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mardi 12 décembre 2017
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Force du G5 Sahel: la raison d’une démonstration

Dans la région et le cercle de Gao, la commune d’In-Tillit (Mali), la nouvelle force anti-jihadiste G5 Sahel appuyée par la France, a lancé mercredi dernier, ses opérations aux confins du Mali, du Burkina Faso et du Niger, une zone très instable devenue presque un foyer pour les groupes extrémistes. Cette première opération, baptisée «Hawbi», est une démonstration de force pour reprendre pied dans une zone délaissée par les États et vise à entraver la liberté de mouvement aux groupes armés.

Le début du déploiement des Maliens, des Nigériens et des Burkinabés de la force G5 Sahel a été constaté, mercredi dernier, par le lieutenant-colonel français Marc-Antoine, qui s’est confié à l’AFP, depuis une base avancée française dans la région aride d’In-Tillit, dans le centre du Mali.
Sous son commandement, une centaine d’hommes de la force militaire française anti-jihadiste au Sahel Barkhane va soutenir les troupes africaines déployées au sol lors de cette première opération, a-t-il expliqué.
Barkhane va apporter aux quelques centaines de troupes malienne, burkinabé et nigériennes engagées «du conseil et de l’accompagnement» sur le plan aérien (chasseurs, hélicoptères, drones de renseignement), ainsi qu’un appui de l’artillerie, a-t-il détaillé.
Cette première opération, baptisée «Hawbi», est «une démonstration de force pour reprendre pied dans une zone délaissée par les États», aux confins du Mali, du Burkina Faso et du Niger, «en entravant la liberté de mouvement dont bénéficient plusieurs groupes armés depuis des mois», a souligné le lieutenant-colonel Marc-Antoine.
L’objectif, in fine est, selon lui, est de faire monter cette force G5 Sahel en puissance pour qu’elle puisse se réimplanter dans les zones transfrontalières de façon autonome.
La force conjointe doit atteindre d’ici mars 2018 sa pleine capacité de 5 000 hommes, répartis en sept bataillons : deux pour le Mali et le Niger et un pour le Tchad, le Burkina Faso et la Mauritanie. Les soldats ne se mélangeront pas, à part pour quelques officiers de liaison, nous rapporte-t-on.
Ce nouveau dispositif vise à combler les lacunes des dispositifs militaires nationaux et multinationaux dans la région du Sahel devenue une base pour les groupes extrémistes, notamment, depuis que la Libye a sombré dans le chaos en 2011, que la secte Boko Haram s’est étendue au Nigeria et que des groupes djihadistes liés à Al-Qaïda se sont emparés du nord du Mali en 2012.
La force G5 Sahel se veut complémentaire de la Mission de l’ONU au Mali. En effet, la MINUSMA, malgré ses 12 000 hommes et 4000 pour Barkhane (dans la région du Sahel), les attaques djihadistes et celles de bandits armés ne cessent de hanter les esprits dans plusieurs localités de notre pays, notamment au Nord et au Centre. La récente attaque en date remonte au 31 octobre dernier, dans la localité de Ténenkou sur l’axe Dia-Diafarabé, où une mission du Président de la Haute Cour de Justice, le député Abdrahamane NIANG, est tombée dans une embuscade. Le bilan humain est lourd : six morts, dont cinq soldats de l’armée malienne et le chauffeur de l’honorable NIANG. Il y a aussi eu des blessés, rapportent certaines sources.
Ces attaques djihadistes touchent fortement les Forces armées maliennes et de sécurité, celles étrangères et n’épargnent pas non plus les populations civiles. Elles sont également à la base de l’exacerbation des conflits communautaires dans plusieurs localités du pays où la confiance souvent entre éleveurs peuls et agriculteurs prend un sacré coup.
Il faut donc dire que le G5 Sahel suscite un grand espoir pour les populations de notre pays pour un retour rapide de la paix et du vivre ensemble.
Il y a lieu de rappeler que le G5 Sahel est une force de cinq armées africaines appuyées essentiellement par la France qui prend son destin transfrontalier en main pour conduire les opérations antiterroristes.
«L’enjeu ici, c’est que le Burkinabé comprenne qu’il a le même problème que le Malien et que le Malien comprenne qu’il a le même problème que le Nigérien. Le succès viendra de là», a expliqué à l’AFP, le responsable de la force Barkhane de Gao.
Opérationnel depuis peu, le poste de commandement de la force G5 Sahel, à Sévaré, abrite désormais des officiers de liaison des cinq pays.
Son budget de fonctionnement a été estimé à 423 millions d’euros, mais il pourrait être revu à la baisse, aux alentours de 240 millions d’euros.
En tout cas, pour le moment, une grande partie des fonds manque encore à l’appel.
Les cinq pays créateurs ont promis chacun 10 millions, l’Union européenne 50 millions et la France 8 millions, soit un total de 108 millions d’euros.
Les États-Unis se sont quant à eux engagés, lundi dernier, à apporter jusqu’à 60 millions de dollars (51,5 millions d’euros).
Pour boucler le financement, une conférence des donateurs est prévue le 16 décembre à Bruxelles.
Le Président français, Emmanuel Macron, avait estimé, mardi dernier, suite à un entretien avec le Président IBK, également président en exercice du G5 Sahel que le succès de cette force, composée de soldats du Mali, Niger, Mauritanie, Burkina Faso et Tchad, était une «obligation collective» dans la lutte contre le terrorisme au Sahel, une vaste région située au sud du Sahara.

Par Sidi DAO




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