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mercredi 14 avril 2021
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Fête du 1er mai: la CSTM sur pied de guerre

À l’instar de la communauté internationale, les travailleurs maliens ont célébré, hier dimanche, le 1er mai, consacré journée internationale du travail. Au niveau de la Confédération syndicale des travailleurs du Mali(CSTM), en lieu et place d’un défilé des syndicats et fédération de syndicats affiliés, cette journée a donné lieu à un grand meeting organisé, à son siège, à au quartier du fleuve. Ce meeting était placé sous le thème : « Le Mali Un et Indivisible : respect des droits et des libertés ».
Nous vous proposons ici l’intégralité du discours prononcé à l’endroit des militants venus nombreux, par secrétaire général de ladite centrale, Hammadoun Amion GUINDO, lors de ce meeting.

À l’entame de mes propos, acceptez, d’une part, que nous remerciions au nom notre centrale et au mien propre tous ceux qui ont répondu à notre invitation et accepté de matérialiser la présente journée à nos côtés ; et d’autre part perm moi également de dire un grand merci à l’ensemble de ces femmes hommes qui croient en nous et qui ne sont motivés que par le se promouvoir le bienêtre de nos populations en général et celui des travailleurs de notre pays en particulier.
Permettez-moi de vous rappeler que c’est un 1er mai 1886, il y a 130 ans, que la pression syndicale a permis à environ 200.000 travailleurs américains d’obtenir la réduction de la journée de 08 heures.
Le souvenir de cette journée amène les Européens quelques années quelques plus tard à instituer la fête du Travail.
Le 1er mai, journée consacrée est fruit de la lutte fatidique, mais combien noble et exaltante de travailleurs de par le monde qui au regard de la légitimité et de la noblesse de la cause, au prix de leur vie, ont souffert le martyre afin que cette journée soit.
Pour le repos de leur âme et de celui de tous nos camarades qui nous ont quittés, je vous demande de bien vouloir accepter qu’on accorde une minute de silence… je vous remercie.

