Financement des infrastructures modernes: 100 milliards levés par l’Etat…

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Le ministre de l’Économie et des finances, le Dr Boubou Cissé, sur le principal défi auquel l’hôtel de finances a été confronté, à sa prise de fonction, à savoir rendre la croissance inclusive et perceptible dans le pays, a eu bien raison de dire, dans une récente allocution, que le « Mali est sur la bonne voie ». La parfaite illustration vient d’en être faite par le succès du premier emprunt obligataire qui, au lieu des 65 milliards de francs initialement recherchés, va entrainer une clôture anticipée, avec à la clef 100 milliards de nos francs.

Le maître mot du ministre de l’Économie et des finances, le Dr Boubou Cissé, est de booster l’investissement dans les infrastructures modernes. Et cela, pour développer le Mali de demain, tel qu’il est conçu dans le projet présidentiel. C’est bien dans cette logique que le premier emprunt obligatoire du Mali, une toute première, coté à la bourse des valeurs mobilières a été initié par le gouvernement, via l’hôtel des finances. Un franc succès économique qui va au-delà de toutes attentes : pour une prévision initiale de 65 milliards de francs CFA, ce sont en gros 100 milliards de nos francs qui seront mobilisés auprès des investisseurs, entrainant même une clôture anticipée de l’opération.
À l’évidence, ça met en exergue la crédibilité de la signature du Mali. En d’autres termes, par le succès de cette opération, dont le but est le financement des gros investissements modernes, prévus au compte du budget 2016, il est davantage démontré que le Mali, en dépit des grands défis auxquels il est confronté, est un pays absolument sûr pour les investisseurs, qu’ils soient nationaux ou étrangers. Il s’agit à coup sûr d’un témoignage de confiance à l’égard de notre pays « qui demeure intact en son économie et ses perspectives à long et moyen terme », selon un communiqué de la société d’intermédiation et de gestion du Mali (SGI Mali), en sa qualité de chef de file du syndicat de placement, composé d’une vingtaine de SGI de la sous-région, notamment Atlantique Finance, sélectionnée, à son tour, comme co-chef de file. C’est donc tout naturellement que le directeur national du trésor et de la comptabilité publique, M. Sidi Al Moctar Oumar, qui a représenté le ministre de l’Économie et des finances, lors de la cérémonie de cotation de cet emprunt obligataire du Mali, qui s’est déroulée à Abidjan, en présence de nombreuses personnalités, ce 2 septembre, a expliqué comment la « cotation permet le développement du marché secondaire de la dette » ; en ce sens qu’elle « renforce la liquidité et facilite les échanges des titres ».
Pour le représentant du ministre des finances, Sidi Al Moctar Oumar, c’est de cela que nos pays ont besoin pour, dit-il, « faire de notre marché régional, un véritable marché financier au service de nos économies ». Pour le cas d’espèce du Mali, lancé en avril 2016, l’emprunt obligataire, premier de son histoire, devait permettre à l’État de solliciter la somme de 65 milliards de Fcfa dans la perspective de financer diverses infrastructures. Il s’agit notamment du programme d’aménagement des infrastructures routières (PAIRS), de la réalisation du 2e pont de Kayes, des études pour la réalisation du 4e pont de Bamako, et de certains travaux d’urgence dans la capitale, en prévision du sommet Afrique France, prévu en janvier prochain. Si aujourd’hui, l’opération a permis à l’État de disposer près de 100 milliards de nos francs, c’est bien grâce à l’entregent de l’hôtel de finances, à travers le dynamisme de la direction nationale du trésor et de la comptabilité nationale, qui a conduit avec efficacité cette opération de mobilisation des fonds.
Si le Mali, qui a déjà réalisé, de 2003 à nos jours, 66 émissions de titres publics, n’a jamais réalisé jusqu’ici qu’un seul emprunt obligataire, celui dont il est précisément question, il y a, selon le représentant du ministre de l’Économie et des finances, plusieurs raisons, en cela. A commercer d’abord le faible engouement « pour ces genres de titres tant au Mali que dans les autres Etats de notre Union » du fait de leurs coûts élevés, « mais également au temps que prennent leurs préparations, contrairement aux adjudications ». Un réel défi, stigmatise-t-il, qui interpelle l’organe de régulation du marché. Car ce n’est pas tout : de nombreuses autres raisons, selon l’expert, tenant surtout à « l’absence de projets porteurs devant être financés avec les fonds levés », en sont des facteurs répugnants. C’est justement là où il pointe du doigt sur un autre challenge, celui de la « difficulté de nos États à identifier des projets porteurs de croissance ».
Pour le directeur du trésor et la comptabilité nationale du Mali, il est absolument important, pour nos pays, de surmonter ces obstacles qui obstruent le financement des infrastructures modernes de développement, s’ils veulent, à brève échéance, se transformer en pays émergents. Ce n’est donc pas par hasard que les autorités maliennes ont pris justement une telle option de mobilisation des fonds, dans l’optique de financer certains projets prioritaires et innovants, notamment dans le domaine des infrastructures routières. Le Mali, qui en fait un baroud honneur, ne compte pas s’arrêter en si bon chemin d’autant que, pour renforcer la crédibilité de sa politique budgétaire et la confiance des investisseurs à son système, il a demandé à être simplement noté.
Le processus pour la formalisation de cette notation étant bien en cours ; une raison plus crédible, pour le ministre de l’Économie et des finances, de se réjouir, sans tomber dans la fatalité, du bon état des perspectives économiques du pays.

Sékouba Samaké

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