Elevage et pêche: IBK place haut la barre

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Les fruits des grandes réalisations tiennent indéniablement les promesses des fleurs de l’élection du Président IBK en 2013. L’intensification des systèmes de production animale et piscicole, en complément des sous-secteurs pastoraux et de la pêche de capture résiliente est des plus édifiantes.

L’objectif affiché est clair : alimenter une industrie de transformation aux normes internationales qui fournit des produits standardisés pour répondre aux exigences de qualité des demandes intérieures et extérieures. C’est avec beaucoup de bonheur d’ailleurs que le ministère de l’Élevage et de la Pêche œuvre avec méthode et détermination à son atteinte.

Le défi de la compétitivité
L’axe majeur d’un des projets du département est d’augmenter la contribution de l’élevage et de la pêche à la croissance économique de notre pays et rendre les produits d’élevage et de pêche compétitifs sur les marchés intérieur et extérieur. La stratégie consistera alors, explique-t-on, à restaurer les capacités d’intervention de l’État, des collectivités territoriales et des acteurs non étatiques ; d’améliorer la productivité et la compétitivité des productions ; d’augmenter la résilience des systèmes de productions face au changement climatique ; de construire un service de santé animale à la norme internationale et de faciliter aux acteurs des filières animales, l’accès au financement.
Pays sahélien à vocation pastorale, un grand pan de l’économie nationale repose sur la valorisation des produits d’élevage et de pêche. Les énormes potentialités dont dispose le Mali en matière d’effectifs animaux et de surfaces aménageables en pêche et en aquaculture, appellent à plus d’investissement dans ces sous-secteurs, afin d’influer de manière notable sur la contribution au Produit Intérieur Brut (PIB), d’impacter la balance commerciale, d’être pourvoyeurs d’emplois et de contribuer à la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations.
Il faut rappeler que c’est la loi n° 2014-062 du 29 décembre 2014, qui détermine les principes et les conditions de la pêche et de l’aquaculture. Dans cette veine, un nouveau plan quinquennal 2016-2020 a déjà été élaboré et sera soumis bientôt au Gouvernement, nous apprend-on.
Au regard de l’évolution actuelle du contexte politico-institutionnel des deux sous-secteurs, des résultats concrets et probants sont attendus qui méritent de mettre l’accent sur les productions à cycle court, à travers l’embouche, l’insémination artificielle pour la viande et le lait, l’intensification de la pisciculture et de l’aviculture, afin de créer des emplois pour les jeunes et les femmes, en vue d’une meilleure distribution de la richesse.

Une Politique nationale
Il revient au ministère de l’Élevage et de la Pêche de préparer et de mettre en œuvre la Politique nationale dans les domaines de l’élevage et de la pêche. À ce titre, il est compétent pour : l’accroissement de la production et des productivités pastorales et aquacoles, en vue de la sécurité et de la souveraineté alimentaires ; la vulgarisation des techniques modernes de productions animales et aquacoles ; l’appui à la structuration, à l’organisation et à la formation des organisations des producteurs ; la mise en place de mécanismes d’accompagnement des unités de production animale ; l’organisation, la diversification et la modernisation des filières et des circuits de commercialisation des productions animales et aquacoles, en rapport avec le ministre chargé du Commerce ; la contribution au développement et à la sécurisation de l’emploi rural salarié ; la gestion des espaces pastoraux en rapport notamment avec les ministres chargés des Affaires foncières, de l’Administration territoriale et de l’Aménagement du territoire ; le développement de la recherche, de l’enseignement et de la formation dans les domaines de l’élevage et de la pêche ; la prévention et la lutte contre les maladies animales.

