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vendredi 22 septembre 2017
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Elimination des maladies tropicales négligées: des taux de couverture très satisfaisants au Mali

Au terme de l’atelier national pour la revue annuelle des activités de lutte contre les maladies tropicales négligées (MTN) 2017 et l’élaboration du plan opérationnel 2018, du 10 au 14 juillet 2017, à l’hôtel Radisson, les coordinateurs de Programmes de lutte contre les MTN ont animé une conférence de presse sur les acquis et perspectives de leurs programmes respectifs.

Les conférenciers étaient: le Dr Mahamadou TRAORE, Coordinateur du Programme de lutte contre les Schistosomiases et les vers intestinaux ; Dr Mamadou Oumar TRAORE, Coordinateur du Programme de lutte contre l’Onchocercose; Dr Amadou DEMBELE, Coordinateur du Programme de lutte contre le Trachome ; Dr SOUMARE Massitan DEMBELE, Coordinatrice du Programme de lutte contre la filariose lymphatique, non moins Coordinatrice du Programme national de lutte contre les MTN. Selon les conférenciers, ces maladies sont qualifiées de «négligées» parce qu’elles ne suscitent pas beaucoup d’attention. Elles se produisent le plus souvent dans les pays en développement qui souffrent d’énormes problèmes d’hygiène, du manque d’eau potable et de l’accès difficile à la santé.
L’importance de ces maladies est médicale et socioéconomique. Elles entraînent la pathologie continuelle, le développement lent, l’incapacité de fonctionner et la défiguration.
La schistosomiase ou bilharziose se définit comme une maladie parasitaire provoquée par des vers, appelé schistosomes. Chez l’être humain infecté, ces vers se trouvent dans les grosses veines à proximité des intestins ou de la vessie.
Dans le monde, a fait savoir le Coordinateur du Programme, environ 200 millions de personnes sont infectées par les schistosomiases dont la plupart vit en Afrique.
Au Mali, a-t-il révélé, un individu sur quatre, a la bilharziose urinaire. Les localités les plus touchées sont les zones de développement hydro-agricole et les villages situés le long des cours d’eau dans les régions de Kayes, Koulikoro, Ségou Mopti et dans le District de Bamako. La plupart des personnes atteintes de la bilharziose urinaire émettent du sang dans leur miction, dira le spécialiste. Les autres symptômes, a-t-il noté, sont généralement les douleurs abdominales, la fatigue, la somnolence, la nausée, les grossissements et lésions des organes comme le foie et la rate.
Les principales complications de cette maladie sont l’anémie, la fibrose de la vessie, l’hydronéphrose (accumulation de l’eau au niveau des reins), l’hypertension portale, la stérilité, le cancer de la vessie, etc.
La lutte contre les schistosomiases repose essentiellement sur l’utilisation correcte des latrines et l’abandon de la pratique de défécation à l’air libre ; la prise annuelle du Praziquantel par les personnes vivant dans les zones endémique, à travers le traitement de masse. Ainsi, la quantité de comprimés à administrer est déterminée en fonction de la taille.
L’Onchocercose humaine, appelée cécité des rivières, est une maladie parasitaire. Elle est transmise par la piqure d’une petite mouche noire appelée simulie qui vit et se reproduit dans les eaux à courant rapide.
Au Mali, les régions concernées sont Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou et Mopti, soit dans 34 districts sanitaires.
De 1974 à 2016, des progrès notables ont été réalisés dans la lutte contre la maladie. Ainsi, la prévalence est passée de 80% à 5%, voire 0% dans les zones endémiques.
Les manifestations cliniques sont visibles aux niveaux de la peau, de l’œil.
Son traitement repose sur l’utilisation de l’ivermectine, administrée en fonction de la taille.
Le trachome est une maladie infectieuse de l’œil provoquée par un micro-organisme appelé Chlamydia trachomatis.
En 1996, la prévalence de l’infection au trachome était supérieure ou égale à 30% chez les enfants de 1 à 9 ans dans toutes les régions du Mali, à l’exception de Ségou.
De nos jours, la plupart des régions sont à une prévalence inférieure à 5% et seules quelques localités du Centre et du Nord sont à une prévalence comprise entre 5 et 9,9%.
Le trachome se transmet surtout par les mouches, le linge sale et les mains sales.
La filariose lymphatique, plus connue sous le nom «d’éléphantiasis» est une maladie parasitaire causée par des vers filiformes ou filaires.
Au Mali, la Filariose lymphatique constitue un problème de santé publique. Toutes les régions sont endémiques. En effet, l’enquête de prévalence effectuée en 2004 a montré que le taux national moyen était de 7,07% au Mali. Face à cette situation, depuis 2005, le ministère de la Santé a inscrit l’élimination de cette maladie comme une priorité de santé.
Au regard des taux de couverture jugés satisfaisants, à savoir: pour la bilharziose 73% ; l’Onchocercose 76% ; les Schistosomiases 98% et les géo helminthiases 105%, soit 14 millions de personnes traitées, la Coordinatrice du programme de lutte contre les MTN est persuadée que le Mali sera au rendez-vous de l’élimination de ces cinq maladies, en 2020.
D’ailleurs, l’un des défis majeurs reste la mise en place des comités d’experts devant conduire le processus de certification de l’éradication de ces maladies par l’OMS.
Toutefois, Dr SOUMARE Massitan DEMBELE a conseillé la poursuite des traitements et la mobilisation sociale.
En conclusion, elle a fait savoir que le traitement de masse de ces maladies prendra fin à partir de 2020.

Par Sékou CAMARA




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