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dimanche 27 mai 2018
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Festival “Fidassi “ de Djoliba: pour le retour de nos valeurs culturelles

Du 25 au 26 février, la commune rurale de Djoliba abritera le festival « Fidassi », qui est un ensemble de cérémonials qui tournent autour de la circoncision du jeune garçon dans le Mandé. L’annonce a été faite vendredi passé à la faveur d’une conférence de presse organisée par les responsables dudit festival. C’était à l’espace culturel Moffu de Kalaban-Coro. La conférence était animée par M. Mamoutou KEITA, conseiller culturel de l’artiste Salif KEITA, en présence de M. Mohamed KEITA, délégué général du festival « Fidassi ».

Organisé par l’artiste Salif KEITA et ses collaborateurs, ce festival est, selon les organisateurs, un avant-gout du grand festival international «Kôlen », qui se tiendra en avril prochain dans la même commune rurale.
M. Mamoutou KEITA, dans son allocution, a expliqué le « Fidassi » comme la célébration du passage d’une classe d’âge à une autre. Il a rappelé que ces moments sont significatifs dans la vie de chaque homme dans le Mandé.
« Cette avancée significative dans les rôles nouveaux que l’enfant est appelé à jouer se fait dans la férule d’un adulte, d’un maître auquel était confiée toute son éducation jusqu’à l’âge de maturité », a-t-il expliqué. C’est ce passage qui va être rappelé aux festivaliers, dans le but de jeter un regard rétrospectif sur notre société qui était jadis caractérisée par la fraternité et le respect mutuel, qui sont des vertus en passe de disparaitre de nos jours. « Du kômô ou N’Tomo, l’enfant subissait une séries d’initiations, de formations et d’éducation avant de prendre sa place aux côtés des « hommes » de sa société. Chacune de ces étapes avait ses règles, ses exigences, ses tabous. On ne se proclamait pas adulte, on le devenait pas par la force, mais pars des formations et des initiations », a-t-il rappelé. Toujours dans ses explications, M. Mamoutou KEITA a insisté que la petite enfance, dans notre société, avait comme socle, cette confraternité née du passage à l’épreuve du fer ou de la circoncision.
« Des centaines d’enfants étaient circoncis et devaient rester ensemble en brousse pendant deux à trois semaines pour apprendre à préparer, à manger ensemble, à aller en chasse ensemble, à s’initier aux choses de leur société sécrète, à s’aimer, à s’accepter et à se respecter.
Le délégué général du festival a révélé que le « Fidassi » est aussi marqué par des multitudes de jeux proposés à l’enfant pour développer son intelligence. « L’enfant passait à la trappe son séjour prolongé en brousse devrait lui apprendre à connaitre son environnement, l’écosystème, la faune, la flore, le rôle que jouent les plantes dans notre santé », a-t-il martelé, avant de déplorer que les enfants maliens ne connaissent plus rien de tout cela.
« Ils sont circoncis une semaine après leur naissance et ne jouent plus qu’aux jeux vidéo, qui certes peuvent développer d’autres formes d’intelligences individuelles ; mais jamais collectives, comme c’était le cas de nos éducations traditionnelles », a-t-il dit.
Selon lui, le festival « Fidassi » imitera toutes les étapes de la circoncision du petit Mnadéka ; avec tous les ingrédients à l’appui.
« On fera des simulations de tous ces rituels avec à l’appui des chants et pas de danse qui accompagne l’a chose », a-t-il promis. M. KEITA a précisé que ces rituels sont encore d’actualité dans le Mandé.
Pour le festival Kôlen, M. Mamoutou KEITA revient à la charge pour expliquer le contexte de ce grand évènement qu’il qualifie d’international à cause de sa grande envergure. Selon lui, ce festival est un projet que l’artiste international Salif KEITA ressassait, depuis plus de 10 ans.
Il vise à faire connaitre par le public, certaines réalités du mandé qui ont tendance à disparaitre, a indiqué le conférencier.
« Le bosquet Kölen est un lieu sacré où les gens font des vœux aux esprits qui sont exhaussés à 99 %. Donc, c’est pour magnifier davantage ce bois sacré, attitrer l’attention du monde entier sur ce lieu, consolider la cohésion sociale entre les tous les fils du pays que ce festival est organisé. Il sera animé par de grands artistes de renom de chez nous et d’autres pays de par le monde », a-t-il promis M. KEITA.

PAR CHRISTELLE KONE




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