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samedi 20 avril 2019
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« Facebookan »: le scandale des 50 millions en vidéo, le Kotéba national continue…

Au Mali, ce n’est pas la première fois que des scandales pareils éclatent entre le gouvernement et les religieux. J’ai toujours souligné d’ailleurs le fait qu’à part quelques mots ou phrases lancées en arabe pour mieux enfumer les naïfs, tous les prêches des religieux sont centrés sur l’argent et sur la politique. Il est très rare de les voir parler de Dieu et de la religion. Qui veut nous faire croire que Mahmoud Dicko, président du Haut Conseil Islamique (HCI) n’a jamais accepté de grosses sommes d’argent ou des voitures de luxe offertes par le gouvernement ? Les faits sont têtus et ils nous disent bien le contraire. Maintenant de quoi s’agit-il en fait ?

Ce n’est un secret pour personne que le torchon brûle entre le gouvernement et Dicko, depuis les dernières élections présidentielles bâclées et truquées au Mali. Plus précisément, la querelle se situe au niveau de Soumeylou Boubeye Maiga/IBK d’une part et Dicko/son clan de l’autre. Avec Ousmane Chérif Madani Haidara au centre. Actuellement, pour se venger, le gouvernement met tout en œuvre pour affaiblir les positions de Dicko au sein du HCI. En effet, les divergences se sont accentuées entre les religieux qui ont commencé eux-mêmes à se dénoncer. Aujourd’hui, ce HCI est divisé, il est devenu la scène des querelles futiles entre les religieux. Je pose alors une question : c’est quand les prochaines élections du président du HCI ?

Dicko sent déjà que ça ne sera plus facile pour lui. Avec, bien sûr, la complicité du gouvernement, il y en a déjà qui prétendent à son fauteuil. Fauteuil qui lui permet de mieux rester sur la scène politique et de parler légalement au nom d’un organe officiel. À défaut, il devrait retourner dans sa mosquée de Badalabougou ou reprendre la craie pour continuer à enseigner l’arabe comme par le passé. À son dernier meeting, il est venu trouver que les portes étaient fermées. Il a dû se contenter de la cour pour parler. C’était déjà un avertissement et une sorte d’humiliation pour un homme de son rang. Tout le bruit qui se fait maintenant autour du meeting du 10 février, c’est une sorte de chantage et d’intimidation, rassembler les gens pour faire voir une sorte de démonstration de force. Ni plus ni moins. Dicko a déclaré : « On ne veut pas mettre ce pays à feu et à sang. » Que veut-il dire par ces mots, et à qui ces mots sont-ils adressés ? Un leader devrait-il parler de la sorte dans un pays en super crise ?

Comment va-t-on faire encore un meeting, soi-disant prières, sur un sujet d’homosexualité dont le projet a été déjà abandonné il y a déjà des semaines ? Ce n’est pas logique !

Maliens, ne nous laissons pas manipuler par cette somme de 50 millions, d’ailleurs trop maigre pour nos religieux habitués à recevoir des milliards. C’est plutôt une question de querelle entre des hommes bien précis, autour d’un fauteuil bien précis aussi. Voilà le fond. Et le Mali vaut mieux que tout ça, le pays doit être au-dessus de ces spectacles hilarants. Le fait même d’avoir exhibé cet argent en dit long. C’est la volonté de vouloir se faire passer pour incorruptible alors que tel n’est pas le cas.

Dicko lui-même dit dans la vidéo : « Si mon grand frère IBK me donne un milliard, je vais prendre. Pas parce qu’il est Président de la République, mais parce qu’il est mon grand frère. » Que dire de plus ? Peut-être que les 50 millions sont peu et ont été estimés comme un manque de respect à sa personne ? On parlait de la somme de 100 millions au départ.

Je n’ai encore jamais vu au Mali un religieux qui refuse de l’argent ! Tout comme je n’ai encore jamais vu un religieux dire aux hommes politiques d’aller distribuer aux pauvres les millions et les voitures de luxe qu’on leur donne. Au contraire, ils les prennent et les mettent dans leurs poches ! S’ils refusent maintenant, c’est donc qu’il y a une autre cause.

Je maintiens ma position de toujours : la classe politique et les religieux sont tous les mêmes au Mali. Blanc bonnet, bonnet blanc ! Ne nous faisons pas avoir pour des querelles individuelles. Les prochaines élections du président du HCI vont réserver bien des surprises. Comme d’habitude, des voix pourront être achetées à coup de milliards pour faire partir Dicko. Nous sommes l’un des champions des élections bâclées et achetées ! C’est là que nous comprendrons tout le fond de ce bruit qui se fait dès maintenant. D’ici là, si l’entente et la paix ne sont pas obtenues entre tous ces camps, je ne serai pas surpris de voir un nouveau président du HCI.

Ma conviction est tout de même que ce HCI doit être dissout, tout comme l’AEEM. Ça ne sert à rien, sinon, qu’à drainer des millions du budget pour des causes personnelles !

Sekou Kyassou Diallo.

 




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