Exaction de la CMA à Ménaka: où est passée la Minusma

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Le samedi 8 octobre 2016, une vingtaine de civils ont exécuté par des éléments de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) dans la région de Ménaka. Ces paisibles citoyens sont accusés d’être des proches du GATIA. Face à ce crime odieux, la MINUSMA prompte à ériger des barricades pour protéger les civils en cas de dangers imminents, à faire des condamnations et à demander des enquêtes devant ces genres de crimes semble avaler sa langue, depuis ce forfait.

Aujourd’hui, ce silence et l’immobilisme de la mission onusienne de stabilisation dans notre frise l’inquiétude de beaucoup d’observateurs. Un poids deux mesures pour certains, flagrant délit de parti pris pour d’autres, les commentaires ne manquent pas pour qualifier l’attitude peu glorieuse de la MINUSMA garant de la mise en œuvre de l’accord, face à ce drame dont les échos inondent, depuis samedi, les réseaux sociaux. Selon des témoignages concordants, ces massacres ont eu lieu à Sehene dans la toute nouvelle région de Ménaka et à Intakabart, dans celle de Gao où les assaillants à bord de véhicules lourdement armés ont surpris les paisibles populations en train d’abreuver leurs animaux autour des puits. Ces derniers pris pour des partisans du GATIA, ont été assassinés, d’autres, enlevés, séquestrés et amenés à Kidal pour y être exhibés comme des trophées, pardon des prisonniers de guerre. En tout, rapporte-t-on, une vingtaine de personnes a été exécutée et des dizaines autres enlevées et amenées à Kidal pour être torturées sous le nez et la barbe de la MUNISMA et de BARKHANE. Puisqu’en plus de la CMA qui contrôle la région, elles sont les seules à y avoir accès au regard de leur neutralité supposée dans le conflit. Où est alors la partialité de ces forces internationales, dont les missions, pour chacun les concernant, sont clairement définies ? La CMA n’est pas à son premier essai de crime contre les populations civiles et les FAMAS. C’est elle, la CMA, ou des éléments tapis en son sein que s’illustrent par des violations régulières du cessez-le-feu mettant en difficulté l’accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du processus d’Alger. Pourtant, ces agissements ne sont mentionnés dans aucun rapport et c’est toujours les FAMAS, le gouvernement et le Gatia qui sont toujours au ban des accusés de l’ONU.
En effet, dans son dernier rapport trimestriel sur la situation de notre pays, l’ONU accuse les forces de défense et de sécurité maliennes d’avoir recouru à la force de façon excessive au cours des opérations de lutte anti-terroriste. De même, l’État malien est aussi accusé d’avoir des connexions avec le GATIA, l’un des mouvements armés dans le Nord du pays.
Le moins qu’on puisse dire, c’est que la MINUSMA a des efforts à faire pour prouver aux yeux de l’opinion du Mali qu’elle est une force neutre entre les parties signataire de l’accord. À force de s’acharner dans ses rapports et ses communiqués contre le gouvernement sur les questions des droits humains, cette organisation a fini par décontenancer les populations maliennes qui l’accusent de ne rien faire pour les protéger contre les exactions des groupes armés en longueurs de journée.

Par Abdoulaye OUATTARA

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