, Bassi, ne manquera pas à sa parole et ne reniera pas ses engagements. L’homme qui porte aujourd’hui notre destin commun, parce que connu et respecté comme homme d’honneur et de probité avérés, y veillera conformément à la confiance investie en lui par l’écrasante majorité de ce peuple et ses propres engagements.

Celui qui, durant toute sa vie n’a pas touché à un seul centime de l’Etat qui ne lui était dû ne laissera pas impuni une spoliation à large échelle comme celle qui défraie la chronique. Celui qui, rappelant à satiété la grandeur de notre nation, l’honneur de notre peuple, les principes de justice et de vertu comme « nul n’est au-dessus de la loi », ne va pas couvrir l’improbité, le vol organisé et garder derrière son bouclier impartial ceux par la faute de qui le Mali est aujourd’hui la risée du monde.

Pour le bonheur des Maliens, attendons le Président IBK laver l’honneur du Mali, pour la restaurer. Un lavage à sec, enlever la gangrène, comme le dirait Feu Thomas Sankara, à travers une chirurgie sans anesthésie.

C’est pour cela qu’IBK a été élu. Il l’a promis, il le fera.

Par Bertin DAKOUO

 

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