Élections communales de 2016: le verdict des urnes

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QUI A GAGNÉ COMBIEN DE CONSEILLERS ? QUI A ENLEVÉ QUEL NOMBRE DE MAIRIES ?
Plus de 4 jours après le déroulement du scrutin, les états-majors des partis politiques continuent de faire leur décompte.
Ainsi au regard des résultats obtenus, certains commencent déjà à se frotter les mains. C’est le cas du RPM et du MPR qui enregistrent une meilleure performance par rapport à 2009. Aussi, pour sa première participation à une élection communale, l’ADP-Mali semble réussir un coup de maitre en engrangeant plus de 200 conseillers et 10 maires sur l’ensemble du territoire.
A l’opposé, le Parti citoyen pour le renouveau (PCR), malgré la débauche d’énergie dans le District de Bamako, le Parti de Ousmane Ben Fana TRAORE est sorti bredouille de ces élections, avec zéro conseiller et zéro maire dans les 6 communes du district de Bamako

RPM : 2 582 conseillers et 201 maires
En dépit de son échec dans certaines localités d’origine de certains barons, notamment à Sikasso, Koulikoro, Goundam, le Rassemblement pour le Mali (RPM) avec déjà 2 582 conseillers et 201 maires, dépasse de très loin son score de 2009, qui est moins de 300 conseillers. Toute chose qui confirme et le conforte sa posture de première force politique au Mali. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le Rassemblement Pour le Mali revient de très loin. Les résultats des élections communales attestent que le RPM qui se morfondait dans l’Opposition a effectué un bond en avant en trois ans, si ce n’est qu’il affole les compteurs. C’est à l’aune donc de l’étant, à savoir les Conseils communaux sortants qu’il faut mesurer les nouveaux scores et non par rapport au simple statut de parti présidentiel.
Défait dans les fiefs de certains de ses barons ? L’on explique que même devenu première force politique, ce n’est pas aisé pour le Rassemblement Pour le Mali de sauter, en trois ans seulement, certains responsables politiques qui ont profondément plongé leurs racines chez eux.
Toutefois, annonce-t-on, la montée en puissance reste un challenge pour le Parti qui vise plus haut pour les prochaines échéances électorales.

Le MPR fait mieux qu’en 2009
Engagé dans plusieurs localités du pays lors de ce scrutin du 20 novembre dernier, le parti MPR, contrairement à plusieurs formations politiques, a connu une hausse du nombre de ses conseillers. Si l’ambition du parti était d’avoir le maximum de conseillers possible à l’issue de ces communales, à l’heure des décomptes, il peut s’estimer content au regard du résultat obtenu. En effet, de 397 conseillers en 2009, il se retrouve avec 450 conseillers dont 18 maires. Mais après 2009, avec des nouveaux adhérents, le MPR s’est retrouvé avec 500 conseillers. Et sur la base des résultats obtenus dans les urnes, le MPR enregistre une augmentation du nombre de ses conseillers de 53 personnes. Ce qui est un résultat à encourager, disent des responsables de parti. Aussi, confirme-t-il, que les populations adhérentes à la vision du parti. Dans, pour le parti, c’est un résultat sur lequel ils vont travailler en vue de poursuivre le renforcement du parti à la base et sur l’ensemble du territoire national.

YELEMA : 353 conseillers et 15 maires
C’est très heureux que le secrétaire politique du Parti YELEMA, Amadou AYA nous a livré les résultats engrangés par le parti de l’ancien Premier ministre, Moussa MARA. En effet, en début de la journée, il avait recensé 6 maires et 285 conseillers. Mais, à 13 heures, les données ont changé pour donner 353 conseillers et 15 maires. Aussi, a précisé M. AYA, la situation peut évoluer positivement parce qu’à présent ils n’ont pas la situation dans toutes les communes.

UDD : 357 conseillers et 11 maires
Le Parti Union pour la Démocratie et le Développement (UDD), présidé par l’ancien ministre de la Défense, Tiéman Hubert COULIBALY, d’après secrétaire à la communication, Souleymane DIALLO, a obtenu 357 conseillers municipaux et 11 maires, notamment à Péléngana dans le cercle de Ségou, avec la maire sortante, Mme Mariam BAMBA et à Koutiala, où le Parti est en alliance. Toutefois, a-t-il souligné, ils continuent de recevoir d’autres résultats.

CNID/FYT : moins de 400 conseillers et 10 à 15 maires
Le CNID, selon le président national des jeunes, Mahamoud TOURE, n’a pas toutes les données. Cependant, révèle-t-il, au moment où il parle, il a moins de 400 conseillers, et compte entre 10 et 15 maires.
En tout cas, ces résultats sont nettement en deçà des performances antérieures et des ambitions du Parti du Soleil levant, de Me TALL, qui était, aux premières heures de la Révolution de Mars 1991, dans le tiercé de tête des partis politiques au Mali.

