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mercredi 14 avril 2021
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fabrication et vente des fausses vignettes: deux démantélés à Bamako

Le centre d’état civil secondaire Tambakoura de Lafiabougou en Commune IV est au cœur d’un scandale de vente de fausses vignettes à 2 roues. C’est certaines personnes même dudit centre qui se donnait comme activité principale la vente de fausses vignettes et au prix normal de 6000 FCFA à des usagers. Pour des fins des enquêtes, la police a procédé à l’arrestation de 4 agents impliqués dans ce deal et 2 de leurs complices à la mairie du District de Bamako. En plus de ce cas, on nous signale également le démantèlement d’un autre réseau de fabrication et de vente de fausses vignettes par le commissariat du 1er arrondissement de la police du District.

À la mairie centrale, on nous informe que tout est parti d’un contrôle de routine des engins, à deux roues, effectué par les policiers. Auparavant, depuis plusieurs semaines, les rumeurs les plus folles circulaient dans la capitale. Elles portaient sur l’existence de marché parallèle de fausses vignettes avec son réseau de placement auprès des motocyclistes de la capitale et de ses environnants.

Des agents de la collectivité mouillés
Face à cette situation, les responsables de la mairie centrale, comme à leur habitude, ont multiplié des missions de vérification et de contrôle sur le terrain. Ces missions, disent-ils, avaient pour objectif principal de démanteler les réseaux de gangs de vente de vignettes contrefaits dans le District de Bamako. C’est lors de ces contrôles de routine que des motocyclistes ont été arrêtés avec de fausses vignettes et ont déclaré à la police avoir acquis ces documents au centre d’État civil secondaire de Tambakoura à Lafiabougou, en CIV du District.
Selon M. DOUMBIA, commissaire de police détaché à la mairie centrale, c’est à partir de ces informations qu’une enquête a été ouverte et a permis à des autorités policières de mettre la main sur 4 agents de ce centre d’État civil secondaire et 2 de leurs complices. Il a fait savoir que ces agents ont été arrêtés avec de quantités importantes de fausses vignettes qu’ils vendaient aux usagers au prix normal de 6000 FCFA en vue de tromper la vigilance des usagers. C’est pourquoi avec l’accord des autorités policières, ils ont décidé de libérer tous les motocyclistes arrêtés aux fins des enquêtes et qui avaient acheté des vignettes dans ce centre.
« C’est grave que des agents de centre d’État civil secondaire s’adonnent à de telles pratiques. C’est une grande honte et une humiliation. Au moment où nous demandons aux usagers d’aller acheter leurs vignettes dans les centres secondaires et dans les mairies, certains agents se professionnalisent dans la vente de fausses vignettes », a condamné M. DOUMBIA pour qui les procédures sont en cours pour saisir la justice de cette affaire.

Un réseau de vente de fausses vignettes démantelé
En ce qui concerne la seconde affaire, les faits remontent au 13 avril dernier avec l’arrestation du nommé Youssouf TRAORE, un commerçant domicilié à Banconi qui alimente aussi un vaste réseau de fabrication et de vente de fausses vignettes dans le District de Bamako.
Flash-back sur cette affaire !
Il y a quelques jours, nous rappelle M. DOUMBIA, un jeune motocycliste a été arrêté par la police au cours d’un contrôle de routine de vignette. Les vérifications, narre-t-il, ont montré que la vignette dont le motocycliste disposait était contrefaite. De fil en aiguille, affirme M. DOUMBIA, certaines personnes arrêtées et mises en demeure vont finir par conduire les policiers jusqu’au chef du réseau, le nommé Youssouf TRAORE. Lorsque les policiers mettaient la main sur ce dernier, il avait 300 fausses vignettes en sa possession dont la valeur est estimée à plus de 2 millions de FCFA.
Entendu au commissariat du 1er arrondissement, le chef du groupe avoue son forfait et explique que pour la fabrication de ces vignettes, il a personnellement effectué une mission à Lomé où il a fait la connaissance du nommé Roger qui l’a aidé à la confection de ces fausses vignettes. Pour le coup d’essai, il va réussir à faire environ 400 fausses vignettes qu’il va liquider sur le marché malien avec l’aide de son réseau. Après cette première opération réussie, la confiance, dit-il, s’est instaurée entre lui et son complice Roger. Ainsi, selon le Chef du réseau, il ne se déplaçait plus à Lomé et toutes les vignettes venaient à lui trouver ici à Bamako.
Aussi, dans son audition au commissariat du 1er arrondissement, M. TRAORE reconnait être le fournisseur du District de Bamako en fausses vignettes. Et c’est à cause de ces allégations que la mairie du District de Bamako a porté plainte contre lui, le 14 avril dernier pour confection et vente de fausses vignettes. M. TRAORE était toujours gardé en vue au niveau du 1er arrondissement de la police du District de Bamako.

Incidents financiers des opérations
Le receveur-percepteur de la mairie du District de Bamako, Aguissa Zoulaly MAIGA affirme que toutes ces pratiques ont des incidents économiques très importants sur la recette financière de la mairie du District de Bamako. En effet, il a expliqué, après les patentes, c’est la vente des vignettes qui vient en 2e position, en termes de contribution à l’assiette financière de la mairie centrale.
Si ce secteur est affecté par des mauvaises pratiques, il va de soi, selon lui, que le service va se porter mal. À l’analyse de la situation, il note que ce sont des centaines de millions de FCFA qui échappent à la mairie du District de Bamako, à cause de la vente des fausses vignettes.
« Aujourd’hui à Bamako, on dénote environ 500 000 engins à 2 roues. Mais nous ne parvenons pas à percevoir même la moitié de ces engins qui circulent dans la capitale. Une grande partie de ces pertes est due à la confection de fausses vignettes qui sont mises au marché », a déploré M. MAIGA.
Dans tous les cas, selon lui, le démantèlement de ce réseau n’est pas un fait nouveau. Car chaque année, a-t-il affirmé, des individus sont arrêtés pour confection et vente des fausses vignettes sans véritablement suite judiciaire. La plupart des cas, certains auteurs de ces infractions travaillent auprès des responsables du pays.
« Chaque année, au moins il y a 30 personnes qui sont arrêtées, mais ensuite aucune suite n’est donnée à l’affaire », a regretté M. MAIGA.

Par Sikou BAH




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