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lundi 19 avril 2021
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Front social: ça chauffe encore

A peine sorti des fourches caudines de la centrale syndicale UNTM, voici le gouvernement de Transition de Moctar OUANE pris en tenailles par plusieurs corporations. Si les enseignants ont indiqué le Rubicon quant à la date limite du paiement leur salaire, les agents de santé n’ont pu s’accorder avec le gouvernement sur leurs doléances. Au même moment les travailleurs de Total-Mali protestent à travers un sit-in contre l’inexécution d’un procès-verbal d’accord et ceux de CAECE Jigiseme exigent purement et simplement le départ de leur directeur.

Éducation : l’éternel front de contestation
Face au retard de plus en plus constaté dans le paiement des salaires des enseignants, la Synergie des syndicats signataires du 15 Octobre 2016 tonne et menace de cesser le travail dès le 25 de chaque mois. Le gouvernement à travers le ministre de l’Administration met la pression sur tous les gouverneurs, préfets, présidents de conseils de région, présidents de conseils de cercle et à les maires pour payer les enseignants à temps.
Dans une correspondance à tous ses membres datée du mercredi 24 février, la Coordination des syndicats de l’éducation signataires du 15 Octobre 2016 informe l’ensemble des militantes et militants du district de Bamako et de l’intérieur que dorénavant, le 25 de chaque mois en cours, si les salaires ne sont pas payés, l’arrêt de travail devient automatique à partir du 26.
En réponse à la lettre de la Synergie, le ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation a tenu dans une lettre à rappeler à tous les gouverneurs, préfets, présidents de conseils de région, présidents de conseils de cercle et maires les dispositions de la lettre en date du 19 mai 2011 du ministre de l’Économie et des Finances.
Cette lettre du ministre de l’Économie et des Finances fait état du processus de traitement des salaires des enseignants fonctionnaires des collectivités territoriales dont le délai de paiement est fixé au 25 du mois en cours.
Or, les enseignants fonctionnaires des collectivités territoriales sont confrontés à un retard dans le traitement et le paiement de leurs salaires au niveau de leurs ressorts respectifs. Ce retard a déjà entraîné des arrêts de travail dans certaines écoles.
Le ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation invite donc les gouverneurs, préfets, présidents de conseils de région, présidents de conseils de cercle et maires à prendre toutes les dispositions pour éviter le retard dans le paiement des salaires des enseignants.

10 jours de grève dure des blouses blanches
Afin d’avoir des meilleures conditions de travail, de doter certains centres hospitalo-universitaires du Mali d’appareils adéquats en faveur de la satisfaction des besoins des malades, de rehausser le plateau technique, le Syndicat National de la Santé, de l’Action Sociale et de la Promotion de la Famille (SNS-AS-PF), en collaboration avec le Syndicat des Médecins du Mali (SYNEMA), du Syndicat National des Travailleurs des Hôpitaux et des Structures Sanitaires (SYNATRAHASS) ainsi que les comités CHU Gabriel Touré, Point G, l’Hôpital du Mali, l’Hôpital Dermatologique et CHU Kati, ont entamé ce lundi matin 1er mars 2021 une grève de 240 heures à partir de 00 heure jusqu’au vendredi 13 mars 2021 à 00 heure.
Face à l’autisme du gouvernement sur le honteux déficit de plateaux techniques, au règlement de leurs primes et leurs misérables conditions de vie, les agents des structures hospitalières et sanitaires de Bamako et Kati ont décidé d’observer une grève de 10 jours à compter du 1er mars 2021.
Depuis quelques années, les agents de la santé crient au déficit de plateaux techniques. Pour se faire entendre, le personnel des hôpitaux et centres de santé de Bamako et Kati ont décidé de s’unir pour aller à cette grève.
Selon Djimé KANTE, l’un des responsables du syndicat des travailleurs de l’hôpital Gabriel Touré, la raison principale est de permettre d’avoir les moyens de travail nécessaire.
C’est difficile de faire cette grève de 10 jours, mais elle rentre dans le cadre de la recherche du confort du travail, a exhorté Djimé KANTE. Puis, il a lancé l’appel aux autorités d’avoir pitié du peuple. Parce que, dénonce-t-il, ce n’est pas acceptable qu’après plus de 60 ans d’indépendance, le pays continue d’évacuer une minorité vers l’extérieur pour bénéficier des soins de santé. « Chaque Malien doit pouvoir se soigner au Mali dans les conditions dignes. Malheureusement, les structures de santé dont nous disposons ne sont pas dignes de soigner les animaux dans certains pays », a-t-il déclaré avant de mettre en garde les autorités que rien ne les fera renoncer à cet objectif. A cet effet, il n’est pas exclu de proroger la grève s’ils n’ont pas satisfaction.

