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mardi 21 novembre 2017
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Engagements et réalisations de l’UE au Mali: un appui de 151 milliards FCFA en 2014

Au moment où les regards sont tournés vers Alger, où on espère la conclusion d’un accord de paix global et définitif, le mois de janvier prochain, l’Union européenne, à travers sa représentation dans notre pays, a dévoilé, hier, à son siège, le bilan des actions menées au Mali en 2014, et ses priorités et perspectives pour l’année 2015.

Il ressort que le Mali est un des bénéficiaires principaux du soutien européen avec un appui en 2014 atteignant environ 151 milliards FCFA dans les domaines tels que : humanitaire, sécuritaire, coopération développement. C’est à la faveur d’une conférence de presse que l’Ambassadeur Richard ZINK a fait le point de toutes ces réalisations. Suite à la crise politique et sécuritaire au Mali marquée, notamment par un coup d’Etat en mars 2012, l’occupation des régions Nord du pays par des groupes terroristes puis leur libération et une transition politique, en vue du plein retour à l’ordre constitutionnel, les interventions de l’UE au Mali ont été révisées et réorientées afin d’adapter notre coopération au contexte actuel et aux nouveaux besoins, notamment: la promotion de l’Etat de droit et l’organisation d’un processus électoral, conforme aux standards internationaux ; le soutien aux efforts des autorités maliennes civiles pour rétablir l’ordre public et assurer la protection des civils ; l’aide humanitaire au profit, notamment des populations déplacées et celles des régions affectées par la crise alimentaire.

C’est dans ce cadre que l’action de l’Union européenne dans notre pays a connu une diversité importante en 2014, couvrant les domaines politique, sécuritaire, humanitaire et de développement.

Par ces actions, l’UE témoigne ainsi, selon son diplomate en poste, que le partenariat avec le Mali est diversifié et s’adapte aux demandes et enjeux maliens ; puisque n’étant pas seulement limité au développement ou à l’humanitaire.

Quel a été l’engagement de l’UE durant tout ce processus politique ?

De la révélation du chef de la délégation de l’UE dans notre pays, il ressort que l’appui de l’Union en faveur du Mali a atteint, en 2014, un montant d’environ 151 milliards de FCFA, couvrant les domaines humanitaire, sécuritaire, coopération développement.

Plus spécifiquement l’aide humanitaire, apporté par le bureau humanitaire de la Commission européenne (ECHO), tant au nord qu’au sud du pays, s’est élevée à 40 milliards de FCFA.

Aussi, diverses initiatives en matière de santé ou d’aide alimentaire et nutritionnelle, ont été financées, en particulier là où la présence de l’Etat malien a pu faire défaut.

En matière de lutte contre la maladie à virus Ebola, ECHO a financé dès le mois d’août pour plus de 2 milliards de nos francs diverses ONG, dont Alima, IRC, ACF IMC, qui sont en première ligne dans la lutte contre la maladie.

Sur le plan politique, les relations entre l’Union et notre pays se sont traduites par les visites de travail que les Premiers ministres, Moussa Mara et son prédécesseur, ont effectué à Bruxelles en 2014, ainsi que la visite d’amitié que le Président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a fait aux nouvelles autorités en se rendant dans notre pays au mois de mars. Une visite mémorable au cours de laquelle l’Assemblée nationale lui a réservé l’honneur d’être le premier dirigeant étranger à s’exprimer devant elle, après sa prise de fonction.

Sur le même registre, l’UE s’est illustrée par son soutien sans faille au processus de paix et de réconciliation nationale en cours dans notre pays. C’est dans ce sens qu’elle est cosignataire de l’accord de Ouagadougou, mais aussi membre de la médiation internationale, dans le cadre du processus d’Alger. L’UE travaille donc étroitement à l’aboutissement des négociations en faveur de la paix, en particulier avec l’Algérie, la MINUSMA, l’UA et la CEDEAO, dans ce cadre.

L’année 2014 a vu également les actions de l’Union européenne se diriger dans le domaine de la sécurité. Sur ce plan, l’appui a été centré sur le domaine de la formation de l’armée malienne, à travers la mission de formation de l’Union européenne au Mali (EUTM).

Cette mission a pour objectif premier d’aider l’armée malienne de trouver et de recouvrer ses capacités afin d’être autonome dans sa mission de défense et de sécurisation du territoire.