Mesdames et messieurs, camarades
Après notre contribution dans le processus de mise en œuvre des politiques de développement par la mise à disposition d’une Stratégie syndicale alternative de réduction de la Pauvreté (SSARP) en 2013, nous avons poursuivi nos efforts de formation par le renforcement des capacités ainsi que de défense des travailleurs. C’est ainsi que nous avons négocié en Mars 2015 avec le gouvernement et le Conseil National du Patronat du Mali (CNPM) notre cahier de de doléances de 2014 et organisé en collaboration avec 1’UEMOA et le BIT de la Sous Régionale des Centrales Syndicales de 1’espace UEMOA, de la Guinée et de la Mauritanie sur le thème : « Le Monde du Travail face aux Conflits et aux Crises sécuritaires dans l’Espace UEMOA : Quelle Incidence de la bonne Gouvernance, du Dialogue Social et de la Culture de la Paix dans la Prévention, la Gestion et la Résolution des Crises Sécuritaires ». Conférence à laquelle les quatre (04) centrales du Mali à savoir l’UNTM, la CMT, la CDTM et la CSTM ont participé aux côtés de dix-sept (17) centrales des autres pays, du CNPM et de certains ministères concernés.
En 2016, nous avons observé une grève de 48 heures les 21 et 22 Mars, organisé une marche de protestation le 21 Avril.
Camarades, Militantes et militants,
Au titre des acquis nous pouvons citer entre autres :
-l’annulation de la mutation dans les régions des syndicalistes de la direction nationale de la géologie et des mines,
-le reversement des salaires suspendus de deux (02) de nos camarades de la police (même si cette suspension a repris),
-l’augmentation de 50% du SMIG,
-l’augmentation de 20% de la valeur indiciaire et de la pension des retraités de la Caisse Malienne de Sécurité Sociale (CMSS),
-l’augmentation de 5% de la pension des retraités de l’INPS,
-la levée des mesures de suspension illégale et l’annulation de la décision de licenciement des onze (11) syndicalistes de la SEMOS et du rappel de le
-l’adoption des projets de textes relatifs à la ratification de la convention n° 122 sur la Politique de l’Emploi,
-la réduction de 8% du taux de l’ITS même si cette disposition n’est encore appliquée,
-la majoration de plus de 30% des frais de missions des es et agents de l’État à l’intérieur comme à l’extérieur.
Cependant, il nous reste des défis importants à relever, notamment :
– la finalisation de la relecture de la convention collective des chauffeurs et celle des
-la baisse des prix du carburant, de l’eau et de l’électricité,
– le rétablissement des salaires suspendus de certains camarades de la police et la réintégration de ceux injustement radiés ;
– le paiement immédiat des primes et indemnités aux fonctionnaires de la police nationale et de protection civile ;
– la réintégration des syndicalistes et militants de LTA licenciés pour fait de grève en juin 2012 ainsi que la prise en charge de leurs salaires ;
– la prise en charge par l’INPS de tous les travailleurs ALS contaminés par le plomb ;
– la réintégration de tous les enseignants dans la seule fonction publique de l’État et le paiement de la prime d’ancienneté aux enseignants ;
– le respect du décret n° 2015-0363/PRM du 19 mai fixant le SMIG notamment pour les enseignants des écoles communautaires, ces centres d’éducation pour le développement (CED), des jardins d’enfants et des écoles privées ;
– l’organisation de concours professionnels pour les sages-femmes niveau DEF en vue de les reclasser à la catégorie des techniciens supérieurs de santé ;
– la relecture des textes régissant les ASACO ;
– le respect des textes réglementaires des aéroports du Mali ;
– la finalisation de la relecture de la Convention collective des chauffeurs et celle des travailleurs dans les structures des hydrocarbures ;
– la mise hors cause des salariés inculpés en violation des lois et règlements régissant la profession bancaire ;
– le paiement des arriérés de salaires des contractuels de l’Institut géographique du Mali(IGM) et leur intégration dans le corps des Conventionnaires de l’État ;
– la libération des actions SOTELMA ne faveur des ex-propriétaires des télés de l’État ;
– la baisse des prix du carburant, de l’eau et de l’électricité ;
– la lutte contre le chômage, les licenciements massifs et abusifs, la corruption et la délinquance financière,
-la systématisation de la bonne gouvernance,
-la sécurisation effective de tout le territoire national,
-le recouvrement effectif de toute la souveraineté du Mali.

Mesdames et Messieurs, camarades
Notre centrale la Confédération Syndicale des Travailleurs du Mali (CSTM), contrairement aux années précédentes où elle commémorait le 1er Mai fête du Travail par des défilés parades, a décidé cette année de célébrer les festivités du 1er Mai 2016 par un meeting compte tenu du contexte actuel.
À cet effet, nous avons placé ce 1er Mi 2016 sous le thème « Mali Un et indivisible-Respect des Droits et des Libertés »,
Nous avons choisi ce thème pour exprimer notre mécontentement par rapport à la mauvaise gestion qui caractérise, depuis des années, la gestion des affaires de la nation, les violations des Lois, des Droits et des Libertés fondamentalement le Non-Respect par le gouvernement des Engagements même librement consentis.
Le constat des faits st très amer et n’ayons pas peur de la vérité et des mots.
En effet, la corruption, le clientélisme et l’impunité sont érigés en système de gouvernance. Le Mali ne s’est jamais senti autant mal, autant affecté ces dernières années par les maux qui le gangrènent et le minent qu’à travers la gestion de nos actuels gouvernants.
Ces maux dont la très dont la très grande majorité des Maliens ne voit pas de solution ont pour nom :
-Le mépris du gouvernement dans le traitement des revendications de la CSTM,
– Les mauvaises conditions de vie et de travail des masses laborieuses ;
– Le non-respect des engagements pris par l’Etat et les multiples violations des Lois, des conventions internationales ratifiées par le Mali, des droits humains et des libertés individuelles et collectives ;
– L’état de dégradation de la situation scolaire et de la santé ;
– L’accaparement des terres et l’expropriation des pays de leurs champs et même parfois de leurs villages ;
– Les licenciements massifs et abusifs des travailleurs notamment dans le secteur des mines ;
– L’accroissement du taux de chômage des jeunes ;
– La cherté de la vie et la paupérisation galopante de la population pendant que les dirigeants vivent dans un luxe insolent ;
– La gabegie, la corruption, le népotisme, le clientélisme, la discrimination qui ont atteint un niveau inquiétant et qui constituent aujourd’hui les piliers de la mauvaise gouvernance ;
– L’insécurité grandissante qui s’est étendue à l’ensemble du territoire ;
– La perte progressive d’une partie de la souveraineté du Mal, pour preuves la tenue du forum de Kidal sans l’État et la récente célébration de l’anniversaire de l’Azawad par la CMA.