PCR : Zéro pointé à Bamako
Le Parti Citoyen pour le Renouveau, malgré la débauche d’énergie dans le District de Bamako, particulièrement en Commune I, où il a beaucoup investi dans les activités de jeunes et de développement d’infrastructures sportives, le Parti de Ousmane Ben Fana TRAORE est sorti bredouille de ces élections, avec zéro conseiller et zéro maire dans les 6 communes du district de Bamako, nous apprend le chargé à la communication du Parti, Mahamadou OUEDRAOGO, interrogé à défaut d’avoir le président en personne. Cependant, M. OUEDRAGO nous a fait savoir que le PCR a conservé les mairies de Niossombougou, cercle de Kolokani et Tominian, dans la région de Ségou.
Aussi, a-t-il assuré, d’autres conseillers et même des maires sont annoncés dans d’autres communes sans en donner plus de précision.

PSP : Une ambition de 200 conseillers
Joint au téléphone hier par nos soins, le Président du Parti pour la Solidarité et le Progrès (PSP), Oumar Hammadoun DICKO, a mis en index la grande confusion dans laquelle s’est déroulé le scrutin du dimanche 20 novembre dernier. Pour étayer ses propos, l’ancien ministre des Maliens de l’extérieur et de l’intégration africaine et ancien Président de la Commission d’organisation du Cinquantenaire, a rappelé les attaques dans trois communes du cercle de Douentza, à savoir Boni, Kéréma, Balla.
Il a pointé du doigt la grande insécurité qui régnait dans le cercle de Gourma-Rharouss. Ce qui est attesté par l’attaque d’une unité des Forces de défense et de sécurité chargée de la sécurisation des opérations de vote à Bamabara-Maoudé.
Une situation sécuritaire incertaine qui, a expliqué le Président du PSP, justifie qu’il n’y a pas eu de vote massif.
M. DICKO n’a pas manqué de mettre en relief le cas de Téninkou où sur 10 communes, seulement 2 ont pu effectivement voter. Ce qui est un manque à gagner pour le PSP, puisqu’il y est implanté.
Outre cette localité, le Président DICKO a fait savoir que son Parti est également bien représenté à Kondiéba, Yanfolila Bafoulabé, Kayes, Nioro.
Manifestement, la plus grande satisfaction du Président DICKO était Douentza. Dans ce cercle, a-t-il annoncé, en coalition avec d’autres peut se targuer d’avoir, dans son escarcelle, 10 communes sur les 15. Il fait savoir que le score pour Douentza seulement est de 35 conseillers.
À la lumière de ce résultat, le ministre se montre optimiste. Mais pas un optimisme béat. En effet, il a rappelé qu’à l’issue des élections communales de 2009 son Parti, le PSP, a obtenu 182 conseillers. Pour le scrutin qui vient de se tenir, son ambition se situe entre le même nombre de 182 et 200 conseillers.
En homme averti, le Président du PSP ne cède pas à la précipitation. En effet, il juge important d’attendre les résultats des autres communes, mais surtout les contentieux électoraux.
« Il faut faire montre de patience en attendant les verdicts », a conclu M. DICKO.
Pour rappel, le Parti de la solidarité et du progrès (PSP), anciennement Parti progressiste soudanais est un parti politique créé en 1946 par Fily Dabo SISSOKO. Le PSP est présidé par Oumar Hammadoun DICKO.
Le 26 mars 1991, le coup d’État d’Amadou Toumani TOURE met fin au régime de Moussa Traoré. Le multipartisme, réclamé depuis des mois par les opposants, se met en place. Le Parti progressiste soudanais renaît et est officiellement déclaré, le 18 mai 1991.
Aux élections municipales du 19 janvier 1992, le PSP obtient 29 conseillers municipaux et aux élections législatives de juillet 1992, il obtient deux députés dans la circonscription de Bafoulabé (région de Kayes).
En 1997, suite à l’annulation du premier tour des élections législatives, le PSP boycotte l’élection présidentielle et les nouvelles élections législatives. Il participe cependant aux élections communales de 1998 et 1999, ce qui lui permet d’obtenir une centaine d’élus.
Lors du congrès des 23 et 24 mars 2002, le Parti progressiste soudanais prend le nom de Parti de la Solidarité et du Progrès.
À l’élection présidentielle de 2002 tout comme à élection présidentielle de 2007, le PSP soutient Amadou Toumani TOURE.
Avec l’avènement du Président IBK à la magistrature suprême de l’État, le PSP a opté pour l’Opposition. Les propos de son président après les communales affichent une ambition à la petite semelle. Cela quand on considère que c’est un Parti d’avant indépendance et pionnier de l’ère démocratique.

CNAS-FH : l’incertitude
Le parti Convention Nationale pour une Afrique Solidaire (CNAS-FH)-Faso-hère de Zoumana SAKO ne semble pas avoir fait une bonne moisson, lors de ces élections communales. En tout cas, au moment, où nous mettions sous presse, on était toujours dans l’attente du secrétaire administratif, Bakary SAKO, pour avoir les résultats de la CNAS.

