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vendredi 23 avril 2021
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Évitions la métastase de l’insécurité qui se banalise

En prêtant serment, le 25 septembre 2020, le Président de la Transition, officier supérieur de son état (en retraite), parmi sa palette de promesses figurait en bonne place le traitement de la situation sécuritaire. Il disait en effet : « les demi-victoires ne suffisent plus pour les (Ndlr : les terroristes) vaincre. Nous devons gagner totalement et durablement. Pour cela, il faut certes une gestion politique là où celle-ci est nécessaire, mais il est important de se doter de moyens les plus dissuasifs possible à travers une armée aguerrie, matériellement soutenue et moralement prête».
Cette préoccupation sécuritaire est prise en charge par la priorité IV de l’axe I du Programme d’Action du Gouvernement de Transition, à travers les mesures suivantes : renforcement des capacités opérationnelles des FAMa à travers l’augmentation des effectifs de 25 000 nouvelles recrues, la construction de 42 postes de sécurité, l’acquisition de matériels et d’équipements militaires, la formation d’unités organiques ; la mise en œuvre du Plan de redéploiement des Forces armées reconstituées conformément aux dispositions de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali ; le renforcement de la mise en œuvre du plan de l’Opération MALIKO ; l’élaboration et mise en œuvre du plan TILE KURA ; la mise en œuvre de la carte d’implantation militaire des armées conformément à la Loi d’orientation et de programmation militaire (LOPM) (…).
A l’actif de cette Transition, des acquisitions et des remises de matériels aux FAMa. Les Maliens n’en attendaient pas moins.
Mais les résultats ne suivent pas les efforts déployés, à moins qu’ils ne soient toujours en deçà des besoins réels. Or, qu’on ne s’y trompe pas, à travers cette Transition, les Maliens voient des militaires, des colonels qui ont été formés dans les meilleures écoles, dont les plus valeureux désertent le terrain pour des postes civils. Le jugement de l’opinion à son égard et à ce titre pourrait être implacable, si ça ne l’est déjà.
Il est évident que les militaires qui régentent le pays n’ont ni entre leurs mains la boule magique ni une baguette magique pour résoudre l’équation terroriste comme par enchantement. De même qu’on ne peut demander plus qu’on ne peut donner.
Néanmoins, il y a un emballement des évènements qui interpelle.
Dans la nuit du 26 au 27 février 2021, aux environs de 02h10, nos braves FAMa du poste de sécurité de Saye, dans le cercle de Macina, ont fortement réagi à une attaque de Groupes armés terroristes. Après d’intenses combats, les assaillants ont fui laissant derrière eux un Engin Explosif Improvisé (EEI), constitué de deux bidons de 5 litres bourrés d’explosifs.
Le lundi 1er mars 2021 aux environs de 03heures du matin, le poste de Hèrèmakono situé à 30 kilomètres de Sikasso, en allant vers le Burkina-Faso, a été attaqué par des bandits armés non identifiés. Les différents bureaux ont été incendiés ainsi que les véhicules même ceux qui sont en transit pour le dédouanement.
Scène identique le lendemain mardi à San (à quelques encablures de Saye) où la Brigade de Gendarmerie et le Commissariat de Police ont été simultanément attaqués. Le bilan, selon des sources locales, est de plus d’une dizaine de morts côté ami.
C’est donc clair que la tendance est à l’urbanisation des attaques des terroristes qui font preuve de plus en plus d’aplomb. Quand l’insécurité quitte les axes routiers pour se transporter en ville, comme on le dit en bamara où allons-nous nous laver et où allons-nous nous sécher ? Il y a longtemps qu’on dit que la peur doit changer de camp. Il est temps que ça change de camp, parce que les gens ont réellement peur. En cela, les FAMa peuvent compter sur le soutien des populations.

PAR BERTIN DAKOUO




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