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mardi 1 décembre 2020
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Front social: les limites d’une gestion parcimonieuse

Depuis quelque temps, l’on assiste à une véritable explosion des revendications syndicales aussi protéiformes que dogmatiques. Tels des dominos, elles tombent en cascade et semblent enfourner les nouvelles autorités de la Transition qui tardent à se fixer un cap, en l’absence d’un chronogramme d’exécution de la Feuille de route issue des concertations nationales des 10, 11, et 12 septembre dernier, probablement retoquée avant la publication de sa version finale. Gouverner, c’est prévoir ; mais sur le plan des réponses aux revendications catégorielles, le Gouvernement est pris en flagrant délit d’attentisme, d’immobilisme mortifère, si ce n’est d’amateurisme.
Pourtant, la Transition disposait d’une planche de sauvetage pour faire une offre politique visible et lisible avant que les revendications syndicales ne gagnent en consistance. En effet, la Feuille de route de la Transition dans une de ses recommandations préconise : ‘’Négocier un moratoire avec les partenaires sociaux de l’éducation en mettant en place un cadre de concertation régulier’’. C’était une piste extensible à l’ensemble des syndicats qui ont des revendications en souffrance dans le cadre d’une conférence sociale dont l’idée avait été émise par l’ancien Premier ministre Soumeylou Boubèye MAIGA. Cette fois-ci, il ne devrait pas s’agir de parler des salaires (des biens bien ou mal acquis) des fonctionnaires auxquels s’intéresse l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI) sous peine d’effaroucher l’UNTM dont l’actuel préavis de grève semble une frappe préventive dans ce sens. Il devrait s’agir tout juste de décrocher un moratoire, tout comme l’ancien régime était parvenu à une ‘’trêve sociale’’ avec l’UNTM qui avait mis en veilleuse ses revendications. C’est cela une gestion globale, aux antonymes d’une gestion parcimonieuse qui ne prendrait en compte que les seuls partenaires sociaux de l’éducation qui sont en réalité les éléments déclencheurs de cette avalanche revendicative, à certains égards, en raison des effets induits de l’application de l’article 39 de la Loi N° 2018-007 du 16 janvier 2018, portant Statut du personnel enseignant de l’Enseignement secondaire, de l’Enseignement fondamental et de l’Éducation préscolaire et spéciale qui stipule : ‘’toute majoration des rémunérations des fonctionnaires relevant du statut général des fonctionnaires s’applique de plein droit au personnel enseignant de l’enseignement fondamental, secondaire, de l’éducation préscolaire et spéciale’’.
Désormais, le constat fait presque consensus qu’il y a eu un looping avec vrille retournée et que le front des revendications syndicales est devenu trop large pour qu’un Gouvernement de Transition purotin puisse tenir la dragée haute. Il est encore possible de faire machine arrière et de prendre le bon départ pour obtenir la décrue du mouvement social qui en se coulant à la crise sécuritaire nous ferait danser autour de la poudrière. Point besoin d’incantations, recette est là, il faut l’appliquer.

PAR BERTIN DAKOUO




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