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dimanche 19 septembre 2021
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Eveil de conscience: ‘‘il faut penser village et agir nation’’’

« La connaissance et la compréhension communes, partagées, et acceptées de la démocratie, de l’Etat de droit et des Institutions de la République par et pour les jeunes, les femmes, et les personnes vivant avec handicap », tel était le thème d’une conférence organisée, ce samedi, par le ‘’Mouvement Mali HERE’’ (MMH), dans la salle de conférence de Impact HUB, dans l’immeuble Assurances Lafia Zone ACI 2002. Animée par le Dr Abdoulaye SALL, elle se fixe comme objectif de contribuer au renforcement et à la consolidation de la démocratie et de l’Etat de droit au Mali, notamment auprès des jeunes, des femmes, et des personnes vivant avec handicap.

Le Secrétaire général du MMH, Dr Ismaël DEMBELE, en campant le décor, a exprimé le bonheur pour les initiateurs de se retrouver dans un cadre patriotique pour la mise en œuvre du Mouvement qui comprend toutes les couches socioprofessionnelles.
Le Mouvement, a fait savoir son SG, se fixe comme objectif de renforcer, de sensibiliser, et de provoquer un éveil de conscience au sein de la population, en général, et de la couche juvénile, en particulier. Il a annoncé que pour l’atteinte de cet objectif, plusieurs activités stratégiques sont inscrites dans l’agenda du MMH : formation, sensibilisation, communication de masse…
Le Dr DEMBLELE s’est fendu d’un constat : « tout le monde connaît tout, dans notre pays, alors que personne ne connaît rien ».
Il a relevé une déviation générationnelle née d’une rupture dans la chaîne de transmission des valeurs. Pour autant, il ne désespère pas.
« Rien n’est perdu, comme tout peut être perdu », a-t-il assené.
« En tant que jeunesse consciente, nous allons faire l’éveil de conscience. Mais pour ce faire, il va falloir que nous soyons formés », a-t-il conclu.
Le Dr Abdoulaye SALL, Président de CRI-2002, Contact national de Transparency International, ancien ministre chargé des relations avec les Institutions, a embrayé sur les derniers mots de son prédécesseur pour introduire la conférence :
« Ceux qui ont le privilège de savoir ont le devoir d’agir », Albert Einstein.
Rentrant dans le vif du sujet, il a rappelé la définition de la démocratie pour est le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple.
Il a expliqué le pouvoir du peuple par le fait que c’est lui qui en est le vrai détenteur.
« La souveraineté nationale appartient au peuple tout entier qui l’exerce par ses représentants ou par voie de référendum.
Aucune fraction du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice », peut-on lire dans l’article 26 de la Constitution.
Le pouvoir par le peuple, renvoie au fait que c’est lui qui doit élire ses représentants à travers des élections justes (participation de tous les électeurs), crédibles (1 personne, 1 voix), apaisées (sans violence).
« S’il y a des irrégularités constatées, il faut arrêter le processus et procéder à une évaluation sous peine d’avoir des élections injustes, donc non apaisées », a conseillé le Dr SALL
Il met en relief que la démocratie a ses valeurs, ses principes, ses règles du jeu, sa dynamique.
L’Etat, a rappelé le conférencier, est un pouvoir, une population et un territoire.
Quant à l’Etat de droit, il se distingue par ses principes : accès au pouvoir par des élections ; la Constitution est la norme suprême ; la séparation des pouvoirs ; le respect des traités et accords internationaux…
Quant aux institutions, elles ne se limitent pas qu’aux 8 consacrées par la Constitution. Il y a les institutions constitutionnelles (le président de la République ; le Gouvernement ; l’Assemblée nationale ; la Cour suprême; la Cour constitutionnelle; la Haute Cour de justice; le Haut Conseil des Collectivités territoriales; le Conseil économique, social et culturel) et les institutions non-constitutionnelles. Le conférencier cite l’Armée, la Famille, l’École comme étant des institutions non constitutionnelles qui ne sont pour autant pas moins importantes.
Il a saisi l’occasion pour rappeler une étude qui diagnostique les maux du Mali : l’effritement de l’autorité parentale et l’effritement de l’autorité de l’État.
Une des institutions que le conférencier juge prépondérantes est la collectivité territoriale. Car, c’est le niveau de représentation le plus accessible pour les populations. Aussi, c’est le point de départ de tout développement.
« Si les communes se développent, le cercle se développe. Si les cercles se développement, la région se développe. Si les régions se développent, le Mali se développe » a schématisé le conférencier.
Pour lui, l’une des clés du développement, est : « penser famille, village, fraction et agir nation ».
À la question de savoir si on peut encore parler d’Etat lorsque le contrôle des 2/3 du territoire nous échappe, le Dr SALL répond : « le territoire est le corps de la Nation. La Nation est toujours là, sinon l’État a toujours failli ».
« Il faut chercher à socialiser l’État, plutôt qu’à étatiser la société globale et les sociétés diverses », a-t-il ajouté.

PAR BERTIN DAKOUO




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