Elections communales: l’appel aux jeunes candidats

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Chers jeunes frères candidats aux élections municipales du 20 novembre 2016,
C’est avec un grand plaisir que je constate votre massif et qualitatif engagement comme candidats à la gestion de vos cités. Nous osons croire que nos récurrents programmes d’éducation à la citoyenneté ont quelque peu participé à votre décision de vous consacrer à la gestion de l’intérêt général. Aussi, vais-je me permettre d’utiliser mon droit d’ainesse pour vous donner quelques conseils :
1. Intégrez définitivement qu’être jeunes, femmes, du nord, du sud, de l’ouest, de l’est… n’est pas un projet de société
2. Comprenez que nous vivons l’ère du numérique, la 5ème révolution de l’histoire de l’humanité. La 1ère étant celle de la découverte et de la maîtrise du feu. La seconde, celle de la maîtrise de la parole. La troisième, celle de la découverte et de la maîtrise de la roue. La quatrième, celle de la découverte et de la maitrise de l’écriture. A chacune de ces révolutions, les rapports humains ont radicalement évolué. Nous en vivons une. Nous devrions être inventifs pour y apporter et prendre notre part de bonheur et d’évolution.
3. Vous devriez vous attaquer, si vous êtes élus, aux enjeux urgents suivants
• la caducité de notre modèle de solidarité : notre forme rurale de solidarité ne peut plus fonctionner aujourd’hui. Une personne ne peut plus travailler pour payer les frais d’ordonnance, les frais de condiments, les frais de mariage, les frais de décès ect… d’autres. Il faut que cela cesse si nous voulons réduire la corruption dans notre pays. Certes l’AMO est une très grande évolution, mais les collectivités locales doivent inventer de nouveaux processus solidaires locaux sous forme de tontines (par exemple) en lien avec les CESCOM, les caisses d’épargne, des banques de proximités ou des assurances.
• La circulation dans nos cités : dans nos cités, il est impossible de circuler à pied. Vous devriez inventer de nouveaux dispositifs de circulation. Par exemple, créer des routes uniquement pour les motos. Il doit avoir presqu’1 million de motos à Bamako. Une taxe municipale de 1000 F CFA annuelle sur chaque moto doit permettre d’adosser un projet inter-municipal bancable.
• la question de l’énergie domestique : la consommation du bois et du charbon de bois participe fortement à la disparition de nos forêts. Il n’y a presque pas d’arbres aux alentours de nos cités. L’énergie solaire, le biogaz, le gaz naturel donnent des alternatives. Vous devriez inventer des dispositifs pour faire d’eux les principales sources d’énergie domestique
• la question de la sécurité : l’insécurité dans nos cités est de plus en plus marquée. Vous devriez imaginer un réseau local de renseignements pour aider les services de sécurité à être plus efficaces sur le terrain.
• l’absence d’espaces publics : l’absence d’espaces publics fait que n’importe qui se lève, barre une route et y installe sa manifestation ou son deuil. Vous devriez multiplier les places publiques dans chaque quartier. Même s’il faut prendre vos responsabilités, en rachetant des maisons, les casser et y mettre des places publiques. Aucune famille n’aurait plus droit à barrer les routes. Ces espaces publics créés, en plus de servir de lieux d’accueil aux événements familiaux, peuvent aussi accueillir des bibliothèques pour la promotion de la lecture et de la recherche sur Internet.
• L’absence d’hygiène dans nos cités : des dizaines de quartiers de nos cités vivent sous le poids des odeurs et des moustiques produits par les eaux de ruissèlement des toilettes. Vous devriez inventer de nouveaux dispositifs pour gérer ce problème sanitaire en lien direct avec les usagers. Et après, gérer de « façon stalinienne » tout ce qui ne respecte pas les normes décidées ensemble.
• Nos cimetières sont pleins : l’organisation actuelle de nos cimetières est une insulte pour nos morts. Nous obtiendrons difficilement leur bénédiction avec de telles configurations. Même si ce n’est pas glamour, vous devriez en faire une priorité. Peut-être en créer de nouveaux, même si c’est en dehors de votre juridiction et y imposer des normes. Qu’on puisse cesser à chaque fois de marcher sur nos morts.
Chers jeunes frères candidats aux élections municipales du 20 novembre 2016, ne soyez pas des fasonalomaton (ci-jointe la vidéo). Sortez du chantier battu ! Inventez de nouvelles voies ! Bonne chance !

Alioune Ifra NDiaye

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