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samedi 5 décembre 2020
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Filière coton: les producteurs montrent les muscles

Des producteurs de coton ont indiqué, le vendredi dernier, qu’ils ne reconnaissent plus l’actuel bureau de l’Union nationale des sociétés coopératives des producteurs de coton du Mali dont le mandat a pris fin depuis 2019. A cet effet, ils sollicitent des nouvelles autorités la mise en place d’un bureau intérimaire pour préparer les élections. A défaut, ils menacent de boycotter également les cultures du coton l’année prochaine.

Des acteurs de la chaîne de production cotonnière rentrent en rébellion contre l’actuel bureau dont le mandat est arrivé à terme depuis 2019, affirment-ils. Ils ont animé la semaine dernière une conférence de presse sur la problématique au siège de la Plateforme de lutte contre la corruption et le chômage (PCC).
Les conférenciers étaient des représentants des filières coton de Kita, Koutiala, Sikasso, Fana en plus du porte-parole de la PCC, Clément DEMBELE. Ce dernier, dans ses mots de bienvenue, a rappelé les difficultés auxquelles les agriculteurs sont confrontés en général. «C’est regrettable que ce secteur qui représente plus de 2 millions de personnes soit marginalisé par le pouvoir public. Or, on ne peut pas parler de développement économique et même d’autosuffisance alimentaire sans le monde de l’Agriculture », a pointé du doigt Clément DEMBELE.
Conformément à l’objectif de la Plateforme, il a expliqué que des cotoncultivateurs ont sollicité leur accompagnement et soutien contre la violation des textes de l’Union nationale des sociétés coopératives des producteurs de coton du Mali. En effet, soutient-il, depuis 2019, le mandat du bureau a pris fin, mais continue en toute violation des textes d’agir au nom des producteurs.
De son côté, Gaoussou SANOGO, représentant de la filière nord-est de Koutiala a précisé que depuis 2007, date à laquelle l’organisation a été créée, ce sont les mêmes personnes qui sont aux commandes. Le problème est qu’après de chaque renouvellement elles trouvent un moyen de se maintenir illégalement. C’est ce s’est passé en 2013, a-t-il rappelé. Ce bureau issu de l’illégalité est aussi arrivé à terme de son mandat depuis 2019, malgré tout, ses membres ne veulent pas quitter. « Aujourd’hui, notre combat est le respect des textes de notre organisation. Nous demandons de nouvelles élections pour le renouvellement de l’actuel bureau. Nous voulons un bureau qui va s’occuper du sort et du développement du secteur du coton au Mali », a déclaré Gaoussou SANOGO. Pour lui, les responsables de l’Union pendant tout ce temps se sont préoccupés de leur intérêt personnel au détriment des producteurs. Il soutient que la plupart des décisions était prise entre les autorités politiques et le bureau de l’Union sans que les bases ne soient consultées. C’est ce qui explique la crise dans le secteur du coton au Mali qui n’a pas pu atteindre ses objectifs cette année. « Beaucoup de gens ont refusé de cultiver à cause de la mauvaise décision prise par nos différents responsables », a ajouté M. SANOGO.
Pour sa part, Noumou KEITA, de la filière de Kita, a déclaré qu’ils ne vont jamais reconnaître l’actuelle équipe. Et pour éviter davantage la crise au sein de ce secteur, il appelle les nouvelles autorités de la transition à s’assumer par la mise en place d’un bureau transitoire pour gérer les affaires en attendant le renouvellement du bureau conformément aux textes de l’Union nationale des sociétés coopératives des producteurs de coton du Mali. « Sans ce renouvellement, j’ai pris la décision de ne plus faire du coton. À Kita, chaque année, je récolte des dizaines de tonnes de coton. Nous allons les consacrer à autre chose », a averti M. Noumou KEITA.
Comme lui, ils sont nombreux les cotoncultivateurs à décider de boycotter les activités liées à la culture de coton de l’année prochaine.

Par Sikou BAH




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