Parti SADI : Environ 300 conseillers et 17 maires
Depuis quelques jours, l’heure est aux décomptes au niveau des états-majors politiques, au lendemain du scrutin du 20 novembre. Si jusqu’à présent, des délattés ont opté pour le statu quo autour de leur score, c’est la bataille des chiffres dans la plupart de ces états-majors.
Au Parti Solidarité Africaine pour le Développement et l’Indépendance (SADI), hier, l’on se frottait les mains avec environ 300 conseillers, dont 17 maires. Selon le secrétaire politique de la SADI, Nouhoum KEITA, le parti a fait un léger mieux par rapport aux précédentes échéances électorales.
«Nous n’avons pas encore fini nos décomptes, à l’heure actuelle. Nous nous sommes déjà tapés environ 300 conseillers, dont 17 maires. Comparé ce chiffre à la dernière communale où nous avions 15 maires et quelque 250 conseillers, nous pouvons dire que c’est un progrès pour le Parti », nous a confié le secrétaire politique.
Cependant, a-t-il regretté, le Parti a perdu les mairies de Koutiala et de Niono.
Mais sur le positionnement du Parti sur l’ensemble du territoire, Nouhoum KEITA estime qu’il y a eu une percée. En effet, a-t-il expliqué, le Parti SADI est parvenu à se positionner dans beaucoup de localités dans la région Kayes où il n’existait pas du tout. Il s’agit entre autres de Kéniéba, Diéma, Sitakili, NGoukoto, Faléa, Yélimané.
A Sikasso, le parti a enregistré 3 conseillers, dispose de la mairie de Kolondiéba et de plusieurs communes de ce cercle.
Si à Niono, le Parti SADI a perdu la mairie, dans le cercle, plusieurs communes rurales sont restées dans son giron, s’est réjoui le secrétaire politique.
« Nous avons souhaité avoir plus, mais avec ce résultat dont nous disposons, nous n’avons pas à nous plaindre. Nous allons tirer rapidement les leçons de ce scrutin afin de mieux nous positionner pour les prochaines échéances », nous a-t-il annoncé.

APR : 150 conseillers dont 3 maires
Le Parti Alliance Pour la République (APR) loin de son objectif de 2 000 conseillers n’a finalement eu que 150 conseillers sur l’ensemble des communes où il a présenté de candidats. Très optimiste avant ces communales, ce parti, créé seulement il y a 3 ans, nourrissait l’espoir de se positionner et de s’afficher comme une grande formation politique sur l’échiquier politique national. Cela, pour montrer à l’opinion nationale que le Parti APR est né avec 32 dents comme l’aimait à le dire le Président Oumar Ibrahim TOURE. Car, selon lui, l’APR est constitué d’hommes et de femmes politiques qui ont fait leurs preuves dans d’autres formations politiques. Malgré toutes ces considérations, pour une première participation à des communales dans le pays, le parti n’a eu 150 conseillers dont 3 maires. Il s’agit de la mairie de la commune rurale d’Ansongo, de la commune rurale de Kirsamba (Djiré) et de la commune rurale de Sinko (Kita).
En raison de ces résultats, selon des responsables de l’APR, ils vont travailler à consolider cet acquis et avancer pour d’autres victoires électorales. Aussi, ont-ils estimé, que ce qu’ils ont obtenu n’est pas un mauvais résultat pour une première participation à des élections communales.

Le PS Yéleen Kura obtient 13 conseillers
Le Parti Socialiste (PS Yéleen Kura) se contente de 13 conseillers obtenus à l’issue des communales du 20 novembre dernier. Selon des responsables de ce parti joints par téléphone, le PS Yéleen Kura a présenté des candidats dans seulement quelques communes du pays pour ne pas disperser ses efforts. De notre conversation, il ressort que leur objectif était d’avoir 20 conseillers avant de regretter le nombre de 13 conseillers qu’ils ont obtenus. Qu’à cela ne tienne, ils se consolent en déclarant que pour une première participation, ce n’est pas ridicule.
Aussi, ont-ils estimé, ce résultat atteste que le PS Yéleen Kura est implanté dans le pays et a la confiance de la population. Dans tous les cas, ils disent qu’après ces élections ils vont tirer les enseignements de leur participation à ce scrutin et poursuivre l’implantation du Parti.

ADP-Mali revendique plus de 10 mairies
Pour sa première participation à des élections communales, l’ADP-Mali semble réussir un coup de maitre. En effet sur un objectif de 400 conseillers, le Parti a engrangé, à l’issue du scrutin communal du 20 novembre dernier, plus de 200 conseillers sur l’ensemble du territoire national. De même, le Parti de l’honorable Amadou THIAM revendique plus d’une dizaine de mairies, à savoir entre autres Sadiola, Dogofri, Dogo, Guedougou, la ville de Nioro du Sahel, Torondo, Karakoro, Doumanamba.
Pour Me Abdoulaye SIDIBE, membre du BPN de l’ADP-Mali que nous avons joint au téléphone, ces résultats sont très satisfaisants au regard du fait que c’est pour la première fois que son Parti sollicitait le suffrage d’électeurs à l’occasion d’élections communales.

La rédaction

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