Femmes et filles porteuses de fistules: 30 pensionnaires retrouvent le sourire

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La campagne nationale de prise en charge des femmes et filles porteuse de la fistule et d’autres complications liées à l’excision, qui a duré pratiquement un mois, a connu son épilogue, samedi dernier, dans la salle de conférence de la Cité des enfants, par la remise symbolique de 100 000 FCFA à chacune des 30 pensionnaires, pour leur permettre de générer des revenus, une fois de retour dans leurs foyers respectifs ; ce après une formation en saponification.

La cérémonie était présidée par Mme Sangaré Oumou Ba, ministre de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, en présence du Dr Guindo Yassine Gakou, directrice du Programme nationale de lutte contre l’excision (PNLE); du représentant de la cellule genre de la CEDEAO ; et le médecin traitant des femmes prises en charge.
En effet, depuis 4 ans, le PNLE en partenariat, avec le ministère de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, accompagne de femmes et filles victimes des complications liées à l’excision.
Ainsi cette année, 30 femmes et filles, venues des régions de Koulikoro, Sikasso, Ségou Mopti Tombouctou et du district de Bamako, ont bénéficié de cette prise en charge. Pendant un mois, elles ont été entièrement prises en charge dans l’enceinte de la Cité des enfants, où, en plus des soins médicaux, elles ont bénéficié d’une formation en saponification, une activité qui leur permettra de générer des revenus, une fois de retour dans leurs foyers respectifs.
Par ailleurs, il faut signer que la Cellule genre de la CEDEAO appuie financièrement cette campagne depuis sa première année. Une action qui a été vivement remerciée par le ministre Mme Sangaré Oumou Ba :
«C’est le lieu pour moi d’adresser mes sincères remerciements à la Cellule genre de la CEDEAO qui accompagne de façon désintéressée mon département depuis quelques années », a-t-elle dit.
Elle n’a pas non plus oublié de remercier le département de la santé d’avoir mis à la disposition de la campagne des médecins spécialistes qui n’ont ménagé aucun effort pour : «apporter la dignité perdue à toutes ces femmes et filles qui avaient mal dans leur corps et âme»
Quant au Dr GUINDO, directrice du PNLE, elle soutient que les actions posées par le gouvernement et celles de la société civile et des partenaires techniques et financiers ont permis d’aboutir à des résultats encourageants comme la forte implication des médias dans le processus de l’abandon de l’excision, la signature de conventions locales d’abandon de la pratique de l’excision par 1132 communautés villageoises et surtout la prise en charge intégrée de 8702 cas de complications durant ces 5 dernières années ; l’octroi des activités génératrices de revenus aux victimes, notamment les femmes porteuses de fistules.
Pour aboutir à ses résultats, a-t-elle souligné, le PNLE a utilisé des stratégies de communication comme l’Information éducation et la communication (IEC) et la Communication pour le changement de comportement (CCC), pour sensibiliser les populations.
L’institution a aussi effectué des formations, des études, des recherches, des suivis et évaluations pour convaincre les décideurs nationaux et des partenaires techniques et financiers.
Comme, les années précédentes, les femmes et filles soignées ont reçu chacune une enveloppe symbolique de 100.000 FCFA, pour leur permettre de mettre en œuvre soit l’activité qu’elles ont apprise en marge du traitement, soit une autre activité génératrice de revenue : «cette activité, nous l’espérons leur permettra d’assurer un début d’autonomisation une fois arrivées à la maison », a rassuré Mme Oumou Ba.
Mme Mariam Koné, la porte-parole des récipiendaires n’a pas tari d’éloges pour saluer le personnel médical, la directrice de la Cité des enfants pour leur hébergement et enfin le PNLE, à travers le département de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la famille.
La cérémonie a pris fin par une séance de production de savon par les femmes et filles victimes des complications liées à l’excision qui vont retourner au bercail :: «avec toute la dignité que nous avions perdue quand nous quittions nos proches », a- dit Waraba Samaké, une ressortissantes de Bougouni.

Par Christelle KONE

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