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samedi 17 avril 2021
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Enquête sur la mort des soldats français: un djihadiste d’Ansar dine tué, un autre capturé

C’est sans tambour battant ni trompette que la force Barkhane, loin des regards indiscrets, accompli non seulement sa mission de sécurisation, mais surtout celle de lutter contre les terroristes dans notre pays. Une mission menée tout dernièrement à Akomass située à quelques kilomètres de Kidal, à permis l’élimination d’Attiyoub Ag Eghya et l’arrestation de Assafagh Ag Attiyoub, tous deux djihadistes d’Ansar Dine, le mouvement qui a revendiqué la mort des soldats français.

En vue d’établir les circonstances de cette nouvelle explosion ayant frappé des soldats français, de retour de mission, à la proximité de leur camp de Tessalit, le mardi dernier, et ayant causé la mort de trois d’entre eux (les deux autres blessés transportés d’urgence ont succombé à leurs blessures, alourdissant le bilan du sinistre), les forces Barkhanes ont entrepris une opération militaire d’envergure qui a débouché sur l’arrestation de huit commandants du Mnla.
Parmi les hommes arrêtés dans le feu de l’action, on dénombrait deux hauts gradés ; un certain M’barek Ag Mossa et l’autre, Ahmed Ag Barka, tous deux chefs militaires influents du groupe rebelles et fortement suspectés, y compris jusque dans leur proche entourage, de trafic d’armes. Ces arrestations, on se rappelle, ont provoqué des mouvements d’humeur dans les rangs de ce groupe armé, lesquels ont été suivi plus tard par la manifestation sanglante du 18 avril dernier dans la ville de Kidal. Conséquence : deux manifestants ont été tués par balle dans des circonstances non encore élucidées. Dans leur contestation, les protestataires s’en sont pris aux installations des forces internationales occasionnant plusieurs dégâts matériels.
Pour autant, ces manifestations de Kidal, même si elles ont cessé permettant la libération de l’aérodrome de la ville qui était investi durant plusieurs jours par des campeuses manipulées pour les besoins de la cause, ne sont pas parvenues à stopper la volonté des forces Barkhane dans leurs traques contre les terroristes. À Kidal, Tessalit, Aguelhok ou Abeibara, les Français se sont lancés dans une opération pour traquer les coupables responsables de la mort de 3 des leurs qui ont explosé sur une mine, sur la route de Tessalit.
Chaque jour, relèvent des sources concordantes, des soldats de la force engagée en remplacement de l’Opération Serval, survolent, selon les mêmes sources, Kidal en hélicoptère. Pas plus que samedi dernier, affirment-elles, une opération menée par la force Barkhane, à Akomass située à environ 80 km de Kidal, à permis l’élimination d’Attiyoub Ag Eghya et l’arrestation de Assafagh Ag Attiyoub, tous deux djihadistes d’Ansar Dine, le mouvement qui a revendiqué la mort des Français.
« Les opérations de ratissage par Barkhane continuent, elles montrent leur efficacité et sont appréciées par la majorité des populations. Il y a ceux dont ça dérange, car ils ne sont pas très habitués à cela et aussi parce que certains coopèrent avec les djihadistes. Les Français ne savent pas qui est qui, donc ils fouillent un peu tout le monde », confie cette source locale.
En tous les cas, l’élimination d’Attiyoub Ag Eghya et l’arrestation de Assafagh Ag Attiyoub, appartenant au groupe terroriste d’Iyad Ag GHALI, intervient après deux autres opérations lancées par la Force Barkhane baptisées : Nivose et Floréal.
Pour la première, ce sont environ 150 soldats qui ont été mobilisés sur le terrain. Elle avait pour but de contrôler l’axe allant de Tessalit à Aguelhok, le long de la transsaharienne. Cet axe, très emprunté par les forces internationales comme par les civils, est souvent miné par les groupes armés terroristes.
Nivose s’inscrit dans la continuité des opérations de contrôle de zone et de sécurisation menées, ces dernières semaines, par Barkhane dans les régions de Kidal et Tessalit. Elle utilise la liberté d’action de la force, sa capacité à mener plusieurs opérations simultanément pour ne laisser aucun répit aux groupes armés terroristes et leur interdire toute possibilité d’action.
L’effort du sous-groupement tactique désert (SGTD) engagé dans cette opération a plus particulièrement porté sur les villages de Taghlit et d’Aguelhok, ainsi que sur l’entrée de la vallée d’Assamalmal. Au cours de cette opération, le SGTD a par ailleurs contrôlé plusieurs campements en vue de caractériser la région et la menace présentée par les groupes djihadistes. Aussi, l’opération a-t-elle été appuyée par les hélicoptères du sous-groupement aéromobile mis en place à Tessalit : les drones Harfang et Reaper du détachement de drones de Niamey et les Rafale du détachement chasse de N’Djamena.
Quant à l’opération baptisée Floréal, elle a mobilisé plus de 300 soldats de la force Barkhane avec pour but de sécuriser cette région essentielle pour le contrôle du Nord Mali, que tentent de déstabiliser les groupes armés terroristes.
Dans la première phase de l’opération, un Sous-groupement tactique désert (SGTD) en provenance de Gao est arrivé à Kidal, pour rejoindre un autre SGTD qui y menait des actions, depuis plusieurs semaines, en coordination avec la MINUSMA. Appuyés par les hélicoptères, les drones et les Rafales du sous-groupement aéromobile, les deux SGTD ont mené des patrouilles dans et autour de Kidal, de jour comme de nuit.
Quelques jours après un autre a effectué une mission de reconnaissance jusqu’à Rharous, où des éléments avaient été héliportés pour surveiller la zone, avant de poursuivre en direction de Tin Essako, village situé à 160 km de Kidal. Il s’agit là d’un secteur qui constitue un important axe de transit entre le Mali et le Niger, emprunté par les terroristes pour étendre leur influence dans la région, en intimidant la population et en menant des actions contre les forces internationales. Pendant plusieurs jours, la force Barkhane y a mené des missions de reconnaissance et de contrôle de zone, avant de retourner à Kidal, où le second SGTD a poursuivi ses actions en parallèle.
Par ce type d’opération, la force Barkhane entend ne laisser aucun répit aux groupes djihadistes. Elle est en mesure de déployer rapidement un volume de forces conséquent dans n’importe quelle zone pour entraver la liberté d’action de ces derniers. En s’inscrivant dans la durée, la présence de la force Barkhane dans la région de Kidal a considérablement perturbé l’action et les réseaux desdits groupes.

Par Mohamed D. DIAWARA




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