Enseignement supérieur: les doléances du bureau de coordination de l’AEEM

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Trois mois après son élection, le nouveau bureau de coordination de l’AEEM a mis sur la table des autorités universitaires deux cahiers de doléances qui exigent certaines priorités à satisfaire pour le bonheur de l’Éducation malienne. Les leaders du bureau de coordination ont animé, hier mercredi 24 août, une conférence de presse, à Badalabougou pour présenter les grandes lignes du cahier de doléances concernant l’Enseignement supérieur.

Les conférenciers étaient le secrétaire général du bureau de coordination, Abdou Salam TOGOLA ; le secrétaire aux revendications, Faraba DEMBELE ; le chargé à la communication, Oumar MAIGA, et plusieurs autres membres du bureau.
D’entrée de jeu, le secrétaire général du bureau de coordination, Abdou Salam TOGOLA, a indiqué que les deux cahiers de doléances qui revendiquent des solutions aux problèmes qui minent l’École malienne ont été élaborés à la suite d’une série de dialogues, de concertations et d’analyses.
« Le bureau de coordination nationale de l’AEEM après analyse objective des problèmes et dans le souci de la mise en œuvre de l’accord de partenariat pour une école apaisée et performante, a élaboré ces cahiers de charge qui prennent compte plusieurs préoccupations de notre école : pédagogiques, administratifs, matérielles, financières et dans le domaine du sport scolaire et universitaire », a précisé Abdou Salam TOGOLA.
Cette conférence de presse a essentiellement porté sur les six ‘’importants’’ points du cahier de doléances soumis au ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Ces doléances sont entre autres : la construction d’une bibliothèque principale, numérique et physique pour les universités de Bamako et de Ségou ; la libération des espaces universitaires occupés par des particuliers ; la prise en charge du Master dans toutes les universités publiques, grandes écoles et instituts ; la mise en place d’un cadre de concertation entre tous les acteurs des traitements de bourses et de trousseaux ; l’ouverture de la cité universitaire de Kabala et la réorganisation de l’inscription en ligne.
Concernant l’introduction du système LMD (Licence-Master-Doctorat), le conférencier s’est posé la question de savoir si les conditions ont été réunies et si des mesures d’accompagnement du système ont été prises par les autorités universitaires avant cette introduction. Pour lui, il y a beaucoup de choses à faire dans ce cadre, d’où ces revendications dans le cahier de doléances pour le renforcement du système. Selon le conférencier, les universités publiques ne prennent en charge que la Licence. Ce qui, dit-il, constitue un réel problème pour les étudiants qui n’ont pas les moyens de poursuivre leur cursus dans les universités privées, en vue de décrocher le Master.
Le secrétaire général du bureau de coordination de l’AEEM a par ailleurs déploré que les universités maliennes ne possèdent pas de bibliothèques qui répondent aux normes de la formation académique moderne. C’est pourquoi affirme-t-il, l’AEEM a demandé la construction d’une bibliothèque principale et numérique pour les Universités et la mise en place d’un laboratoire pour répondre aux besoins de formation du système LMD.
Aussi, informe-t-il, l’Enseignement supérieur est aujourd’hui confronté à de sérieuses difficultés d’infrastructures qui font que des étudiants sont obligés d’aller prendre des cours dans des lieux de loisirs et dans les stades de football qui ne sont pas adaptés à cela. À cet effet, le responsable estudiantin a exigé la finition rapide de la cité universitaire de Kabala ainsi que la route qui y mène pour régler, du moins en partie, cette préoccupation.
Il a dénoncé l’accaparement foncier dont est victime l’espace dédié aux Universités sur la colline de Badalabougou où plusieurs services publics comme privés qui n’ont rien à voir avec l’Enseignement supérieur se retrouvent miraculeusement.
Sur le plan financier, les étudiants ne se réjouissent pas des conditions d’accès à leurs bourses et trousseaux.
« Chaque année, l’AEEM est obligée de décréter des méthodes pour que les étudiants puissent bénéficier de leurs trousseaux et bourses et cela ne peut pas continuer. Aujourd’hui, personne n’a intérêt à des mots d’ordre de grèves concernant les problèmes de bourses. Nous avons proposé que le département mette en place un cadre de concertation entre tous les acteurs de traitement des trousseaux et bourses. Aussi, avons-nous proposé la décentralisation du système bancaire pour soulager les étudiants qui ont aujourd’hui tous les problèmes du monde pour avoir leurs bourses au niveau de « Ecobank », a indiqué Abdou Salam TOGOLA.
Le conférencier a également critiqué le nouveau système d’inscription en ligne des étudiants qui, au lieu d’être une solution, est en train de créer d’énormes problèmes aux étudiants. Cela, explique-t-il, parce que les conditions ne sont pas réunies et que la sensibilisation et la communication ont beaucoup manqué autour de la question.
« Des étudiants n’ont pas pu s’inscrire à l’université l’année dernière à cause de la non-compréhension du système. À la dernière minute, beaucoup d’étudiants ont remarqué que leurs inscriptions n’ont pas été validées. Nous demandons la révision du système de l’inscription en ligne », a souligné le secrétaire général du bureau de coordination.
Le conférencier a saisi l’occasion pour fustiger le constat selon lequel l’espace universitaire de Badalagougou est en train d’être érigé en dépotoir d’ordures. Il a affirmé avec amertume que les odeurs nauséabondes empêchent les étudiants de suivre normalement les cours.
Selon lui, l’AEEM écrira dès cette semaine au gouverneur du district de Bamako, à la mairie de la commune V et du district de Bamako, à la direction de la police pour les signifier ‘’qu’à partir du lundi prochain, les étudiants ne veulent plus que la colline de Badalabougou soit un dépotoir d’ordures’’.
« Ceux-là qui vont se hasarder à déposer les ordures sur la colline après notre ultimatum peuvent s’attendre à la réaction des étudiants », a-t-il mis en garde.

PAR MODIBO KONE ET FANTA DIAW

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