Effectivité des patrouilles mixtes et du cantonnement: les groupes armées traînent toujours les pieds

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La Cellule de communication de la MINUSMA a animé, hier jeudi, au nouveau siège de l’organisation onusienne, sis à Badalabougou, son hebdomadaire point de presse pour faire un récapitulatif des dernières activités de la mission. La conférence était animée par la porte-parole, Radhia ACHOURI.

D’entrée de jeu, la conférencière a apporté des éléments d’éclairage sur la saisie d’un lot de munitions au Poste de douanes de Diboli, en provenance du Sénégal.
Selon Radhia ACHOURI, le lot de munitions saisi était destiné à réapprovisionner l’unité de police du Sénégal, qui est déployée avec la MINUSMA à Gao.
Aussi, a-t-il expliqué, en termes de procédures, les pays contributeurs de police ont à leur charge de fournir et d’assurer par leurs propres moyens la provision et le transport du matériel destiné à leurs contingents déployés dans le cadre de la mission de maintien de la paix. En effet, soutient la conférencière, dans cette affaire, le pays contributeur dit avoir pris toutes les mesures pour éviter qu’un tel regrettable incident ne se reproduise plus à l’avenir.
Par rapport au cantonnement, la porte-parole a fait savoir que 3 sites de cantonnement sont déjà fin prêts pour recevoir les combattants. Et que durant le mois d’octobre 5 autres sites devront être opérationnels. «C’est-à-dire qu’il y aura de l’eau, de la nourriture, des latrines, des douches, des tentes…», a-t-elle précisé.
Pour la conférencière, la MINUSMA a fait ce qu’elle devrait faire sur le plan de la structure physique des sites de cantonnement. Elle attend les listes aussi bien du personnel que du matériel de la part des 2 mouvements armés, à savoir la Plateforme et la CMA.
En ce qui concerne les patrouilles mixtes, souligne-t-elle, la MINUSMA est dans l’attente des listes des combattants des groupes armés. Une patrouille mixte, a-t-elle rappelé, sera composée d’un groupe de 600 hommes (soit 200 pour les FAMA, 200 pour la Plateforme et 200 pour la CMA).
«Le gouvernement du Mali a annoncé à plusieurs reprises qu’il est prêt à fournir les hommes et le matériel pour ces patrouilles. Tandis que la Plateforme et la CMA trainent toujours les pas à fournir leurs listes », a-t-elle déploré.
Sur la question relative aux conclusions de la rencontre entre la Plateforme et la CMA à Bamako pour trouver un terrain d’entente après les affrontements meurtriers autour de Kidal, la conférencière a estimé que la réponse incombe au Haut représentant du chef de l’Etat qui gère la mise en œuvre de l’Accord de paix. Et que c’est lui qui peut donner d’amples informations sur les résultats de ces échanges entre les deux groupes armés. En tout état de cause, Radhia ACHOURI a tenu à préciser que les rencontres continuent toujours avec les deux parties sous l’égide du Haut représentant du président de la République.
Aussi, a-t-elle rassuré, la MINUSMA, en tant que partie prenante, multiplie les contacts en demandant une cessation des hostilités, et en encourageant la résolution des problèmes de manière pacifique en vue d’entamer la mise en place des autorités intérimaires.
« L’une des retombées de ces affrontements est que plusieurs personnes ont quitté la ville de Kidal et ont besoin d’assistance humanitaire. Ils ont le droit de revenir à Kidal dans un environnement adéquat. À Kidal, sur le plan sécuritaire, la situation est calme dans la ville où notre dispositif sécuritaire a été renforcé avec des patrouilles pour contrecarrer toute incursion et toute relance des affrontements qui pourraient affectés les populations civiles », a affirmé Radhia ACHOURI.
Au niveau des opérations, elle a souligné que la mission onusienne a procédé à un réaménagement de son dispositif sécuritaire à Kidal avec des détachements déployés pour contrôler les entrées de la ville et faire des patrouilles de jour comme de nuit. Dans ce cadre, a-t-elle précisé, du 2 au 22 août dernier, les éléments de la MINUSMA ont effectué 1 382 patrouilles ; tenu 719 check-point et opéré 185 escortes. Du côté de l’UNPOL, note-t-elle, du 1er au 24 août, elle a effectué 1 050 patrouilles dont 352 patrouilles individuelles, 162 patrouilles conjointes avec les forces de sécurité malienne.

PAR MODIBO KONE

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