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mardi 21 novembre 2017
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Front anti-référendum: le délit de la manipulation des chiffresines certitudes sont désormais établies. D’abord, le camp du ‘’NON’’ à la révision constitutionnelle ne demande plus une relecture de la loi N° 2017 – 31/AN-RM portant révision de la Constitution 25 Février 1992, mais son retrait pur et simple. Ainsi, en ont décidé les récupérateurs d’un mouvement, dont les éléments catalyseurs sont à chercher ailleurs, très loin des préoccupations politiciennes de survie de certains qui sont au crép

Obnubilé par l’idée de faire fléchir le régime sur le projet de révision constitutionnelle, en agitant l’épouvantail de la taille des mobilisations, le camp du ‘’NON’’ verse littéralement dans une mortifiante manipulation des chiffres. Une stratégie qui met à nu sa tare congénitale de despotisme.

Certaines certitudes sont désormais établies.
D’abord, le camp du ‘’NON’’ à la révision constitutionnelle ne demande plus une relecture de la loi N° 2017 – 31/AN-RM portant révision de la Constitution 25 Février 1992, mais son retrait pur et simple. Ainsi, en ont décidé les récupérateurs d’un mouvement, dont les éléments catalyseurs sont à chercher ailleurs, très loin des préoccupations politiciennes de survie de certains qui sont au crépuscule de leur carrière.
La stratégie pour faire barrage au projet de révision de la Constitution est également bien définie. Il s’agit de la mobilisation de la population, soit pour battre le pavé (domaine de prédilection des opposants), soit pour faire de l’invective, de la désinformation et surtout de l’intox sur les réseaux sociaux. Cela, avec les graves dérives auxquelles il est donné, malheureusement, aux gens de la bonne société d’assister.

La surestimation
Dans sa lancée, le camp du ‘’NON’’ joue à fond la carte de la mobilisation qui est devenue une obsession. La déclaration de la plateforme ‘’AN TÈ A BANA Touche pas ma constitution’’, publiée à l’issue de la marche du samedi 15 juillet dernier, est explicite : ‘’La marée humaine de ce jour est le témoignage éloquent de la détermination des forces vives du Mali à combattre le mépris, l’arrogance, l’autisme et les tentatives d’instaurer dans notre pays un pouvoir personnel rétrograde’’.
Ainsi, des mineurs sont impudiquement enrôlés, uniquement pour gonfler les rangs.
Mais il y a une manipulation méprisable des chiffres sur les marcheurs et des images de la marche.
Selon les responsables de la Plateforme contestataire, la marche du samedi dernier a mobilisé 1 million de personnes. En somme, un record qui vient battre un autre, à savoir celui du 17 juin dernier où il était question de 200 à 300 000 manifestants.
Selon des sources concordantes, s’il y a bel et bien eu une importante mobilisation, il n’en demeure pas moins qu’il y a eu surestimation du nombre de marcheurs. L’on estime même que les manifestants de samedi dernier étaient numériquement inférieurs à ceux du 17 juin.
Une petite démonstration permet de se rendre à l’évidence.
La population de Bamako, à partir du dernier recensement, est de 1 809 106 habitants qu’on peut arrondir à 2 millions.
1 million de manifestants, dans ce contexte, équivaut à 50% de la population de Bamako qui arpente une artère du Boulevard de l’indépendance qui arrive à les contenir. Force est d’admettre que le morceau est un peu trop gros à avaler.
Un autre constat : mobiliser la moitié de la population de Bamako, un jour où les rues grouillaient de cortèges de mariages, et que la circulation ne s’en ressente pas pour un sou, c’est que ce million de marcheurs doit vraiment être fantomatique.
Enfin, chiffres pour chiffres, le Stade du 26 Mars a une capacité 55 000 places. Mobiliser un million de personnes, c’est plus de 18 fois le plein de ce géant stade.
Le Stade omnisports Modibo KEITA, lui, fait 35 000 places. 1 million de marcheurs, c’est environ 30 fois le plein de ce stade sans la rue.
Personne n’a vu dans les rues autant de personnes, même si la longueur de la file a pu créer une confusion. Les chiffres surréalistes avancés relèvent tout simplement de la manipulation et de la propagande.
Quid des images qui sont retoquées et publiées sur les réseaux sociaux ? Il est avéré que des images de la marche du 17 juin, qui a été un relatif succès, ont été réutilisées en lieu et place de celles du 15 juillet. Le subterfuge était d’autant plus facile qu’il s’agit des mêmes leaders qui battent le pavé avec la même scène de couleur rouge. Le tour n’était pas difficile à jouer, affirment de nombreux observateurs, rompus aux arcanes de la manipulation de masse. La spéculation ne fait plus l’ombre d’aucun doute. Les contestataires s’embesognent à en mettre plein la vue des Maliens.

L’effet boomerang
Pourtant, autant la cause ne fait pas l’unanimité, autant la stratégie mise en place pour défendre la cause du camp du ‘’NON’’ n’est pas sans interroger. En effet, si la démocratie est le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple, l’exercice de ce pouvoir obéit à des règles. De ce fait, l’article 26 de la Constitution du 25 Février 1992 dispose : ‘’La souveraineté nationale appartient au peuple tout entier qui l’exerce par ses représentants ou par voie de référendum.
Aucune fraction du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice’’.
En ce qui est de la révision constitutionnelle, le peuple a exprimé sa souveraineté à travers ses représentants, puisque la loi référendaire a été adoptée par l’Assemblée nationale par 111 voix pour et 35 contre. Il faut rappeler que la Majorité et l’Opposition ont toutes les deux voté.
L’étape qui reste, conformément à aux dispositions de la Constitution en vigueur, est celle référendaire où les électeurs auront à se prononcer par ‘’OUI’’ ou par ‘’NON’’ sur le texte soumis à référendum.
Au lieu de s’y plier, des individus ont fait le choix d’un légalisme ajustable, à géométrie variable, en choisissant d’investir la rue, justement pour ne pas se frotter à la loi des urnes.
Est-on vraiment démocrate lorsqu’on fuit le vote comme la peste ?
Une chose est sûre : le camp du ‘’NON’’ est pris à son propre piège, victime qu’il est de sa stratégie du chaos. Et pour cause, si l’objet de la mobilisation est de démontrer un rapport de force favorable, l’esprit républicain voudrait que ce rapport sorte plutôt des urnes que de la rue. Mais l’esprit démocrate et républicain ne se décrète pas. La preuve est administrée par d’irréductibles affabulateurs qui sont en passe de réussir l’exploit de lever une armée pour mener leur combat à eux axé sur leur agenda de 2018. Le terrorisme politique est bien présent quand Gandhi dit : ‘’le vrai démocrate est celui qui, grâce à des moyens purement non violents, défend sa liberté, par conséquent, celle de son pays et finalement celle de l’humanité tout entière’’.

Par Bertin DAKOUO




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