Emission « profit du citoyen »: SUP IGA se taille la part du lion

La salle de spectacle du cinéma Babemba a abrité, le samedi dernier, la finale de la deuxième édition de l’émission de télé-réalité intitulée ; « le profit du citoyen ». Un jeu organisé par l’association pour la conscience citoyenne (ACC), en collaboration avec l’ORTM et l’ONG-Agir. Parrainée par Mme Keita Aminata Maïga, cette émission a pour objectif, pour ses organisateurs, de redonner à l’école malienne son lustre d’antan.

La finale a été présidée par la première dame, Mme Keita Aminata Maïga, en présence de M. Mamadou Ismaël Konaté, ministre de la Justice, garde des Sceaux. On y notait également la présence du directeur de l’ORTM, M. Sidiki N’Fa Konaté, du président Amadou Sy, de l’association ACC, des membres du gouvernement et du jury de cette compétition, avec à leur tête, Me Kassim Tapo.
Il s’agissait de mettre en débat des jeunes étudiants sur un sujet bien déterminé. Ainsi, le thème de cette deuxième édition posait la question suivante : « La justice malienne répond-elle aux attentes de la population ? ».
Cette question a fait l’objet d’un débat passionné entre les étudiants des huit universités privées et publiques du Mali qui participaient à cette émission.
Au terme des échanges, c’est le « OUI » de l’Institut des sciences et du commerce (ISC business School) et le « NON » de l’École supérieure d’informatique de gestion et d’administration (SUP IGA) qui ont été en finale.
Pendant une demi-heure, ces élèves ont renvoyé l’assistance dans une Cour de tribunal qui rappelait un procès digne des grands tribunaux avec des avocats de la partie civile et ceux de la défense bien armés autour de leur client. L’accusé de la Cour : la Justice malienne, qui selon l’ISC business School, répond bel et bien aux attentes des populations. Le groupe de cette école, avec à leur tête, Mlle Fatoumata Landouré, a soutenu avec brio leur thèse. Selon elle, de la charte de Kurukanfuga à nos jours, la justice n’est pas créatrice de la loi, mais l’émanation du peuple, à travers le parlement.
Le « Non » catégorique des candidats du SUP IGA a finalement remporté la finale, grâce à leurs arguments bien fouillés et mieux agencés. Avec à leur tête, le jeune Mamadou Ndiaye, le groupe de SUP IGA a donné une définition scientifique à la justice en la qualifiant comme d’un facteur X de tous les systèmes. Ils vont plus loin en qualifiant la justice d’usine à gaz. Les partisans de la thèse négative ont titillé les hommes de droits jusqu’au sommet de l’État. Ils ont rappelé les conditions qui font des citoyens les victimes au quotidien de notre système judiciaire.
Pour mieux défendre leur « Non », ces étudiants ont même fait des enquêtes dont les résultats révèlent que 92 % des personnes interrogées se déclarent insatisfaites du système judiciaire de notre pays.
Le président du jury, Kassim Tapo, a vivement félicité les deux parties pour leur assiduité dans la recherche. Aucun des deux groupes, a-t-il soutenu, n’a démérité : « Il n’y a ni gagnant ni de perdant, c’est l’éducation malienne qui a gagné », a félicité le président du jury.
Le ministre de la Justice, garde des Sceaux a félicité les deux challengers pour la qualité de leurs débats et les efforts de recherche qu’ils ont su mettre en exergue afin de convaincre les membres du jury. Il a, à cet effet, souligné que ces genres d’exercices permettaient aux jeunes étudiants de mieux s’exercer à être au rendez-vous de l’actualité des institutions judiciaires du Mali.
M. Sy de l’ACC, dans son allocation, a révélé que l’école malienne, qui était donnée à l’article de la mort, à cause des crises multi dimensionnelles qu’elle a traversé, est aujourd’hui en train de renaitre de ses cendres.
« Notre pays a traversé et continue de subir des épreuves douloureuses. La peur du lendemain nous était inconnue, l’obscurité s’est emparée du Mali et les peurs de toutes sortes se sont apparus, générant des règlements dans toutes les couches sociales. Mais l’espoir renait, la jeunesse malienne consciente de toute la place qui est la sienne dans la construction d’un Mali nouveau et réconcilié avec lui-même prospère », a-t-il dit.
Les récompenses étaient composées d’un prix d’éloquence qui a été décerné au jeune Mamadou N’Diaye de SUP IGA et le trophée du concours du jeu : « le profit du citoyen ». Les prix ont été respectivement donnés par Mme Keita Aminata Maïga et le ministre Konaté.

Par Christelle KONE

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *