Financement des soins de santé: des experts se concertent

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L’hôtel ONOMO abrite depuis hier mardi un atelier de formation de 3 jours sur le financement de la santé en vue de l’opérationnalisation de la Couverture maladie universelle (CMU) destiné aux acteurs et experts intervenant dans le domaine dans notre pays. Il est attendu de cette session soutenue par l’OMS, Save the Children et World vision, à travers le ministère de la Solidarité et de l’action humanitaire, des recommandations pour l’accélération de la mise en œuvre de la CMU d’ici 2018.

La cérémonie d’ouverture des travaux de la session de formation était présidée par le représentant du ministre de la Solidarité et de l’action Humanitaire Amadou DIALLO en présence du représentant de l’OMS au Mali, Alexis BIJEARD; du Directeur par intérim de Save the Children, Kevin NOVOTNY et du représentant de World Vision au Mali.
Prennent part à cette session d’échanges et formation plusieurs acteurs et experts de la santé au plan national et international avec comme objectif d’adopter une meilleure approche pour assurer une conduite adéquate du processus de réforme visant la réalisation de la Couverture maladie universelle d’ici 2018; de construire des voies de collaboration entre les acteurs impliqués dans le financement de la santé pour la réalisation du Régime d’assurance maladie universelle (RAMU).
D’autre part, il va s’agir aussi aux participants de s’inspirer des expériences des pays qui ont des contextes plus ou moins similaires à celui du Mali, pour optimiser les mécanismes, les ressources et les capacités disponibles en vue d’accélérer le processus de réalisation de la CMU d’ici 2018.
Le représentant du ministre de la Solidarité et de l’action humanitaire, Amadou DIALLO, à l’entame de ses propos, a salué tous les partenaires stratégiques comme l’OMS, Save the Children et World Vision pour cette initiative qui va sans aucun doute accélérer le processus actuel de l’opérationnalisation de la Couverture maladie universelle (CMU).
Aussi, a-t-il relevé, le Mali, à l’instar de plusieurs pays, est engagé résolument à progresser vers la Couverture maladie universelle qui constitue, ces dernières décennies, un des concepts les plus dynamiques et à forte résonance pour lutter contre l’exclusion sociale et surtout la pauvreté.
Selon lui, cette volonté du gouvernement de notre pays s‘est manifestée par l’instauration d’un Régime d’assurance maladie universelle (RAMU) qui met l’accent sur l’organisation et la promotion de la demande, tout en veillant à ce que l’offre de services puisse aussi remplir les conditions de qualité et de réactivité requises. Dans la même lancée, il a fait savoir que l’Assurance maladie obligatoire (AMO), le Régime d’assistance médicale (RAMED) et les mutuelles de santé constituent des composants de RAMU.
«L’engagement politique du Président de la République dans son Programme d’action gouvernementale 2013-2018, est une parfaite illustration de son intérêt personnel à rendre effective cette forte aspiration des maliennes et des maliens à sortir du cercle vicieux des paiements directs pour l’accès aux soins qui engendrent des dépenses imprévues mettant gravement en péril l’équilibre du budget des ménages», a fait remarquer M. DIALLO.
Nonobstant ces efforts, de nombreux défis demeurent pour la réalisation des objectifs de la Couverture maladie universelle dans notre pays, reconnaît-t-il. Face à cette situation, préconise-t-il impérativement de renforcer l’efficience de nos mécanismes assurantiels en vue d’une meilleure extension de la couverture en matière de protection sociale mais y aller très rapidement afin que l’immense espoir ne soit pas déçu.
De son côté, le représentant de l’Organisation mondial de santé (OMS) a insisté à rappeler l’importance de la mise en œuvre de la CMU dans le développement de notre pays et les efforts que leur Organisme fournis pour la mise en œuvre de cette approche, en faveur de la santé. Selon lui, depuis 4 ans l’OMS appuie le Mali pour le diagnostic de la mise en œuvre de la CMU qui a abouti à l’élaboration d’une politique nationale de financement de la santé, en 2014.
L’élaboration de ce document a donné une vision et du chemin pour l’opérationnalisation de la Couverture maladie universelle au Mali, a soutenu M. BIJEARD qui s’en est suivie de plusieurs autres projets innovants pour permettre à notre pays d’aller à une assurance maladie pour tous.
Ensuite, il a félicité Save the Children et World vision pour avoir soutenu financièrement l’organisation du présent atelier d’échanges et de partage d’expériences.
«Cet atelier est un bel exemple de collaboration entre deux institutions de différents niveaux mais forcement complémentaire. C’est une démonstration de ce qu’il faut faire, celle de travailler ensemble. La couverture sanitaire a besoin de tout le monde et elle mérite une collaboration constante», a indiqué le responsable onusien.
Auparavant, le Directeur par intérim Save the Children Kevin NOVOTNY avait adressé ses remerciements au ministère de la Solidarité et de l’action humanitaire et à tous les acteurs pour leur engagement à rendre effectifs les régimes de protection des ménages les plus démunis contre les risques financiers que représentent et les paiements directs aux points de services de santé dans tout le pays.
«C’est pour accompagner cet effort du Gouvernement à travers le ministère de la Solidarité et de l’Action, Humanitaire, que nous, Save the Children et World Vision, avec l’assistance technique de l’OMS, avions décidé d’initier et financer la présente formation destinée aux experts nationaux et membres du Comité de Réflexion pour l’Opérationnalisation de la Couverture Maladie Universelle», a soutenu M. Kevin NOVOTNY.
Avant de déclarer que leur vision est : « Celle d’un Mali où tous les enfants de tous les ménages, sans aucune distinction, bénéficient d’une protection sociale complète et gratuite et ne s’appauvrissent à voulant se soigner».
Toutefois, au regard des défis, il dit rester optimiste sur la faisabilité de cette mission tout en réaffirmant leur disponibilité à accompagner à une telle espérance.

Par Sikou BAH et Bénédicte SOMBORO (Stagiaire)

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