Spécifiquement, il s’agit de remettre sur pied la « Grande muette » pour lui permettre de retrouver ses pleines capacités.

D’où, à ce jour, 550 militaires ont participé à la formation de 5 bataillons d’un total de 3 500 soldats maliens ; sans oublier qu’un nouveau est en cours.

Par ailleurs, EUTM apporte également un conseil au ministre de la Défense, dans le cadre de la modernisation des Forces Armées.

Aussi, l’année qui s’achève a vu le déploiement de la mission de formation et de conseil EUCAP Sahel Mali. Depuis l’arrivée des premiers personnels, en juillet, la mission, selon le diplomate européen, est montée en puissance et finalise ses derniers préparatifs en vue d’être opérationnelle en janvier 2015. Sa mission, c’est de venir en appui à la police, la gendarmerie et la garde nationale.

De manière générale, le Gouvernement et l’UE partagent, a-t-il souligné, l’avis que la réforme du secteur de sécurité est un dossier prioritaire.

Outre la sécurité, l’Union européenne participe au développement du pays, à travers sa participation à la conférence des donateurs de Bruxelles qui a permis de totaliser des promesses d’appui pour le Mali par l’ensemble de la communauté internationale. A ce titre, trois réunions de suivi ont eu lieu en 2014. Elles ont été l’occasion de faire le point sur les engagements mutuels des bailleurs et du Gouvernement.

Dans ce contexte, l’appui budgétaire de l’UE (225 millions d’euros en 2013 et 2014) a connu son dernier décaissement, il y a quelques jours avec le versement au Gouvernement de la 3ème tranche d’environ 62 milliards FCFA.

Le développement d’un pays passant nécessairement par le développement des infrastructures, l’Union, après quelques mois d’arrêt suite à l’insécurité au Nord, a repris les travaux sur la route Bamako-Tombouctou, ainsi que le lancement des travaux sur la route de Tominian – frontière Burkinabé.

Le soutien aux autorités et services sociaux dans les régions du Nord n’a pas également fait défaut en vue de favoriser le retour des réfugiés, mais aussi la remise en état de bâtiments publics (écoles, bâtiments administratifs, …).

S’y ajoute  l’appui à l’Office du Niger (gestion modernisée) pour le développement de l’irrigation de proximité dans les régions de Sikasso et Koulikoro, couvrant 2 800 ha pour une valeur d’environ 18 milliards FCFA.

Parlant des perspectives pour l’année 2015, le conférencier a indiqué que cette approche diversifiée, entamée en 2014, se poursuivra et se développera dans les jours et mois à venir.

Dans ce cadre, l’Union européenne attend poursuivre son appui humanitaire, et soutenir, au plan politique, le processus de dialogue inclusif entre le gouvernement et les groupes armés.

Autres priorités de l’UE : appuyer les initiatives du gouvernement en matière de gouvernance, de réforme de l’Etat, de la justice, ainsi que la réorganisation de l’administration et des finances publiques.

« Avec la publication des résultats des rapports d’audit, il faut maintenant plus de rigueur dans la gestion des ressources. C’est ce à quoi nous encourageons les autorités maliennes», a indiqué le conférencier.

Aussi, l’année prochaine verra l’union finaliser la préparation de sa mission civile, dont l’objectif est de former et moderniser les forces de sécurité maliennes (police, gendarmerie) en collaboration étroite avec la MINUSMA.

L’année 2015, c’est aussi le début du nouveau programme de coopération (2015-2020): le 11ème FED. En accord avec le gouvernement, celui-ci prévoit un montant d’environ 407 milliards FCFA, dirigé vers les secteurs de la gouvernance, du développement rural, et désormais vers le secteur de l’éducation. Des fonds sont également prévus pour la construction de la route Bourem-Kidal.

Il sera également question, en terme de priorités de l’UE, d’appuyer les  initiatives gouvernementales en matière de régionalisation, de réforme de la justice et de lutte contre la corruption (gestion des finances publiques), en particulier, suite aux recommandations des divers audits (FMI, BVG, Cour suprême).

Un programme d’appui budgétaire pluriannuel est envisagé.

Par Mohamed D. DIAWARA et Mariama Kaba (Statgiaire)




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