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mardi 19 septembre 2017
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Fin de brouille avec le FMI: le dossier Mali approuvé par le Conseil d’Administration

Ça y est : hier, 1er décembre 2014, sans grade surprise, le dossier du Mali a été examiné et approuvé par le conseil d’administration du FMI. Ceci donne automatiquement le droit à notre pays de pouvoir disposer d’un appui financier substantiel de la part de ses partenaires dont certains, aussi multilatéraux que bilatéraux, une fois la lettre de confort signée entre le Mali et le FMI, bien avant le feu vert du conseil d’administration, s’étaient déjà manifestés en octroyant leurs appuis budgétaires. Après la tempête, c’est aujourd’hui la confiance renouvelée…

La ministre de l’Economie et des Finances, Mme BOUARE Fily SISSOKO, au four et au moulin, ces derniers temps, pour aplanir les incompréhensions entre notre pays et le FMI, nées de l’achat de l’aéronef et du contrat militaire, peut aujourd’hui se frotter les mains. Même si le locataire de l’hôtel des finances a toujours préféré l’efficacité à l’effet d’annonce spectaculaire, pour le retour de la confiance avec les partenaires financiers du Mali, il n’en demeure pas moins qu’elle récolte aujourd’hui le gain de la persévérance et du don du soi pour la cause nationale.

En fait, c’est chose faite : depuis hier, la bonne nouvelle est venue de Washington, où elle a multiplié, ces temps-ci, de nombreuses missions d’échanges et de travail avec les autorités de la haute finance internationale, comme quoi le dossier du Mali a été approuvé par le conseil d’administration du FMI. En fait, c’était programmé à cette date, elle-même fort attendue dans les milieux des partenaires, en ce sens que le visa du FMI, en tant que gendarme de la finance internationale, à un pays sous-programme, comme le nôtre, est toujours appréciable pour l’octroi d’appuis budgétaires conséquents.

Après la période du froid dans les rapports entre le Mali et le FMI, suite à la polémique née de l’achat de l’avion présidentiel et du contrat militaire, où l’on a observé un gel de décaissement entre les deux partenaires, c’est alors la reprise de la coopération économique et financière. Avec l’approbation du dossier Mali par le FMI, il est indéniable que la polémique née de ces deux opérations est aujourd’hui dernière nous.

Ce qu’il en résulte, c’est que le gouvernement, à travers le ministère de l’Economie et des Finances, peut présentement refermer cette page trouble de sa coopération avec le FMI pour résolument s’intéresser à d’autres préoccupations nationales. Il est logique et opportun, selon de nombreux responsables de l’hôtel des finances, que le gouvernement, dans le contexte de la relance économique, observée depuis le retour des appuis budgétaires, puisse mettre le cap sur la mobilisation accrue des ressources publiques.

Le ministre de l’Economie et des Finances, qui s’est beaucoup mobilisé, durant ces derniers mois, sur ce front bouillant des relations avec le FMI, ne sera pas en marge de cette nouvelle dynamique enclenchée. Et pour cause ? L’hôtel des finances, comme cela nous a été donné d’observer, est autrement plus requinqué à renforcer ses capacités d’actions en vue de doper l’économie malienne.

Le fait pour certains esprits de s’éterniser sur la polémique liée à l’achat de l’avion présidentiel et du contrat des équipements militaires, en alimentant diversement la polémique, plutôt stérile qu’instructive,  en dépit de nombreuses clarifications apportées par les responsables du ministère de l’Economie et des Finances, obéissait à une logique politique de pression qui, on le voit aujourd’hui, n’est plus de mise. Pour la bonne raison que le FMI, qui avait émis certaines réserves sur ces deux opérations, estimant qu’elles n’avaient pas été prévues initialement dans le budget d’Etat, est lui-même enclin à mieux apprécier les mesures préconisées par les pouvoirs publics, en matière de gestion et de transparence des finances publiques.

« Vous constaterez que rares sont les pays qui auraient accepté autant de transparence », disait récemment son représentant sur la Voix de l’Amérique à propos des rapports d’audit du Végal et de la Cour suprême sur les deux opérations. Dans cette logique, le gouvernement, on le voit, a déjà envisagé pas mal de mesures concrètes pour renforcer la crédibilité et la sincérité des dépenses, en matière de passation de marchés. Ce qui semble d’ailleurs ne pas être le cas, même dans certains pays développés dont certains, et non des moindres, continuent encore, de pratiquer des mesures dérogatoires, non encadrées, comme le Mali l’a fait. En guise de sa volonté de transparence dans la gestion des finances publiques.

En tous les cas, cette approbation du dossier Mali par l’institution financière intervient au moment où, on se rappelle, le Premier ministre a, le 21 novembre dernier, rendu public un document intitulé  «Rapport sur l’état d’avancement de la mise en œuvre des mesures préalables contenues dans la lettre d’intention du gouvernement» . Ce document est, en effet, une réponse aux injonctions du FMI qui avait demandé au gouvernement de prendre une série de mesures allant dans le sens de la bonne gouvernance.

Par Mohamed D. DIAWARA

 




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