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samedi 17 novembre 2018
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Front scolaire: fortes turbulences

Hier lundi, le front scolaire et universitaire a été de nouveau perturbé pour des raisons de grève. Malgré la détermination du Département de finir avec le dossier des orientations pour les admis du DEF, des perturbateurs ont encore empêché les enfants des établissements publics et privés de tous ordres d’accéder à leur classe.

De sources dignes de foi, les promoteurs des écoles privées ont distribué 3 millions de FCFA, soit 500 000 FCFA par Commune à des badauds pour faire sortir les élèves des établissements privés de Bamako.
Depuis la semaine dernière, apprend-on, des groupes d’individus se sont organisés, dans ce sens, pour empêcher les élèves qui fréquentent des écoles comme Castors, Ecovie et autres, de suivre correctement les cours.
Pour non-paiement à temps des subventions, dit-elle, l’Association des promoteurs des écoles privées du Mali observe une grève illimitée depuis le lundi 1er octobre 2018 suite à l’échec des négociations, tard dans la nuit du 30 septembre.
Autre son de cloche du côté du Département qui estime qu’il n’y a du côté du Gouvernement aucun refus de payer ou tension de trésorerie, mais, simplement une exigence désormais de moralisation des dépenses publiques, un exercice auquel certains promoteurs ne veulent pas se soumettre, et donc prennent en otage les autres dans un mouvement syndical qui n’a pas lieu d’être. Pour preuve, laisse-t-on entendre du côté du ministère, sur les 32 milliards prévus au titre de cette année, le Trésor public a déjà payé plus de 25 milliards et attend les justificatifs pour payer le reste. L’ensemble des promoteurs des régions ont été payé. Une bonne partie des promoteurs de Bamako refusent de présenter des justificatifs au Trésor public pour un montant de 6,6 milliards. Ils comptent se faire payer sans justificatifs.
Au regard de cette situation confuse et prenant prétexte de la non-orientation des élèves admis au DEF session de juin 2018, le Syndicat des élèves et étudiants rentre dans la danse en décrétant une grève de 72h renouvelable, après les 48h à compter du 26 octobre 2018 dans les établissements secondaires, fondamentaux et supérieurs du pays.
Dans sa revendication, l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) dénonce l’indisponibilité des orientations des détenteurs du DEF (Diplôme d’Études Fondamentales) session de juin 2018, mais aussi la non-reprise des cours dans les établissements secondaires privés. La Coordination nationale de I’AEEM entreprendra d’autres actions plus fortes si toutefois les autorités ne faisaient en sorte que toutes les filles et tous les fils du pays soient sur le même pied d’égalité pour l’acquisition du savoir.
Face à la levée de boucliers, le Département a promis de publier la liste d’orientation des élèves détenteurs du diplôme d’études fondamentales (DEF) pour la session de juin 2018, ce lundi sur son site web : www.education.gov.ml. Or, au moment où nous mettions sous presse la publication n’avait pas encore été faite comme promis.

A Kayes, suite à la non-satisfaction de son préavis de grève déposé le 15 octobre 2018 auprès des autorités locales, la Coordination Régionale du Syndicat National de l’Éducation de base de Kayes (CR/SYNEB-K) a entamé une nouvelle grève de 9 jours (soit 216 heures) à compter de ce lundi 29 octobre au vendredi 2 novembre et du lundi 5 au jeudi 8 novembre 2018.
Les enseignants de Kayes revendiquent trois choses :le paiement immédiat de tous les arriérés de salaires des enseignants qui émargent sur fonds propre du Conseil de Cercle de Kayes et les appuis des Collectivités pour les enseignants des ECOM ; le paiement immédiat des rappels liés à la hiérarchisation, à l’intégration et à l’avancement ; le reclassement des enseignants contractuels des collectivités territoriales.
Il est à rappeler que la même Coordination Régionale du Syndicat National de l’Éducation de base de Kayes avait observé une première grève de 216 heures après son préavis du 12 septembre 2018 sur ses 4 points de revendications suivants :
1-le paiement immédiat de tous les arriérés de salaires des enseignants qui émargent sur fonds propre du Conseil de Cercle de Kayes et les appuis des Collectivités pour les enseignants des ECOM ;
2-l’organisation de la session de mutation régionale pour les enseignants fonctionnaires de l’État ;
3-le paiement immédiat des rappels liés à la hiérarchisation, à l’intégration et à l’avancement ;
4-le reclassement des enseignants contractuels des Collectivités territoriales.
Comme quoi, depuis l’ouverture, les enseignants de Kayes sont en débrayage, malgré l’annonce de la visite du Président de la République dans leur localité.
A Koutiala les doléances des enseignants sont d’autres ordres. Ils exigent la sécurisation du domaine scolaire et la création d’un cadre de concertation de la gestion de l’école en mode décentralisé auquel ils demandent à prendre une part entière en tant qu’acteurs de l’école.
Pour n’avoir pas été entendue, jusqu’ici en tout cas, la Coordination locale du Syndicat National de l’Éducation de base (SYNEB) de Koutiala dit se positionner pour le redressement. Tout en restant ouverts au dialogue, les enseignants de Koutiala déposent un préavis de grève de 72 heures (3 jours) sur les tables des Préfets des Cercles de Yorosso et de Koutiala. Si aucune issue n’était trouvée, cette grève aura lieu du lundi 12 au mercredi 14 novembre 2018 inclus sur l’étendue de l’Académie de Koutiala.

Par Sidi DAO

Écoles privées : le Trésor attend des justificatifs
Ayant payé plus de 25 milliards de FCFA aux promoteurs des écoles privées sur 32 milliards prévus, le Trésor public est dans l’attente des justificatifs pour payer le reste du montant.
En effet, apprend-on, l’ensemble des promoteurs des régions ont été payés.
Quant à Bamako, une bonne partie des promoteurs refusent de présenter des justificatifs au Trésor public pour un montant de 6,6 milliards. Ils comptent se faire payer sans justificatifs.
Au département de l’Éducation, on soutient : « Il ne s’agit nullement de tension de trésorerie, mais, de moralisation des dépenses publiques, un exercice auxquels certains promoteurs des écoles ne veulent pas se soumettre, visiblement ».
Selon certainement indiscrétions, l’instrumentalisation de cette question viendrait de certains élus à Bamako, qui sont eux-mêmes propriétaires d’écoles privées. En refusant de fournir les justificatifs demandés, ils comptent mettre la pression sur le chef du gouvernement afin qu’ils puissent être payés sans justifier.




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