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mardi 19 juin 2018
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Front scolaire: où est passée l’autorité de l’État ?

Depuis quelques jours les étudiants ont une fois de plus abandonné les amphithéâtres universitaires au profit de la rue pour protester contre la mort d’un des leurs. Comme à leur précédente sortie, en novembre 2017, la manifestation de la semaine dernière était motivée par la mort d’un autre étudiant victime d’accident de la route sur l’axe Kabala-Kalaban-Coro. Il s’agit d’Amadou Touré, étudiant en 3e année Hydraulique. Et pourtant, un arrêté du maire de cette commune avait été pris dans le but de protéger les étudiants et leurs professeurs sur cet axe.
Rien ne va plus sur le front scolaire et universitaire. Les étudiants désertent les classes. À l’origine, la problématique de leur sécurité sur la route Kabala-Kalaban-Coro. Une situation qui met, encore une fois en cause, la responsabilité de l’État qui semble bien manqué d’autorité en la matière, quand on sait que le maire de Kalaban -Coro, avait interdit la circulation de ces bennes sur cette voie pendant la journée (de 22 heures à 6heures du matin). Mais visiblement les chauffeurs soutenus par des mains invisibles en ont décidé autrement en boycottant l’arrêté de l’élu municipal. La conséquence, le ravage de ces engins se poursuit sur la route Kabala-Kalaban-Coro. En témoigne l’accident de la semaine dernière ayant coûté la vie à l’étudiant Touré.
Depuis, les étudiants sont dans les rues à Bamako ainsi que dans beaucoup de capitales régionales. Aucun niveau d’enseignement n’est épargné du fondamental aux établissements privés, l’AEEM fait sortir tout le monde pour donner de l’ampleur à son mouvement. Jusqu’où l’État va laisser installer ce désordre ?
« Dans une société de droit, la loi fait autorité, on prie, par ailleurs, les autorités civiles, militaires ou religieuses de se garder de décisions prises d’autorité », dit-on. À la lumière de cette assertion, que reste-t-il de l’autorité de l’État dans notre pays ?
La question mérite son pesant d’or face à certains comportements dignes d’un régime d’une autre époque. En tout cas, la situation interpelle tous les démocrates convaincus et sincères.
Comme conséquence de cette défiance de l’autorité du maire et par-delà de l’État, les élèves et étudiants sont privés de cours. Une flagrante violation de leur droit.
Pour rappel, depuis son ouverture, la route de Kabala a déjà fait plusieurs victimes dont des étudiants et un professeur.
La dernière en date, c’est celle de l’étudiant Amadou Touré, décédé aux urgences de l’hôpital Gabriel Touré, après une journée de soins. Son décès porte à sept le nombre d’étudiants fauchés dans les mêmes circonstances sur la même voie.
Ce décès interpelle vivement les autorités nationales qui doivent prendre les mesures urgentes pour sauver la vie de milliers d’étudiants qui doivent fréquenter ce campus universitaire en cette année académique.

Par Abdoulaye OUATTARA




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