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lundi 24 septembre 2018
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Exploitation minière et protection de l’environnement: le CARED lance le débat à Kati

Le Centre d’animation et recherche pour le développement (CARED) en collaboration avec la fondation Rosa Luxembourg a organisé une formation de trois jours, à l’intention des élus locaux et leaders sociaux des communes rurales de Sebekoro, Sirakoro, Gambaga, Kokofata et Kofèba, sur les ressources naturelles et le changement climatique. C’était du Lundi 09 au Mercredi 10 Avril à la Maison de jeune de Kita.
C’est dans ce cadre que le Pr Many CAMARA a entretenu les participants, mercredi dernier, sur les pillages des ressources naturelles et leurs conséquences néfastes sur l’environnement.

La conférence, qui a enregistré la participation de plusieurs acteurs communaux, a eu lieu en présence de M. Mahamadou DIARRA, président du CARED.
Ont participé à cette formation, 30 élus locaux et leaders sociaux des communes rurales de Sebekoro, de Sirakoro, de Gambaga, de Kokofata et celle de Kofèba.
Il s’agissait pour conférencier et participants d’échanger sur les conséquences néfastes de l’envahissement de leurs communes par les sociétés minières d’uranium, de bauxites, d’or…
Selon M. DIARRA, le CARED, dans le cadre de ses activités, entend amener les populations du cercle de Kita à un changement de comportement face au changement climatique et à la dégradation de la terre.
« Nous avons pour objectif de lutter contre la désertification, contribuer à augmenter la productivité agricole, contribuer à l’adaptation des paysans aux effets des changements climatiques. Aussi, s’agit-il d’informer et de sensibiliser sur la santé, l’assainissement et les questions environnementales », a-t-il dit.
Le Pr Many CAMARA a qualifié le changement climatique comme étant un phénomène qui consiste en des perturbations croissantes et continues ou un dérèglement du climat.
« Le phénomène se manifeste sous diverses formes : très fortes chaleurs, terribles sécheresses, mais aussi inondations inattendues, modification durable des équilibres météorologiques et des écosystèmes. Il est principalement d’origine anthropique, car il est dû aux gaz à effet de serre, notamment le C02, le NH4 qui sont rejetés dans la nature par les activités humaines comme industrie, transports, production d’énergies polluantes qui sont retenus dans l’atmosphère », a-t-il expliqué. Selon lui, les cinq communes du cercle de Kita ne seront pas épargnées par ce phénomène, puisqu’exposées aux activités minières des multinationales qui, très souvent, sont peu insoucieuses des conséquences néfastes directes auxquelles feront face les populations dans un futur proche.
« Certes, la contribution à l’augmentation des gaz à effet de serre des pays industrialisés, depuis plus d’un siècle, est nettement plus forte que la contribution des pays actuellement en voie de développement. Jusqu’à ces dernières décennies, la nature pouvait s’autoréguler après des perturbations momentanées et l’impact de l’homme était minime. Mais ce n’est plus le cas de nos jours, à cause du développement exponentiel des activités économiques et industrielles dans nos pays », a-t-il martelé.
Il a, à cet effet, soutenu que le changement climatique avait des conséquences très néfastes sur la société et l’économie.
« Il interroge la capacité des sociétés à s’adapter à un nouveau climat, à adapter leurs infrastructures, leurs modes de production et de consommation, leur fonctionnement, etc. Il a aussi des conséquences sur la santé publique, la capacité alimentaire des pays. D’où, la nécessité pour tous les acteurs concernés, l’État et ses services déconcentrés, les collectivités territoriales, élus, acteurs professionnels privés, communautaires et citoyens de se mobiliser ensemble pour relever les différents défis ainsi posés », a-t-il suggéré.
Il a pris ainsi l’exemple sur le cas palpable de la commune rurale de Faléa entièrement mise à la disposition des exploitants étrangers d’uranium, d’or, de bauxite et d’autres ressources minières. L’exploitation de ces ressources cause inexorablement, selon le conférencier, la pollution de la nappe phréatique, voire sa neutralisation. Le Pr d’avertir ainsi sur les conséquences écologiques de ces activités sur la faune, la flore et même la santé des hommes.
« Les usines d’extraction de l’uranium produisent de très grandes quantités de déchets radioactifs et chimiques. Leur radioactivité durera pendant des centaines de milliers d’années, a martelé le conférencier. Leur gestion, à long terme, est un problème insoluble. Au Niger, plus de 40 millions de tonnes de déchets radioactifs, des résidus d’extraction de l’uranium sont entreposés à l’air libre.
« L’extraction de l’uranium nécessite de grandes quantités d’eau également. Par exemple, au Niger, 275 millions de m3 ont été pompés entre 1969 et 2004. 40 % de ces quantités ont servi aux usines d’AREVA et 60 % pour les besoins d’eau potable. Le site d’uranium d’Arlit a consommé 70 % d’eaux fossiles en 44 ans d’exploitation. S’agissant du projet d’Imouraren qui est une nouvelle mine, AREVA reconnaît que la nappe souterraine sera asséchée à la fin de l’exploitation dans une quarantaine d’années », a déploré le conférencier avant de rappeler que quelque 500 forages de prospection avec des profondeurs comprises entre 125 mètres et 350 mètres sur une longueur totale d’environ 75 km ont été réalisés, à travers des forêts, des pâturages, des champs agricoles, sur des bassins versants, près des cours d’eau et des points d’approvisionnement en eau des populations locales, à proximité de leurs habitations. Malgré tout, M. CAMARA a déploré que six compagnies minières détiennent des titres miniers sur ce minuscule territoire communal.
« Sur les 400 m2 de Faléa, 150 m2 ont été attribués à la société Rockgate Capital Corp-Uranium ; 300 Km2 à IAMGOLD, Touba Mining pour l’exploitation de l’or et 80 Km² à la société CAMEC pour l’exploitation de la bauxite. En faisant le calcul, il est inévitable que ces permis d’exploitation attribués couvrent une surface plus grande que celle de Faléa même », a-t-il ridiculisé.
Pour contrer les conséquences néfastes de ces exploitations, le conférencier a invité les populations à former un front commun pour inciter les sociétés minières à respecter les normes écologiques et à créer des programmes de développement durable pour l’avenir de leur commune. Il a conseillé à pratiquer l’agriculture familiale moderne, intensive avec des moyens de production modernes. Selon lui, cela garantit des rendements élevés, des doubles récoltes et surtout à l’amélioration des conditions de vie des habitants.

PAR CHRISTELLE KONE




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