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mardi 21 novembre 2017
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Exercice de simulation de la maladie d’ebola: l’oms-genève évalue le dispositif sanitaire

La mission d’appui de l’Organisation mondiale de santé (OMS) en séjour à Bamako, depuis une semaine, composée d’experts du bureau régional et du siège de l’organisation appuyés par l’Institut national de santé publique du Québec (INSRPQ), de l’USAID et du CDC, a procédé, hier jeudi, au CHU Gabriel TOURE, à l’évaluation du dispositif sanitaire malien, à travers un exercice de simulation sur un membre de la mission.

Outre les membres de ladite mission, l’opération qui avait pour cadre les Services des urgences du CHU Gabriel TOURE, s’est déroulée en présence du Pr Djibo DJANGO, chef du service; le Pr Samba SOW; ainsi que plusieurs membres du ministère de la Santé et du Bureau OMS-Mali.

L’objectif de cette mission est d’une part, d’évaluer le niveau de préparation de notre pays à détecter, diagnostiquer et répondre de façon efficace à une éventuelle survenue de la maladie à virus hémorragique Ebola et d’autre part, d’identifier les différentes actions et étapes nécessaires pour renforcer le niveau de préparation dans les 30, 60 et 90 jours.

Le Pr Samba SOW, directeur du CDV-Mali (Centre de développement des vaccins au Mali) a profité de l’occasion pour se prononcer sur le vaccin- candidat dont il est l’un des principaux artisans.

Selon le Pr SOW, le vaccin candidat contre la maladie à virus Ebola est une excellente opportunité pour la simple raison que la façon dont il est fait, c’est à dire, sa technique n’est pas nouvelle dans le monde médical.

Les premières doses ont été inoculées au CDV-Mali. Le 8 octobre, le premier a été vacciné; le 9 octobre deux autres personnes ont été vaccinées; (Il fallait attendre 24  heures d’observation du premier si tout va bien). Les 4è et 5è personnes ont été vaccinées, le 10 octobre.

Au moment où il était en train de parler, en plus des 5 cas cités, hier (mercredi, ndlr) 8 et aujourd’hui (jeudi, ndlr), si tout va bien au moins 7. S’ils arriveront à 20 personnes vaccinées, ils vont observer une pause d’une semaine de surveillance pour voir la sécurité des participants, si les données de sécurité de tolérance sont très bonnes. Ils auront l’autorisation des différents comités qui les contrôlent, surveillent et font leur audit.

Le but est d’arriver à 40. Ainsi, dès qu’ils auront l’autorisation des comités d’audit de surveillance, ils feront les 20 autres. Mais les résultats sont encourageants, ils vont très vite aller au-delà des 40.

Selon le Pr SOW, pour la fabrication de la phase I de ce vaccin candidat, ils ont pris deux groupes de singe. Le 1er groupe a été vacciné et rien n’a été donné au 2è groupe. Ensuite les deux groupes ont été exposés au virus Ebola. Dans le groupe de ce qui n’a pas été vacciné, tous les animaux ont fait Ebola et en sont morts. Dans le groupe qui a reçu le vaccin, aucun animal n’a Ebola et aucun d’eux n’es mort. Conclusion: 100% efficacité chez le singe. Tout ce qui tue le singe, tue l’homme et tout ce guérit le  singe nous guérit aussi. Alors, ils sont passés très rapidement à la phase humaine. Ces études étaient en cours, il y a des décennies, mais c’est la grosse épidémie ouest africaine qui a accentué les choses pour qu’ils passent à la phase humaine (Phase I B)

Selon le Pr SOW, il y a trois grands groupes à risque d’Ebola, (la famille des cas, les personnels chargés des funérailles (préparateurs des corps),  et le personnel médical, qui est le plus touché, parce que c’est là où l’on a enregistré le plus grand nombre de décès en dehors des cas humains eux-mêmes.

Aujourd’hui, le personnel sanitaire a telle peur. Et quand il y a des cas de maladie, le personnel quitte le centre. Les quelques uns qui restent sont submergés. Or, c’est une maladie très facile à attraper, si les agents de santé ne se relèvent pas, la fatigue se faisant sentir, il devient très facile de se faire contaminer.

Pour lui, le but essentiel visé par l’OMS et l’ensemble des partenaires de santé, c’est de trouver un moyen préventif efficace et immédiat pour vacciner, premièrement les agents de santé, qui seront sur la ligne de front et manipuleront ces malades. Dès lors qu’ils sont immunisés à grande échelle, ils seront disponibles pour traiter les éventuels cas. Ensuite, il y a les groupes à risque qu’il faut vacciner.

Leur souhait, c’est de trouver les résultats d’ici à la fin novembre 2014. Ces résultats, a-t-il soutenu, permettront d’accélérer les autres phases (II, III, …).

En fin de compte, son souhait est que d’ici à 2015, le maximum de personnels de santé soit vacciné.

Concernant le dernier cas d’Ebola signalé, avant-hier à Kayes, le Pr SOW exhorte les populations à garder leur calme et à rester sereines.

A chaque fois qu’on parle de cas suspect, certains transforment ces cas suspect en confirmation, a-t-il regretté. En matière de santé, suspicion ne veut pas dire confirmation.

Les équipes ont été voir en urgence le cas, en moins de 24 heures, il est mis sous contrôle.

Les échantillons sont au laboratoire pour être examinés. D’un moment à l’autre, l’on saura les résultats, a-t-il rassuré.

Par Sékou CAMARA

 




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