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samedi 25 mai 2019
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Front scolaire : la démonstration de force des enseignants

Comme annoncé, le Collectif des enseignants du Mali signataires du 15 octobre 2016 a fait une démonstration de force à travers des marches pacifiques sur toute l’étendue du territoire, ce mercredi 6 mars 2019, pour revendiquer l’amélioration des conditions de vie et de travail de ses militants. A Kayes, Nioro du Sahel, Fana, Ségou, Tombouctou, Bamako, Gao, San, Kita, Yorosso, Kangaba, Sikasso, Koumantou, Koutiala, Beleko, Goundam, Djenné… les enseignants se sont montrés très déterminés !

À Nioro du Sahel, hier matin, les manifestants enseignants scandaient : «Oui à la retenue sur le salaire, mais dans la légalité».

À Fana, les marcheurs ont bloqué la RN6 en guise de protestation, répondant ainsi à l’appel de leur collectif : Cars et véhicules personnels étaient obligés de descendre dans les rues, à l’intérieur, pour traverser une partie de cette ville bloquée.

À Tombouctou, ils réclament une amélioration de leurs conditions de vie et de travail : « le personnel enseignant veut une amélioration de ses conditions de vie et de travail » ; « L’école doit être une priorité pour tout bon gouvernement ».

À Koumatou, selon une source locale, la marche pacifique s’est bien déroulée. Là, aussi, les enseignants sont sortis massivement pour dénoncer la mauvaise volonté du gouvernement face à la crise scolaire. « Face à la corruption à ciel ouvert et à la délinquance financières, la population malienne doit comprendre que le destin de l’enseignant n’est pas la misère et s’engager pour la cause », s’indignait-on.

À Bamako, à la place CAN de Bamako, les syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 exigent : « l’Application des accords ». Aussi, pouvait-on lire sur leurs banderoles : « Les enseignants ont droit à une prime de documentation ».

Dans certaines localités, on pouvait apercevoir la tête de responsables politiques parmi les marcheurs, à l’image du président du parti SADI, Oumar Mariko, qui partagent le combat des enseignants.

Dans leur déclaration, les responsables de syndicats de l’éducation signataires du 15 Octobre 2016 ont dénoncé ‘’le mépris du gouvernement envers les enseignants du Mali, la légèreté le manque de sérieux de la part des autorités, lors des négociations autour de nos différents points de revendication’’.

Selon le collectif, lors des dernières négociations au ministère de l’Éducation nationale, le gouvernement a refusé de faire des propositions concrètes sur les 3 points de revendication de la divergence, notamment : l’octroi d’une prime de logement, la relecture immédiate du Décret n° 529/P-RM du 21 juin 2013 portant allocation d’indemnités au personnel chargé des examens et concours professionnel en ses articles 1, 2, et 3 ; l’accès des enseignants fonctionnaires des Collectivités Territoriales aux services centraux de l’État et l’accès des enseignants fonctionnaires des Collectivités Territoriales aux services centraux de l’État.

Les raisons évoquées par le gouvernement, apprend-on, auprès des responsables du Collectif des enseignants: « les revendications sont irrationnelles et insoutenables, les enseignants sont nombreux, en accordant cette prime aux enseignants, les autres corps vont la réclamer ; l’État n’a pas d’argent ».

En réplique, les enseignants grévistes affirment dans leur déclaration : « que les moyens existent bel et bien au regard du gaspillage à ciel ouvert du bien public ; que les points de divergence ne sont pas tous d’ordre financier ; que les points qui ont fait l’objet d’accord l’ont été depuis deux ans ou plus ; qu’ils sont revenus sur ces points parce que le gouvernement n’a pas honoré ses engagements sur lesdits points » ! Il constate tout simplement que ‘’l’école des enfants des pauvres n’est pas une priorité pour les autorités du Mali’’.

Exprimant leur volonté de dialoguer, les syndicalistes de l’éducation expliquent que leur marche visait à prendre à témoin l’opinion nationale et internationale sur la mauvaise foi du gouvernement.

Le point des négociations

Par lettre sans numéro en date du 3 janvier 2019, les syndicats de l’Éducation signataires du 15 octobre 2016 ont transmis au ministère du Travail et de la Fonction publique un préavis de grève comportant dix (10) points de revendications.

À la suite des négociations qui se sont tenues, 6 points ont fait l’objet d’un accord (1, 3, 4, 5, 8, 9), un point d’accord partiel (point 7) et 3 points de non-accord (points 2, 6 et 10).

