Search
jeudi 26 novembre 2020
  • :
  • :

Front scolaire: le SNEC appelle à la reprise des cours ce lundi

Sur la base d’un accord de principe avec le Gouvernement et dans le souci du respect du droit des enfants du Mali, le Syndicat national de l’éducation et de la culture (SNEC) n’observera pas la prochaine étape de la grève des enseignants en cours. Il a appelé ses militants, ce samedi 29 février 2020, à la reprise des cours lors d’une conférence de presse, à la Bourse du travail, dès ce lundi 2 mars. Les raisons d’une décision salutaire pour l’école malienne, mais jugée comme une trahison par les sept autres syndicats du Collectif du 15 octobre 2016.

La conférence était animée par le secrétaire général du bureau exécutif national du SNEC, Moustapha GUITTEYE, en présence de ses collègues.

Face à la grave crise que traverse l’école malienne, avec les séries de grèves qui compromettent dangereusement l’avenir de nos enfants, le SNEC, malgré son profond attachement à défense des droits des travailleurs du secteur de l’éducation et de la culture, ne saurait être indifférent au sort de milliers d’élèves maliens, victimes d’une situation, dont ils ne sont en rien responsables, a déclaré le secrétaire général. « Le SNEC, conscient qu’il est le seul syndicat de l’éducation au Mali affilié à l’International de l’Éducation (EI) connue pour son combat pour la défense du droit des enfants à l’éducation qui regroupe 167 pays avec 450 organisations syndicales et 30 000 000 d’adhérents », a martelé le conférencier.

Rappel

Il ne s’agit guère d’une décision parachutée, selon les responsables du SNEC. En effet, dès le 17 février 2020, le bureau exécutif du SNEC a tenu une réunion extraordinaire, dont le seul point inscrit à l’ordre du jour était, l’école malienne, quelle proposition de sortie de crise, afin d’analyser la situation de blocage des négociations et proposer un plan de sortie de crise. À l’issue de cette réunion du lundi 17 février 2020, le BEN-SNEC a décidé d’adresser ‘’aux camarades des Syndicats de l’Éducation signataire du 15 octobre 2016’’ une lettre proposant un changement de stratégies afin de rapprocher les points de vue des deux parties (Gouvernement et Syndicat) et d’éviter à notre système éducatif une nouvelle année de crise. Lors de la même réunion, le BEN-SNEC a fait des propositions de sortie de crise suivantes :

1- L’alignement de la grille des enseignants sur l’indice plafond 1100 à compter de mars 2020 pour la catégorie A avec deux mois de rappel (Janvier 2020 et février 2020) ;

2- L’alignement de la grille des enseignants sur l’indice plafond 1200 à compter de janvier 2021 pour la catégorie A ;

3- Le paiement par tranches des rappels des douze (12) mois de l’année 2019 en fonction des moyens de l’État ;

4- Par rapport à l’application de l’article 39, le Syndicat national de l’Éducation et de la Culture a proposé la saisine des juridictions compétentes.

Proposition rejetée

Lors de la réunion élargie des Syndicats de l’Éducation Signataire du 15 Octobre 2016 du vendredi 21 février 2020, la lettre ainsi que la proposition de sortie de crise du BEN-SNEC ont été purement et simplement rejetées avec des manquements de respect et des injures à l’endroit de nos militants et de notre organisation syndicale, a déploré le secrétaire général du SNEC. Selon lui, si la lettre a été analysée, la proposition de sortie de crise n’a même pas fait l’objet d’analyse par les sept syndicats présents à cette réunion.

Toutefois, le SNEC ne regrette rien de son acte, pour la simple raison, indique M. GUITTEYE, qu’il ‘’n’est ni le premier syndicat membre ni le deuxième à envoyer une correspondance aux Syndicats de l’Éducation Signataires du 15 Octobre 2016 par rapport aux conduites à tenir au sein du groupe’’.

‘’ À la fin de cette rencontre les huit syndicats présents ont convenu de faire une lettre circulaire pour apaiser la tension des militants à la base et leur montrer que le climat est serein au sein du groupe, mais à notre grande surprise avant que le SNEC ne signe la lettre circulaire, elle a sciemment été publiée sur les réseaux sociaux, car jusque-là la responsabilité de cet acte n’a pas été située par les Syndicats de l’Éducation Signataires du 15 Octobre 2016’’, a-t-il révélé.

C’est dans ce contexte de tension que le SNEC tiendra ce 23 février 2020 à la Bourse du travail, une réunion extraordinaire à l’issue de laquelle, son BEN a décidé d’adresser une correspondance aux Syndicats de l’Éducation Signataires du 15 Octobre 2016 pour les informer de la suspension de sa participation à l’observation du mot d’ordre de grève de 480 heures, soit 20 jours en cours à partir de ce vendredi 28 février 2020, compte tenu de la situation sécuritaire du pays qui ne doit laisser personne indifférent. Malgré cette décision de suspension, le SNEC a rassuré ses ex-compagnons de lutte de son entière disponibilité à collaborer ensemble dans le cadre de la défense des intérêts matériels et moraux des enseignants du Mali.

Accord de principe

Le Syndicat national de l’Éducation et de la Culture a informé toutes ses militantes et tous ses militants qu’à l’issue des échanges avec le Gouvernement, il est parvenu à des résultats encourageants :

1-L’alignement de la grille des enseignants sur l’indice plafond 1100 à compter de mars 2020 pour la catégorie A avec deux mois de rappel (Janvier 2020 et février 2020) ;

2-L’alignement de la grille des enseignants sur l’indice plafond 1200 à compter de janvier 2021 pour la catégorie A ;

3-Le paiement par tranches des rappels des douze (12) mois de l’année 2019.

« Au regard de ces avancées constatées et compte tenu de la situation sécuritaire du pays, le SNEC demande à toutes ses militantes, à tous ses militants ainsi qu’à tous les enseignants qui partagent sa vision quant à la gestion de la crise que traverse notre système éducatif, de reprendre normalement le travail ce lundi 02 mars 2020 à partir de 7 h 30 pour ne pas compromettre l’avenir des enfants des pauvres », a appelé le conférencier tout en remerciant les conciliateurs pour leur disponibilité, la partie gouvernementale pour les efforts fournis et l’ensemble des militants pour leur abnégation.

Par ailleurs, le SNEC recommande au Gouvernement : la proclamation sans délai des résultats du concours d’entrée dans la fonction publique des collectivités territoriales au compte de l’exercice budgétaire 2019 ; l’application sans délai du procès-verbal de conciliation signé le 18 mai 2019 ; l’augmentation du quota des enseignants des écoles communautaires à intégrer dans la fonction publique des collectivités territoriales par an ; l’accélération de la signature de tous les actes administratifs en instance (avancements et autres) dans les quinze jours qui suivent.

Par Sidi DAO




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *