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mercredi 14 avril 2021
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festival culturel Bwa: le centenaire de la révolte des Bobos célébré

La ville de Tominian a abrité ce week-end la première édition du festival culturel Bwa.

Pour célébrer le centenaire de la révolte des Bwa, une vingtaine de troupes artistiques et culturelles du Mali et du Burkina Faso s’étaient donné rendez-vous à San Toro ni Karantelà.
Organisé sur trois jours ce premier festival culturel Bwa était placé sous le thème « La culture Bwa à la croisée des chemins ».
Habib Dembélé dit Guimba a expliqué la révolte des bobos chez notre confrère le Reporter de la semaine dernière.
Selon lui, «ce soulèvement contre la pénétration coloniale fut déclenché par le décès d’une femme enceinte, Téné Coulibaly, frappée à mort par des «garde-cercles» indigènes, auxiliaires de l’administration coloniale. N’en pouvant plus de cette violence, les femmes se dénudèrent pour dénoncer la passivité de leurs propres hommes face à l’occupant français. Les hommes, humiliés par le geste ancestral de leurs femmes, prirent alors conscience du vrai danger de la colonisation (…)
Les Bobos, peuple déterminé, plein de bravoure et de dignité, les Dafing, et d’autres encore, se sont levés ensemble contre leur ennemi commun, le colon français qui les dominait.
(…) La révolte éclate dès novembre 1915 dans le village Dafing de Bona, au Burkina Faso actuel, puis elle s’étend pour atteindre son paroxysme en avril 1916. Les populations pensent que le moment est venu de se débarrasser définitivement des Blancs, dont elles imaginent qu’ils vont quitter l’Afrique pour régler leurs propres problèmes en Europe, où la première guerre mondiale fait rage depuis 1914.
Les villageois n’en peuvent plus des demandes incessantes des colonisateurs qui lèvent l’impôt, les obligent à fournir du travail gratuit qu’ils appellent «les prestations», et leur prennent maintenant des hommes, fils et époux, pour aller combattre les Allemands.
Près de 80.000 guerriers munis d’arcs, de flèches ou de fusils archaïques se dressent contre les troupes coloniales.
Tous les groupes ethniques se joignent à la révolte, sans tenir compte des différences qui existent entre eux, tant sur le plan culturel que religieux, et personne ne doute de la victoire car les Français semblent affaiblis.
Le dafou, coiffure en fibre de dah, devient un signe de ralliement porté par tous les révoltés. Le 19 avril 1916, Koula Ladji qui a rejoint la révolte le mois précédent, et commande les insurgés des cercles de San et de Bandiagara, attaque le village de Koro, à 16 km à l’Est de San, mais il en est repoussé (…).
La révolte a été très sévèrement matée. Des villages ont été bombardés, détruits, entièrement décimés. Certains leaders ont été exécutés, d’autres incarcérés. Mon arrière-grand-père fut déporté et emprisonné. À sa remise en liberté, il s’installa à San, là où se trouve encore notre concession familiale. Il y est mort vers 1929 ».

Par Bertin DAKOUO




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