Une place de choix
Selon les statistiques disponibles, le sous-secteur de l’élevage contribue à hauteur de 19 % du PIB national. Ce qui fait de lui le 3e contributeur aux recettes d’exportation du pays après l’or et le coton. Il contribue à hauteur de 80 % des revenus pour les pasteurs et 18 % pour les agropasteurs et est la principale source de revenus pour plus de 30 % de la population malienne.
L’effectif du cheptel est estimé à 15 millions de bovins et 32 millions d’ovins/caprins. Ce qui place notre pays au premier rang des pays d’élevage de la zone UEMOA et au 2e rang des pays dans l’espace CEDEAO, après le Nigeria par l’importance des effectifs et la diversité des races animales dont les plus connues sont le zébu maure, le zébu peulh, le zébu azawack, la N’dama, le mouton toronké, le mouton djallonké, la chèvre du Sahel et la chèvre naine. À côté de ces races locales, des races exotiques comme la rouge des steppes, le Montbéliard, le Holstein et la chèvre Guerra sont élevées dans les zones périurbaines pour leurs performances bouchères ou laitières. Pour les régions du Nord et du Sahel Occidental, les camelins, dont l’effectif est estimé à 980 000 têtes, jouent un rôle important et leur élevage occupe une frange importante des populations.
La production de viande contrôlée était de 65 000 tonnes au cours de la campagne agricole 2015-2016 sur un potentiel disponible exploitable de près de 220 000 tonnes et celle du lait est de 4 900 tonnes sur un potentiel disponible de 625 000 tonnes pendant la même période.
L’effectif de la volaille est estimé à 37 millions de sujets. On retrouve les races locales de type chair (dont Semba-Ché), de type mixte (dont Koko-ché, Douga Chè) et le poulet Wassa -chè, de création récente par la recherche et amélioratrice de pontes et de chair. Les poulets de races exotiques pour la ponte ou la chair sont importés et élevés autour des centres urbains.
Au cours de la campagne agricole 2015-2016, la production avicole était de 8,375 millions de pondeuses, 10,6 millions de poulets de chair et 1,3 milliard d’œufs de consommation.
Sur 37 millions de sujets volaille, 65 000 tonnes de viande contrôlées.

La diversité
Plusieurs systèmes d’élevage se côtoient dans notre pays et qui occupent 650 000 ménages. Il y a le système pastoral, le système agropastoral et le système semi-intensif périurbain pour la production de viande et de lait pour le bétail.
Quant à l’aviculture, elle est traditionnellement pratiquée au niveau village, de manière semi-intensive et intensive dans le périurbain (poulet de chair/ou d’œuf).
Le sous-secteur de l’élevage regorge d’énormes potentialités, à savoir : une grande superficie exploitable en pâturage, d’environ 30 millions d’ha ; l’importance du cheptel et la diversité des espèces ; la demande croissante en viande ; la forte demande en lait et en produits laitiers ; l’existence de bassins laitiers ; l’existence de races amélioratrices ; un début de structuration des organisations professionnelles autour de la collecte de lait ; les acquis de la recherche scientifique en matière d’amélioration génétique, de cultures fourragères et de développement de formule alimentaire.
Il faut signaler l’existence d’un potentiel halieutique de 180.000 tonnes ; 2 400 tonnes en aquaculture en 2015. Le sous-secteur de la pêche occupe 7,2 % de la population avec une contribution au PIB évaluée à 4,2 %. Le potentiel halieutique est de 180 000 tonnes de poissons par an, dont 90 000 tonnes contrôlées ont été exploitées en moyenne ces trois dernières années. Il existe encore une grande diversité ichthyenne (130 espèces) avec une cinquante d’espèces à valeur économique, même si la tendance est à la diminution de la taille des espèces exploitées.

Une production en croissance
Trois grands bassins fluviaux se partagent cette importante ressource à savoir, le fleuve Niger, le fleuve Sénégal et la Volta à travers le Sourou au Mali. Les principales zones de pêche sont le Delta central du Niger ; les lacs de retenues de barrages hydro-électriques de Sélingué et de Manantali.
Le sous-secteur de la pêche englobe l’aquaculture dont la production est en constante augmentation. Cette production est passée de 1 197 tonnes de poissons en 2012 à 2 400 tonnes en 2015. Différents types de piscicultures sont utilisés (la pisciculture extensive, la pisciculture semi-intensive en étangs et la pisciculture intensive en cages flottantes). Les principales espèces utilisées en pisciculture sont le tilapia, le silure et l’heterotis.
Le programme national d’empoissonnement contribue significativement à la vulgarisation de la pisciculture en cages flottantes, à travers notamment l’installation de jeunes et la mise à leur disposition de kits de pisciculture.
Les principales opportunités en matière de pêche et d’aquaculture sont : la volonté politique et la disponibilité de documents de politiques et lois portant sur l’organisation et la réglementation du sous-secteur de la Pêche ; la croissance de la population malienne et de celle de la sous-région ; la forte demande de poissons au Mali et dans la sous-région ; le grand potentiel en terre aménageable (2,2 millions d’ha) et l’existence de plans d’eau favorables à la pisciculture ; la maîtrise de la production des alevins ; le savoir-faire traditionnel en matière de transformation et de conservation du poisson ; les potentialités énormes de transformation des produits de la pêche et de l’aquaculture et les chaînes de valeurs pouvant permettre une spécialisation des organisations de producteurs/trices ; la structuration du circuit d’approvisionnement et de commercialisation ; l’environnement propice pour l’installation des investisseurs et le renforcement du partenariat public-privé ; les acquis de la recherche scientifique dans les domaines de la valorisation et de la commercialisation du poisson ; la possibilité de génération d’emplois.

Par Bertin DAKOUO

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