Camarades travailleuses et travailleurs,
Le gouvernement de la République du Mali dont l’attitude se traduit par la discrimination, le parti pris, l’indifférence et surtout l’irresponsabilité face aux préoccupations majeures de nos populations, a suffisamment fait la preuve de son incompétence quant à la gestion des affaires publiques.
Toutes choses qui expliquent la gestion calamiteuse du préavis de grève de la CSTM des 21 et 22 mars 2016 par madame le ministre du Travail qui a invité notre centrale à la table de négociation en foulant au pied le tout premier principe de droit relatif à la prise d’un arrêté mettant en place la commission de négociation (Loi 87-47AN/RM d’août 1987).
Ce présent meeting, après l’assemblée générale couplée à la conférence de presse que nous avons organisée le lundi 18 Avril 2016 ainsi que la marche pacifique nationale du Jeudi 21 Avril 2016, vise à dire d’une part haut et fort Non au Gouvernement ; et d’autre part à dénoncer et à nous dresser contre sa mauvaise gouvernance, son irresponsabilité et son incompétence avérée.

Camarades travailleuses et travailleurs ;
La lutte est désormais engagée depuis notre grève des 21 et 22 mars 2016 et elle se poursuivra.
Aussi, nous tenons à préciser au gouvernement et aux hautes autorités que notre engagement et notre détermination ne faiblissent jamais, car elles constituent notre motivation à mener le combat pour :
Le respect des libertés et des droits économiques et sociaux ;
La bonne gouvernance des affaires publiques,
L’amélioration conséquente des conditions de vie et de travail des populations et des masses laborieuses ;
L’amélioration de la situation scolaire ;
Le recouvrement effectif de toute la souveraineté du Mali.
Camarades travailleuses et travailleurs ;
Au moment où nous tenons ce meeting, le Gouvernement, le CNPM et la CSTM sont en négociations sur les points revendications de notre préavis de grève du Mardi 3 au Mercredi 4 Mai dépose le 31 Mars 2016. Ce n’est qu’à l’issue de ces
négociations, le Lundi 02 Mai 2016, que nous vous informerons des conclusions.
En attendant, le préavis de grève reste maintenu tout comme la marche nationale du 12 mai 2016 et vous devrez rester mobiliser pour leur réussite.
La lutte est engagée et nous mènerons de façon constante.

Camarades travailleuses et travailleurs ;
Nous réaffirmons la détermination de la CSTM à tendre la main aux autres centrales syndicales maliennes et au-delà à tous les syndicats du Mali pour réaliser l’unité d’Action syndicale pour la Défense des Intérêts des Travailleurs et du pays.
Je ne saurais terminer sans adresser aux membres du CEN/CSTM, aux responsables de nos fédérations/syndicats affiliés, à toutes nos militantes et à tous nos militants, nos félicitations pour leur courage, leur abnégation et leur engagement.
Je souhaite bonne fête de 1er Mai à toutes et à tous.
Vive le Mali, Un et Indivisible !
Vive la CSTM !
Je vous remercie pour votre attention

Hammadoun Amion GUINDO, secrétaire général CSTM




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