Sit-in à Total-Mali
Le Comité syndical de total Mali-SA, conformément à la réglementation en vigueur dans le pays, a décidé d’observer un sit-in dans les stations et devant la Direction ce 1er mars jusqu’à la satisfaction effective et totale de ses revendications. Il s’agit notamment, selon le secrétaire général de l’augmentation salariale de 15% pour l’ensemble du personnel et cela depuis 2019. Ce sit-in s’accompagnera d’un arrêt du service à la pompe.
Cette crise trouve son origine dans la non-application d’un Protocole d’accord signé le 1er novembre 2019 entre le Comité syndical et la Direction générale de Total Mali prévoyant une augmentation de salaire de 15% pour les cadres et 20% pour les autres catégories.
Depuis, c’est le silence de la Direction Générale que le Comité syndical rencontrera. Il y a-t-il une réelle volonté de la Direction Générale de désamorcer cette crise ? Les syndicalistes en doutent. En effet, par une correspondance en date du 25 février 2021, le Directeur national du travail exhortait la Direction de Total Mali au dialogue avec les travailleurs. Mais la direction fait toujours la sourde oreille.
Au lieu de ce dialogue formel, prôné par la Direction nationale du travail, la Direction de Total-Mali a choisi de procéder par chantage et intimidation, radicalisant ainsi davantage les responsables syndicaux qui se disent plus que jamais déterminés à poursuivre le combat pour l’aboutissement de leurs revendications légitimes.
En cela, les travailleurs arguent le temps écoulé de la signature du Protocole d’accord (novembre 2019) à aujourd’hui ; leur acceptation de mettre en stand-by leur revendication salariale en 2020, en raison de la COVID-19 qui, paradoxalement, n’a nullement affecté le chiffre d’affaires de la société. Plus subjectivement, les syndicalistes doutent de la bonne foi de la Direction Générale qui chercherait plutôt à user de dilatoire pour empêcher l’application des termes du Protocole d’accord relativement à l’augmentation salariale.

CAECE : pourquoi le syndicat exige-t-il le départ du DG
Par un préavis de grève de 72 heures à compter du 17 mars déposé ce lundi 1er mars 2021 sur le bureau du Directeur National du Travail, le comité syndical de CEACE-Jigiseme affilié à la centrale syndicale UNTM, soucieuse l’impérieuse nécessité de maintenir un climat social serein et apaisé ou sein de notre institution;
Fustige, d’une part, la négligence du Directeur Général dans l’application des points 1 et 4 du PV de conciliation du protocole d’accord signé entre la Direction de la CAECE, le Comité Syndical et la Direction Nationale du Travail le 05 octobre 2020, d’autre part, la volonté manifeste du Directeur Général de ne pas arrêter avec les investissements sous le prétexte fallacieux que ces décisions ne sont prises ni par la Direction Générale ni par les Gérants, mais collégialement par les organes délibérants élus et enfin la volonté manifeste du Directeur Général de ne pas mettre à la disposition de leurs caisses de base de l’argent liquide pour faire face à l’offre du crédit.
Le Comité syndical sur la base des déficits récurrents dans leurs caisses de base quasiment depuis 5 ans ; de la perte inquiétante des clients et la dégradation considérable des portefeuilles crédit au sein de nos caisses de base ; de la démotivation des employés en leurs mettant sous une forte pression rendant difficiles les conditions de travail dans l’exercice de leurs fonctions, estime leur directeur Modibo Mory DIARRA ne contribue plus au développement de leur entreprise. Il dénonce l’incapacité de M. Modibo Mory DIARRA à faire avancer leur entreprise dans le rang des SFD ou Mali et conclut que sa présence ne favorise pas la confiance et l’écoute indispensables à la relation entre partenaires sociaux si importants pour un climat social apaisé dans l’entreprise. En effet, selon le comité syndical, le Directeur de CAECE-Jigisème Modibo Mory DIARRA favorisant l’intimidation plutôt que le dialogue comme stratégie de gestion de crise ne possède plus la crédibilité et l’envergure nécessaires pour diriger le Réseau des CAECE du Mali.
C’est pourquoi l’Assemblée générale extraordinaire du personnel du Réseau des CAECE du Mali tenue le 04 juillet 2020 a, dans une résolution, donné quitus au Comité syndical d’user de tous les voies et moyens légaux pour résoudre tous les problèmes actuels de la caisse et améliorer les conditions de vie et de travail de l’ensemble des salariés du Réseau CAECE du Mali.
C’est dans ce cadre que la réunion extraordinaire du Comité syndical du Réseau des CAECE du Mali tenue le 27 février 2021 a pris la résolution d’observer une grève de 72 heures reconductible jusqu’à la satisfaction totale et entière des revendications du personnel. En termes clairs, le Comité syndical du Réseau des CAECE du Mali demande le départ immédiat et sans condition du Directeur Général du Réseau des CAECE du Mali M. Modibo Mory DIARRA et demande ou Conseil d’Administration de nommer un candidat ou une candidate pour assurer l’intérim.

Vers un arrêt de 72 heures des transports
Dans une note d’information, le ministère des Transports et des infrastructures, à travers la Direction générale de l’autorité routière, avait annoncé, le 29 janvier, le démarrage du paiement par passage de la redevance péage au niveau de tous les postes de péage et pesage à compter du 1er février 2021. Ainsi, la décision a mise à exécution a provoqué la colère des chauffeurs évoluant sur le tronçon Bamako-Banamba.
Le ministère des Transports et des infrastructures a fait marche arrière. Dans un communiqué, il a informé les usagers de la route que l’entrée en vigueur du paiement de la redevance de péage par passage, initialement prévue pour le 1er février est reportée au mercredi 17 février. Cette échéance a été renvoyée au lundi 1er mars. A date échue, les transporteurs restent campés sur leur position du statu quo pour le paiement de la redevance péage. Selon nos sources, ils sont sur le point de déposer un préavis de grève de 72 heures.
Dans le communiqué, le ministre Makan Fily DABO rappelle aux usagers de la route que le paiement de la redevance de péage par passage procède de l’application des dispositions de l’arrêté interministériel N° 08-1388/MF-MET-MATCL-MSIPC du 14 mai 2008 portant création des postes de péage et fixation des tarifs.

RASSEMBLES PAR BERTIN DAKOUO




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