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jeudi 16 août 2018
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Entre démission et compromission

Le jeudi 12 avril 2018, le directeur de la Division des droits de l’homme et de la protection de la MINUSMA, Guillaume NGEFA, a, au cours du point presse hebdomadaire de l’organisation, accusé le Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA) et le Groupe autodéfense touareg Imghad et alliés (GATIA) d’exécutions sommaires de 94 personnes suspectées d’être terroristes.

Contrairement à celles portées par Human Rights Watch contre les Fama au centre du pays, ces dernières allégations ont été balayées d’un revers de la main par non seulement les responsables des deux groupes signataires de l’Accord pour la paix, aussi le général Bruno GUIBERT, patron de l’opération Barkhane, qui porte souvent main forte à la coalition et aux Fama.
Au cours de deux sorties médiatiques distinctes, le commandant de la force Barkhane, le général Bruno GUIBERT et Moussa Ag ACHARATOUMANE, respectivement responsables de Barkhane et du Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA) ont tous rejetés ces accusations avant d’inviter le responsable onusien à se rendre sur le terrain pour approfondir ses investigations.
Les accusations de ces derniers jours font suite à celles portées contre l’armée malienne le mois dernier, après le lancement d’une offensive contre les groupes armés terroristes dans le centre du pays.
Dans une interview publiée sur le site du journal français « L’Express », le général Bruno GUIBERT s’indignait contre ces propos : « Beaucoup de rumeurs circulent. Reste à savoir d’où elles viennent et à qui elles profitent ».
L’officier français est catégorique : « J’aimerais que ceux qui les dénoncent viennent sur le terrain constater la réalité du travail accompli ».
Selon lui, la force Barkhane travaille avec le GATIA et le MSA sur la base 3 principes, à savoir : la loyauté envers l’État malien ; la nécessité d’accepter d’œuvrer au côté des FAMa ; la conformité au cadre strict de la lutte antiterroriste, à l’exclusion de toute instrumentalisation en lien avec les conflits intercommunautaires.
Mieux encore, a-t-il précisé : « Nous débutons toutes nos opérations communes par des séances de formation initiale et de rappel des règles de comportement. Et sachez que nous n’accepterons jamais l’inacceptable ».
En tout cas, le général est formel sur le fait que le MSA et le GATIA respectent ces trois exigences dans le cadre de leur coopération.
De son côté, Moussa Ag ACHARATOUMANE, responsable du MSA, a indiqué à RFI que ces accusations ne sont pas fondées, du moment où l’acteur qui les a divulguées dans les médias n’a jamais été dans les localités qu’il a citées.
« Je tiens à préciser que nous, on a toujours mis en avant le fait qu’on respecte le droit international. On respecte les normes de notre pays et nous sommes attachés aux valeurs des droits de l’homme. Il n’y a aucune guerre qui est propre. C’est clair qu’il peut toujours y avoir des erreurs et ce n’est pas bien, aussi, de les nier », répondu M. ACHARATOUMANE.
D’ailleurs, il a profité de l’occasion pour souhaiter une enquête transparente et que les acteurs viennent sur le terrain.
De son avis, tout cela est entretenu par des organisations criminelles qui ont profité d’un vide et qui essaient d’opposer les communautés les unes contre les autres.
Dans ce cas, il est important pour la MINUSMA d’éviter de tomber dans le piège des ennemis de la paix en colportant des rumeurs qui risquent d’anéantir les efforts des défenseurs de la paix sur le terrain.

Par Abdoulaye OUATTARA




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