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mardi 23 janvier 2018
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Financement de la force conjointe G5 Sahel: Macron et IBK à la manœuvre à Paris

Emmanuel Macron, Angela Merkel et les cinq chefs d’État du Sahel : Roch Marc Christian Kaboré (Burkina Faso), Ibrahim Boubacar Keïta (Mali), Mohamed Ould Abdelaziz (Mauritanie), Mahamadou Issoufou (Niger) et Idriss Déby Itno (Tchad) vont tenter ce mercredi à La Celle-Saint-Cloud, près de Paris, de renforcer la mobilisation internationale au profit de la nouvelle force conjointe anti-djihadiste G5 Sahel, pour accélérer son déploiement.

Au lendemain du sommet de Paris sur le climat qui s’est ouvert hier mardi, une rencontre à Celle Saint-CLoud, en région parisienne, réunira aujourd’hui le président français, les cinq chefs d’État du Sahel ainsi que la chancelière allemande. Le Premier ministre italien, le ministre saoudien des Affaires étrangères et le président de la Commission de l’UA seront également au rendez-vous. Objectif : discuter du financement de la force conjointe antiterroriste, notamment les 450 millions d’euros nécessaires pour son opérationnalisation. À l’heure actuelle, seule la moitié a pour l’instant été rassemblée. Cette réunion, capitale pour la montée en puissance de la force conjointe, fait suite au Sommet UA-EU tenu à Abidjan en marge duquel Emmanuel Macron et ses homologues du G5 Sahel étaient convenus de se revoir le mercredi 13 décembre à Paris afin de poursuivre leur discussion sur la mise en place de la force et d’évoquer son financement.
Face aux attaques répétées dans la zone dite « des trois frontières » (Mali, Burkina Faso, Niger), tous jugent indispensable d’accélérer le déploiement de cette force.
La France a en outre invité le ministre saoudien des Affaires étrangères, dont on attend qu’il officialise le versement d’une aide qui pourrait atteindre 100 millions de dollars, ainsi que son homologue des Émirats arabes unis. Côté américain, le conseiller national à la lutte contre le terrorisme devrait être présent.
Selon les sources proches de l’Élysée, cette rencontre se veut du donnant-donnant : plus d’engagement des acteurs du G5 contre plus de soutien international. Car Emmanuel Macron a estimé, le 30 novembre à Abidjan, que la mise en place du G5 Sahel n’avançait «pas assez vite» et que «les terroristes» avaient «enregistré des victoires militaires et symboliques, notamment au Niger», selon l’Élysée.
Dans ce pays, les groupes armés multiplient ces dernières semaines les attaques meurtrières, comme celle ayant provoqué la mort de quatre soldats américains le 4 octobre ou de 12 gendarmes nigériens le 21.
Il s’agit donc d’agir à la fois sur les plans militaires, en accélérant le déploiement de la force ; politique, en redonnant de la vigueur au processus de paix au Mali «qui progresse peu» selon l’Élysée ; et financier, avec l’objectif de mobiliser au moins 250 millions d’euros dans un premier temps, puis 400 millions à plein exercice.
L’Union européenne a promis 50 millions d’euros, la France 8 millions (surtout en matériels), chacun des cinq pays fondateurs 10 millions, et l’Arabie saoudite devrait confirmer aujourd’hui une contribution de 100 millions de dollars. Les États-Unis ont quant à eux promis aux cinq pays membres du G5 Sahel une aide bilatérale globale de 60 millions de dollars.
En février, un sommet sera organisé, a priori à Bruxelles, «réunissant tous les partenaires qui souhaitent s’engager» en faveur de la force conjointe G5 Sahel, selon l’Élysée.
Début novembre, la nouvelle force multinationale a effectué sa toute première opération aux confins du Mali, du Burkina Faso et du Niger, avec l’appui de la force française Barkhane (4 000 hommes), qui traque déjà les djihadistes à travers le Sahel.
La force G5 Sahel se veut complémentaire de Barkhane et de la Mission des Nations unies au Mali (Minusma, 12 000 hommes), régulièrement prises pour cible par les groupes armés au point d’être ‘’la mission de maintien de la paix la plus coûteuse en vies humaines (plus de 90 Casques bleus tués dans des actes hostiles depuis 2013)’’.

Par Mohamed D. DIAWARA




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