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lundi 15 octobre 2018
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FEMAFOOT: dangereuse immixion politique

La bataille de la Fédération malienne de football est menacée par un énième scandale avec l’irruption de la politique dans la sphère du sport. Le camp des ‘’Frondeurs’’ qui avait monnayé son soutien au candidat Soumi champion, à l’élection présidentielle, contre une intronisation au Bureau fédéral, est au cœur de ce micmac politico-sportif.

C’est un secret de polichinelle que ceux qui sont rentrés avec éclats, dans l’histoire du football malien comme étant des ‘’Frondeurs’’, une réputation très peu flatteuse d’ailleurs, ont ouvertement battu campagne contre le candidat Ibrahim Boubacar KEITA qui cherchait à rempiler pour un second mandat, au profit du candidat Soumi champion.
A en croire nos sources, il ne s’agissait pas d’un mariage de cœur, mais plutôt de raison. Et pour cause, ce soutien était une des clauses du deal avec le candidat malheureux, lequel en cas de victoire devait s’assurer que ses contractants contrôlent le Bureau fédéral de la FEMAFOOT.
Les figures de proue de cette tractation contre-nature seraient les frondeurs comme Sahala BABY, Yély SISSOKO, Bassalifou SYLLA, Moussa KONATE, les mêmes qui étaient soutenu par Housseini Amion GUINDO, alias Poulo, quand il était ministre des Sports.
Soumi champion n’ayant pas réussi à l’emporter, le deal, de facto, ne tenait plus et les espoirs de ce côté, des ‘’frondeurs’’, étaient déçus. Il faut dire que sont également déçus les espoirs de tous ceux qui avaient placé leurs espoirs en ces gens, voyant, avec candeur, en eux, les nettoyeurs des écuries d’Augias.
Le deal, qui a capoté (heureusement pour le football malien), ne serait pas abusif de qualifier de satanique, représentait les germes d’une gestion du football par les politiques qui y auront placé leurs hommes de main. Cela, en violation des dispositions de la Fédération internationale de football (FIFA).
En effet, dans une interview accordée à FIFA.com,Thierry REGENASS, directeur de la Division Associations membres et Développement de la FIFA, à la question qu’entend-on exactement par ingérence politique, a répondu : ‘’la FIFA a comme mandat de contrôler le football association, sous tous ses aspects, à l’échelle mondiale. Au niveau national, ce mandat est délégué aux associations nationales, qui ont la responsabilité de contrôler le football association dans leur pays. Leur rôle est de gérer, de contrôler et de développer le football en tant que jeu, mais aussi d’organiser le football en général. Les associations ont l’obligation de s’acquitter de leurs tâches seules, de façon autonome et sans intervention extérieure, du gouvernement ou de tierces parties quelles qu’elles soient. De manière générale, on entend donc par ingérence politique la tentative d’un gouvernement de contrôler directement le football dans son pays’’.
L’instance dirigeante mondiale du football avait suspendu la Fédération malienne de football estimant que le pouvoir politique a fait preuve d’ingérence en limogeant ses dirigeants. La sanction, selon le communiqué de la FIFA était : “par conséquent, la FEMAFOOT perd tous ses droits de membre (…). Cela signifie aussi qu’aucune des équipes représentatives et aucun des clubs affiliés de la FEMAFOOT ne sont désormais plus en droit de prendre part aux compétitions internationales”, précise le communiqué.
Cette décision implique également “que la FEMAFOOT et ses membres ne peuvent plus bénéficier des programmes de développement de la FIFA ou de la CAF (…)’’.
L’aventure du camp des frondeurs, avec ses accointances douteuses avec la chose politique, expose dangereusement le Mali à une sanction qui a coûté très cher à nos footballeurs de catégorie inférieure.
Le rapprochement actuel des ‘’frondeurs’’ avec la présidente du CONOR qui cherche à proroger son mandat, n’augure pas non plus de lendemains meilleurs pour le football malien. Et pour cause, il sera toujours question de deal et contre les intérêts du sport roi.

Par Bertin DAKOUO




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