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vendredi 21 janvier 2022
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Embrassement de la situation sécuritaire: Bandiagara décrète la désobéissance civile

Après l’attaque du vendredi qui a fait 33 civils tués entre le village de Songho et Bandiagara, les forces vives du cercle de Bandiagara ont décrété la désobéissance civile. Cette désobéissance civile, conformément à l’article 121 de la Constitution du 25 février 1992, est en vigueur depuis hier lundi. Elle restera en vigueur jusqu’à la prise en main par les autorités de la situation sécuritaire dans le pays dogon.

En effet, dans un communiqué en date du dimanche 5 décembre, les forces vives de la région de Bandiagara, composés des élus, des leaders communautaires et toute la société civile ont décidé de décréter la désobéissance civile.
« Vu les différentes rencontres tenues et des missions effectuées auprès des plus hautes autorités du Mali pour demander la sécurisation des personnes et de leurs biens, nous sommes au regret de vous annoncer qu’à partir du lundi 06 décembre 2021 jusqu’à nouvel ordre, la désobéissance civile conformément à l’article 121 de la Constitution du 25 Février 1992. Par conséquent, nous demandons la fermeture des services étatiques et non étatiques excepté les centres de santé, le commerce et le transport jusqu’à la levée du présent communiqué », peut-on lire dans le communiqué des forces vives.
Selon nos confrères de Bandiagara 24, la première journée de cette désobéissance civile dans le cercle de Bandiagara a été une réussite totale. Selon des témoignages des jeunes et des forces vives de Bandiagara, le mot d’ordre a été suivi à la lettre par toute la population, les forces vives, les services techniques régionaux, subrégionaux et les forces de défense et de sécurité.
« Seule la légitimité populaire prime et a force de loi. Si cette légitimé populaire est respectée, cela veut dire que la loi tombe. Toute la population compatie à la douleur du carnage de Songho et ailleurs. Que les autorités sachent que la région de Bandiagara a non seulement des devoirs vis-à-vis du Mali, mais a aussi droit d’être sécurisé et protégé », a interpellé un notable de Bandiagara.
Il a fait comprendre que beaucoup n’ont pas compris les réactions des populations de Bandiagara suite aux nombreuses attaques.
«Certains ont dit que Bandiagara se soulève contre les autorités. Au contraire Bandiagara soutient les autorités. La population pense que les autorités au niveau national ne sont pas conscientes de ce qui se passe réellement sur le terrain. C’est ce que les communautés veulent faire savoir, le message vrai, la réalité du terrain. Pour être accompagnées, les autorités ont besoin de vérité et c’est ce qui est en train d’être exprimé. Bandiagara n’est pas contre les autorités et la population veut que les autorités comprennent davantage, prennent beaucoup plus au sérieux la situation. Que les autorités comprennent que tout ce qui se dit est une réalité. C’est une question de survie », a expliqué le porte-parole des forces vives de la ville.
Il a insisté à dire que les agissements et réactions sont tout à fait normaux et que les autorités doivent s’assumer davantage pour qu’on puisse sortir de cette situation.
« Nous sommes rassurés que l’État ait beaucoup de moyens même si nous reconnaissons que l’ennemi n’est pas loin. Bandiagara va faire ce qu’il peut et les autorités aussi doivent faire leur mieux. Si nous nous taisons, Bandiagara sera coupé du reste du Mali. Nous demandons avec insistance que les autorités fassent ce qui peut l’être jusqu’à la limite du possible. Bandiagara n’est pas en rébellion contre le pays, mais souhaite qu’on le considère davantage », précisent les forces vives.

PAR MODIBO KONÉ




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