Fidel Castro: des liens étroits avec l’Afriqie

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Le père de la Révolution cubaine, Fidel Castro, mort ce samedi 26 novembre à 90 ans, avait noué des liens étroits avec l’Afrique, notamment par l’intermédiaire de son compagnon Ernesto Che Guevara. Et c’est à Cuba que Nelson Mandela avait consacré son premier voyage après sa sortie de prison.
Dès le début des années 1960, Fidel Castro fait de l’Afrique une pierre angulaire de sa politique. L’idéal des barbudos (barbus) cubains étant l’exportation de la Révolution, Castro souhaitant aider les jeunes nations africaines à se libérer de l’emprise néocoloniale des grandes puissances.
Après son discours aux Nations unies, en 1964, Ernesto Guevara, le « Che », sera donc l’ambassadeur de la Révolution cubaine en Afrique. Il est dépêché dans l’ex-Congo belge avec une centaine de combattants pour appuyer la rébellion Simba. C’est un fiasco pour Cuba qui espérait instiguer une guérilla dans l’est du Congo, comme celle qui avait porté Castro au pouvoir cinq ans avant. La coopération militaire de Cuba avec les mouvements anti-impérialistes africains passe aussi par un soutien, davantage couronné de succès, aux indépendantistes bissau-guinéens du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC).
Mais c’est avec l’Angola que Fidel Castro va se montrer le plus offensif. Dès 1965, des soldats et des conseillers militaires épaulent le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA), mené par Agostinho Neto. En 1975, Cuba envoie des conseillers militaires auprès du MPLA qui a pris le pouvoir en Angola. Mais le président Neto est aussitôt confronté à une guerre civile, face à l’Unita, soutenue par l’Afrique du Sud. Le MPLA sera alors appuyé par Cuba et l’URSS. La Havane aura même jusqu’à 50 000 soldats déployés en Angola. Un soutien qui assurera le maintien du MPLA au pouvoir.
Dans un deuxième temps, en 1988 alors que les troupes cubaines se sont presque complètement retirées, l’Afrique du Sud et l’Unita attaquent depuis la Namibie annexée le sud de l’Angola. En janvier, la bataille de Cuito Cuanavale oppose 20 000 soldats angolais et 5 000 soldats cubains à 7 000 soldats de l’armée sud-africaine et 10 000 combattants de l’UNITA. Depuis sa salle d’état-major à La Havane, on dit que Fidel Castro dirige personnellement les opérations à 10 000 kilomètres de distance.
Militairement, cette bataille ne se solde véritablement par aucune victoire d’un camp sur l’autre et par de nombreux morts de chaque côté. Mais pour Castro c’est une victoire politique, puisque l’Afrique du Sud renonce alors à renverser le régime angolais. Rapidement, la Namibie obtient son indépendance du régime sud-africain. La Guerre froide prend fin en Afrique presque un an avant la chute du mur de Berlin. Et le régime sud-africain de l’apartheid vacille.
« Madiba » poing levé aux côtés de Fidel Castro
La présidence sud-africaine a rendu hommage à Fidel Castro ce samedi en saluant le « rôle inestimable dans la lutte pour la liberté » et contre l’apartheid. Depuis la chute du régime de l’apartheid en 1994, les deux pays n’ont cessé de resserrer leurs liens. C’est à Cuba que Nelson Mandela consacre son premier voyage après sa sortie de prison, une visite à Fidel Castro, son camarade, son allié et son ami. Mandela y remercie Castro pour son soutien durant les années de lutte clandestine du Congrès national africain (ANC).
Dans ses mémoires, Nelson Mandela évoque l’influence de Fidel Castro et de la révolution cubaine qui l’ont inspiré dans son propre combat. « La lutte contre l’apartheid, la plus belle des causes de l’humanité », déclarait de son côté Fidel Castro.
« L’intervention de Cuba en Angola et la défaite de l’armée sud-africaine ont contribué à détruire le mythe de l’invincibilité de l’oppresseur blanc et inspiré les masses dans la lutte pour la liberté. » Ces mots, ce sont ceux de Nelson Mandela prononcés lors de sa visite historique à Cuba en 1991. L’image de « Madiba » poing levé aux côtés de Fidel Castro est restée célèbre.
En 1994, Fidel Castro assiste à l’investiture de Nelson Mandela en Afrique du Sud. Il reviendra dans le pays en 1998 avec notamment un discours remarqué devant l’Assemblée nationale prononcé sous les hourras de l’ANC, mais boycotté par certains parlementaires blancs conservateurs.
Il y a trois ans, en décembre 2013, c’est à Soweto, lors de la cérémonie d’hommage à Nelson Mandela, que le président cubain Raul Castro et Barack Obama ont échangé une poignée de main historique, le signe déjà qu’une page était en train de se tourner.
Coopération dans le domaine de la santé
Enfin, un des aspects de l’implication de Cuba en Afrique c’est sa diplomatie médicale. L’internationalisme médical cubain, c’est le nom de cette politique qui consiste encore aujourd’hui à envoyer les médecins cubains sur le continent. Des médecins cubains réputés pour l’excellence de leur formation.
Des programmes de coopération ont été signés avec de nombreux pays et Cuba envoie ainsi du personnel médical pour une durée de deux ans généralement. On parle de plusieurs dizaines de milliers de médecins envoyés aux quatre coins du monde et en particulier en Afrique.

Auteur: RFI – RFI

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