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mardi 17 juillet 2018
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Energie en Afrique: le tout solaire, oui, mais attention à un faux départ !

La question sur l’énergie solaire en Afrique enchante, réunit les experts et fleurit dans les discours politiques. Les énergies renouvelables, avec le solaire en toile de fond, sont de nos jours au cœur des préoccupations politiques et économiques. Et pour tenir les promesses, le tout solaire en Afrique suscite l’espoir. Mais en vue de tenir les promesses, il faut nécessairement que les énergies renouvelables soient bâties autour de vrais projets de société rentables et stables et qu’elles puissent refléter des modèles économiques plus viables, dixit Mamadou S Coulibaly, Patron des patrons au Mali, bien imprégné et donc plus concerné.

En s’inspirant sur les réalités des projets régionaux tels que le cas du CRES de Bamako, le centre régional d’énergie solaire, on voit que c’est loin d’être le cas aujourd’hui en Afrique et on se demande alors si le tout solaire ne gagnerait pas à être porté par une cadence douce et une pédale mesurée pour tenir les promesses. Est-ce à dire que l’âge d’or du tout solaire en Africain, n’est pas pour demain ! Mais aussi, la fin de l’énergie fossile.
Dans tous les cas, ce professionnel, patron du secteur privé au Mali, plus avisé, Mamadou S Coulibaly, conseille l’intelligence et la prudence dans la mise en œuvre du projet le tout solaire en Afrique. Explications.
À l’heure actuelle, pendant que les ressources de l’Afrique se diversifient, et où l’Afro pessimiste se réduit, la question de l’électrification du continent se pose néanmoins avec acuité. Même si, de plus en plus, on parle sans cesse d’énergies renouvelables comme solution pour résoudre ce problème, il est évident que le tout solaire n’emballe pas tout le monde. Globalement, les énergies renouvelables peuvent régler les problèmes énergétiques en Afrique. Personne ne le conteste, car ces énergies, dites renouvelables, se développent partout dans le monde.
En théorie, l’idée du tout solaire paraît excellente, il faut néanmoins faire attention quant à leur généralisation d’autant qu’il y a des préalables à faire observer pour leur bonne et judicieuse exploitation. Le combat pour relever le défi énergétique de l’Afrique par le solaire semble être engagé. Mais, il faut être prudent. Ce que conseillent certains acteurs du continent. Parmi eux, Mamadou S Coulibaly, patron des patrons au Mali.
En effet, sans se mettre au contre-courant de cette réalité du monde moderne, le patron des patrons maliens prévient en affirmant que l’idée du tout solaire paraît bonne, seulement en théorie, convaincu qu’il est que le recours aux énergies renouvelables est loin de poser toutes les questions liées à son exploitation, allant même parfois à occulter délibérément certains problèmes sous-jacents. Cela, d’autant que le transport, la distribution, la gestion, l’entretien et la maintenance du solaire constituent de véritables obstacles pour son exploitation optimale dans nos pays.

Eh bien ! L’accès à l’électricité pose problème en Afrique et y constitue un réel goulot d’étranglement, entravant le développement du continent qui a du mal à exploiter son potentiel. La solution tout solaire enchante donc. Tous, dirigeants politiques et acteurs économiques s’accordent sur cela. Mais, averti Mamadou S Coulibaly, il faut néanmoins faire attention quant à une généralisation de ces énergies renouvelables en Afrique d’autant qu’il y a des préalables à observer. Pour le président du CNPM, il faut éviter le cas de l’uranium pour produire de l’électricité. En fait, se défend-il, au-delà de la réussite technologique, qui n’est pas en cause, cette expérience française n’a pas produit les effets escomptés, car ayant complètement manqué de rentabilité économique.
Pour lui, et s’agissant du solaire, jusqu’ici ce sont des microcentrales qu’on installe en Afrique dont le modèle économique ne paraît pas viable. S’interrogeant sur leur montage financier, qui ne permet pas de gagner du profil, le président du CNPM est plus sceptique quant à leur rentabilité économique. Voilà pourquoi il incite à plus de prudence sur le solaire qui a besoin, clame-t-il, de préalables pour être pérenne du point de vue économique.
Il en veut d’ailleurs pour preuve qu’actuellement, tous les modèles en la matière ne sont pas écologiques ; phénomène aggravé, fait-il remarquer, par la non-rentabilité financière qui s’y attache. Même si, dit-il que c’est désormais l’heure des énergies renouvelables qui semble être sonnée, ici ou ailleurs, il est stratégique que le monde économique s’approprie de cela pour qu’elles puissent constituer un puissant moteur de développement pour le continent.
Pour cela, M. Coulibaly, adepte du partenariat public-privé, met en avant le dialogue partenarial avec le secteur privé. Un dialogue capital qui doit être engagé par la puissance publique. Ce, d’autant qu’en Afrique, l’engagement public fait cruellement défaut chez les porteurs de projets des énergies renouvelables. Ni les collectivités ni l’État, soutient-il, ne sont engagés derrière ces projets d’énergies qui ne respectent plus certaines normes internationales. Il faut donc, selon lui, pour l’essor du secteur du solaire, l’adoption d’une réelle politique nationale du développement de l’énergie solaire au niveau de nos pays. Sans quoi, rien de rentable ne peut prévaloir dans ce domaine.
La triste illustration en est faite par le président du CNPM qui en profite pour donner des chiffres ahurissants qui font froid dans le dos. Tenez ! Un projet d’installation d’énergies solaires, selon M. Coulibaly, de 30 Mégawatt se bâtit en Afrique sur une superficie de 65 hectares. Au même moment, martèle-t-il, aux USA, une installation solaire de 85 Mégawatt s’étend sur seulement deux hectares de terre. Avec en plus une prime, ici, qui n’existe pas en Afrique, et qui donne un sous-produit d’un équivalent de 40 mille litres d’eau pure. Un bonus important surtout pour les pays du Sahel. Décidément, un bien précieux pour nous. Et ce n’est pas tout, l’autre équation de l’énergie solaire est qu’il est désormais difficile d’associer énergie renouvelable avec énergie propre. Pour le patron des patrons maliens, ce n’est pas tout à fait le cas, d’autant plus qu’en dehors de son caractère non écologique (on utilise trop de foncier), l’Afrique ne gagne rien ou presque dans le domaine du solaire, même pas dans le transfert de compétence ou d’expertise, où, dénonce-t-il, tout est importé de l’extérieur.
Et Mamadou S Coulibaly d’affirmer que, si l’on veut généraliser l’utilisation de l’énergie renouvelable avec des panneaux solaires, il faut être capable de stocker l’énergie pour en disposer lorsqu’il n’y a pas de soleil. Or, à l’heure actuelle, il est très difficile et très coûteux de stocker l’électricité. Il faut importer les batteries qui coûtent chères. Un constat implacable du président du CNPM qui démontre clairement que les énergies renouvelables ont du chemin à faire en Afrique, en attendant la démocratisation du graphème pour la grande production d’électricité.
La réalité est que le projet des énergies renouvelables est le plus souvent conçu et réalisé en dehors de nos pays. Cet état de fait déplorable, à tout point de vue, selon le président du CNPM, et qui fait qu’aucune structure n’intervient sur la chaine de production et d’utilisation du solaire en Afrique ; ni les banques, encore moins les entreprises, est un véritable frein au développement du solaire dans nos pays. Si par bonheur, déclare Mamadou Sinsy Coulibaly, l’Inde est en avance sur ce secteur énergétique, c’est bien parce que l’État a eu à développer une vision pour accompagner le secteur privé, accroitre le financement dans la production des sous-produits.
Ainsi, la démarche du président du CNPM est bien claire et c’est pour cela qu’il ne cesse d’appeler l’Afrique et ses décideurs à plus d’attention et d’anticipation dans l’utilisation du solaire, pour ne pas tomber dans les travers économiques des 60-70, où l’on vendait, en Afrique, des centrales thermiques, clefs en main. Avec le pétrolier, alerte-t-il, on s’est rendu compte que ce n’était pas la bonne opportunité économique pour l’Afrique qui a toujours du mal encore à exploiter son énorme potentiel énergétique.
« Je ne suis pas du genre pessimiste ; à jeter par terre une technologie naissante et innovante, comme les énergies renouvelables, mais j’estime bien qu’il y a des préalables à mettre en place afin qu’elles puissent permettre au continent de relever son défi énergétique », a préconisé Mamadou Sinsy Coulibaly, patron des patrons, qui ne cesse de s’interroger sur le sort réservé au CRES de Bamako. Ce joyau technologique jadis réalisé pour la massification de l’ingénierie, la mutualisation des fonds et la densification des sommités sur le solaire, n’est aujourd’hui que l’ombre de lui-même ; abandonné par tous les États et réduit à être un centre d’hébergement. Comme quoi la problématique des énergies renouvelables, avec le solaire en toile de fond, est encore de nos jours au cœur d’un enjeu économique et financier plus complexe qu’il n’y paraît.
Pour que les énergies renouvelables puissent aider l’Afrique à faire face à son problème énergétique, il est stratégique, selon l’appréciation du président du CNPM, qu’elles soient bâties autour de vrais projets de société rentables et qu’elles puissent refléter des modèles économiques plus viables. Ce qui est évident, l’avenir se trouve dans les énergies renouvelables avec des initiatives privées ou individuelles à l’échelon national, en produisant de l’énergie positive ; c’est-à-dire produire plus qu’on en consomme. Un exemple à conseiller : toute nouvelle construction (villa, bâtiment), individuelle ou privée, doit être à énergie positive. Et ceci, sur un plan national. Et c’est là, selon M. Coulibaly, le vrai défi auquel est confronté, pour les années à venir, le solaire en Afrique. Alors, le tout solaire en Afrique, oui, mais attention à un faux départ.

Correspondance particulière




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