Les points d’accord :

3. L’adoption immédiate du projet de décret portant plan de carrière du personnel enseignant de l’Enseignement secondaire, de l’Enseignement fondamental, et de l’Education préscolaire et spéciale en conseil des ministres.

4. La finalisation du processus de régularisation administrative et financière des diplômes des sortants de l’EN Sup (nouvelle formule) au même titre que ceux de l’ENI et IPR/IFRA (ainsi que toutes les grandes écoles : ENI, IPR/IFRA, ENETP, Conservatoires Balla Fasseké.

5. L’application effective et immédiate du Décret n° 2016-0001/P-RM du 15 janvier 2016 fixant les conditions et les modalités d’octroi de l’indemnité de déplacement et de mission.

9. L’intégration dans le corps des enseignants du personnel non enseignant en classe.

L’octroi d’une prime de documentation :

À ce niveau, les syndicats demandent une prime de documentation au profit du personnel enseignant ainsi qu’il suit : Catégorie A : 150 000 F ; Catégorie B : 125 000 F ; Catégorie C : 100 000 F.

En accédant à la demande des syndicats avec ces taux par catégorie et au regard du nombre de bénéficiaires 55 730 enseignants, l’incidence financière s’élèverait à 84 440 600 000 FCFA par an. Après des discussions franches, les deux parties ont convenu de ce qui suit (Accord) : Catégorie A : 60 000 F ; Catégorie B2 : 40 000 F ; Catégorie B1 : 25 000 F et Catégorie C : 15 000 F.

Le montant de la prime de documentation annuelle allouée aux enseignants est évalué à la somme de deux milliards trois cent trente-huit mille deux cent quatre-vingt-cinq mille (2 318 285 000) FCFA.

Cette prime forfaitaire sera payée annuellement à chaque enseignant selon sa catégorie et commencera en 2019. Les Syndicats ont souhaité son paiement au mois d’août.

7. Le point 7 relatif à l’organisation, sans délai, de l’élection professionnelle du secteur de l’éducation et la création des organes prévues par le Décret n° 2018-0067/P-RM du 26 janvier 2018, fixant les modalités d’application du statut du personnel enseignant de l’Enseignement secondaire, de l’Enseignement fondamental, et de l’Éducation préscolaire et spéciale, a fait l’objet d’un accord partiel. Les syndicats ayant conditionné leur accord total l’effectivité de l’élection professionnelle du secteur.

8- L’annulation des Décrets 2018-0800/P-RM du 19 octobre 2018 fixant les attributions spécifiques des membres du Gouvernement et n° 2018-0801/P-RM du 19 octobre 2018, portant répartition des services publics entre la primature et les départements ministériels. Ce point a fait l’objet d’accord et les dispositions sont en cours pour la relecture de ces textes.

Les points de non-accord sont les : 2, 6, 10.

2. L’octroi d’une prime de logement : au chapitre de cette revendication, les syndicats demandent qu’il leur soit accordé une prime de logement dont les montants sont : Catégorie A : 100 000 F ; Catégorie B : 75 000 F ; Catégorie C : 50 000 F. Il posé depuis, 2006, selon les soins du gouvernement. Ce point 2, indique-t-on, est financièrement n’est pas soutenable.

6. La relecture immédiate du Décret n° 529/P-RM du 21 juin 2013 portant allocation d’indemnités au personnel chargé des examens et concours professionnel en ses articles 1,2, et 3.

Pour ce point, les syndicats exigent la revue à la hausse des indemnités liées aux examens ainsi qu’il suit : Frais de surveillance : 15 000 F ; Frais de correction des copies du secondaire : 1 500 F ; Frais de correction des copies du fondamental : 1 250 F ; Président de centre du secondaire : 100 000 F ; Président du centre du fondamental : 75 000 F.

Ces taux appliqués à la seule correction des copies des examens du BAC (111 200 candidats) et du DEF (249 288 candidats), session 2018 ont une incidence financière de 478 410 000 FCFA, sans compter la surveillance et le secrétariat. Financièrement, il a été jugé insoutenable.

Le dernier point (10) est relatif à l’accès des enseignants fonctionnaires des collectivités territoriales aux services centraux de l’État.

En réponse, la partie gouvernementale rappelle la possibilité du détachement ou de la disponibilité offerte aux agents des Collectivités Territoriales appelés à servir dans les institutions publiques suivant le Décret n° 2018-0067/P-RM du 26 janvier 20018 fixant les modalités d’application du Statut du personnel enseignant de l’Enseignement secondaire, de l’Enseignement fondamental et de l’Éducation préscolaire et spéciale.

Par Sidi DAO

 




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