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dimanche 15 septembre 2019
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Etat de la justice au Mali: les 4 vérités de Me Malick COULIBALY

A la faveur de la cérémonie officielle de présentation des résultats de «l’enquête nationale sur les besoins et la satisfaction des Maliens en matière de justice», l’ancien ministre de la Justice sous la transition de 2012, Me Malick COULIBALY, président de la Commission nationale des Droits de l’homme (CNDH) a fait une sortie inattendue, hier lundi 9 avril 2019, pour défendre l’appareil judiciaire de notre pays dont l’image est très écorchée, ces derniers temps suite aux accusations de corruption, portées contre certains gardiens du temple.

Alors que les résultats de cette enquête indiquent que les Maliens n’ont pas dans l’ensemble beaucoup confiance en leur système judiciaire, Me COULIBALY a estimé que les critiques sont toujours portées contre les acteurs de la justice sans que personne ne fasse l’effort d’évaluer les besoins pour un meilleur fonctionnement de la justice.

Selon Me Malick COULIBALY, qui a été élu le fonctionnaire le plus honnête et intègre du Mali par l’Accountability Lab en décembre 2018, la justice ne doit pas être portée à tour de bras. Dans beaucoup de nos juridictions aujourd’hui, a-t-il fait savoir, les magistrats et les autres acteurs judicaires n’ont que la lumière du jour pour travailler.

« Vous voulez quelle justice après ? » S’est-il interrogé.

Et de poursuivre, «Dans nos commissariats, comme moyens de déplacement, vous n’avez qu’un seul véhicule, souvent en piteux état. Et quand vous avez un bon véhicule, c’est un ticket de carburent de 10 litres pour le trimestre. On ouvre la porte à la corruption ».

Pour l’ancien ministre, la justice n’a pas vocation à se débrouiller, mais elle se débrouille au Mali. «Et tant qu’elle se débrouillera, quel que soit la bonne volonté des acteurs judiciaires, il est illusoire qu’on puisse s’attendre à une justice de qualité », a-t-il souligné.

Pour lui, on doit évaluer les besoins de la justice au Mali, en termes de ressources humaines, matérielles et financières minimales pour faire bien fonctionner une justice, a-t-il asséné.

Par ailleurs, a-t-il rappelé, depuis la sortie du président du Conseil national du patronat du Mali, Mamadou Sinsy COULIBALY, le vendredi 15 mars 2019, contre le président de la Cour suprême, les débats autour de la corruption au Mali, notamment de la justice défraie la chronique.

Alors que ce sont les juges qui sont mis au banc de la société en la matière, quoi de plus normal que ce soit un membre de la famille judiciaire qui vole à leur secours.

Ce lundi 8 avril 2019, le plaidoyer de l’ancien ministre, Me Malick COULIBALY, vient mettre en cause certaines mauvaises perceptions et présente la justice comme une victime du système.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que les défaillances du système judiciaire, où la corruption est présentée comme un facteur de manque de confiance des citoyens à leur justice. Toute chose qui nuit considérablement à la légitimité de l’État.

Selon le rapport sur les droits de l’homme de 2016 du département d’État américain, « la concussion et le trafic d’influence » sont « répandus » au sein des tribunaux.

Plus de 59,3 % des personnes interrogées dans le cadre de l’Afro baromètre 2016-2018 estimaient que la totalité ou presque des juges et des magistrats étaient impliqués dans la corruption, et 26,6 % considéraient que certains d’entre eux étaient impliqués dans la corruption (Afro-baromètre 2017). Parmi les entreprises consultées dans le cadre de l’enquête de la Banque mondiale, 43,8 % considéraient la justice malienne comme un obstacle majeur à la conduite de leurs affaires, contre une moyenne de 18,3 % pour l’Afrique subsaharienne (Banque mondiale 2016).

En 2016, le Mali obtient une note de 32 sur 100 à l’indice de perceptions de la corruption de Transparency International, sur une échelle allant de 0 (extrêmement corrompu) à 100 (très peu corrompu). Ainsi, le Mali figure ainsi à la 116e place sur 176 pays en 2016. Il se situe dans la médiane en Afrique subsaharienne, où il est classé 19e sur 44 pays (rapport Transparency International 2016).

Par Abdoulaye OUATTARA

 




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