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mercredi 20 novembre 2019
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Éducation d’ici 2030: le péssimisme de l’UNESCO

Au tiers du chemin parcouru pour atteindre les objectifs du développement durable d’ici à 2030, des nouvelles projections de l’UNESCO pour le Forum politique de haut niveau des Nations Unies montrent que le monde faillira à ses engagements en matière d’éducation sans une accélération rapide des progrès. En 2030, un enfant de 6 à 17 ans sur six sera encore exclu alors qu’ils devraient être tous scolarisés. De nombreux enfants abandonnent encore leurs études : on prévoit que 40 % des jeunes n’achèveront toujours pas leurs études secondaires. Le nouvel objectif mondial relatif à l’éducation, l’ODD 4, appelle les pays à veiller à ce que les enfants non seulement aillent à l’école, mais aussi à ce qu’ils apprennent. Pourtant, la proportion d’enseignants qualifiés en Afrique subsaharienne est en baisse depuis 2000.

Selon les tendances actuelles, les taux d’apprentissage devraient stagner dans les pays à revenu intermédiaire, et baisser de près d’un tiers dans les pays francophones d’Afrique d’ici 2030. On s’attend à ce que, sans accélération rapide, globalement, 20 % des jeunes et 30 % des adultes dans les pays à faible revenu ne soient toujours pas en mesure de lire à la date limite.

Le Programme de développement durable à l’horizon 2030 insiste sur le fait de ne laisser personne pour compte. Or, 4 % seulement des 20 % les plus pauvres parmi les pays à faible revenu achèvent le deuxième cycle du secondaire, contre 36 % dans les pays les plus riches. L’écart est encore plus grand dans les pays à revenu intermédiaire inférieur. Une publication complémentaire du Rapport mondial de suivi sur l’éducation analyse les politiques que les pays déclarent avoir mises en œuvre depuis 2015 pour atteindre l’objectif de l’éducation. Elle présente des indications pour mettre leurs plans d’éducation an adéquation avec l’ODD4 afin que les pays puissent se remettre sur les rails.

Manos Antoninis, directeur du Rapport mondial de suivi sur l’éducation : « Les pays ont interprété les cibles de l’objectif global de l’éducation dans des sens très différents. Cela semble correct étant donné les points de départ différents. Malgré cela, ils ne doivent pas trop s’écarter des engagements qu’ils ont pris en 2015. Si les pays mettent leurs plans en adéquation avec les engagements dès maintenant, ils pourront se remettre sur les rails d’ici 2030. »

L’analyse des résultats d’une enquête menée auprès de plus de 70 gouvernements, montre que de nombreux pays ont établi l’équité et l’inclusion comme priorité dans leurs plans sectoriels de l’éducation. À cet effet, des chèques-éducation ont été émis en Bolivie pour les étudiants autochtones, les frais de scolarité ont été supprimés pour les plus démunis au Vietnam et transferts monétaires conditionnels ont été accordés aux réfugiés en Turquie et aux enfants présentant une incapacité intellectuelle sévère en Afrique du Sud.

L’apprentissage a été également privilégié ; un tiers des pays ont introduit des évaluations des acquis pour examiner les tendances au fil du temps, et un pays sur quatre a eu recours aux résultats de l’évaluation pour réformer ses programmes. Les synergies les plus faibles entre les plans des pays et les engagements de ces derniers en matière d’éducation résultent du manque de collaboration intersectorielle, qui n’existe que dans les liens entre l’éducation et le marché du travail et dans une moindre mesure dans l’éducation inclusive ou dans l’éducation préscolaire entre l’éducation et le secteur de la santé.




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