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mardi 1 décembre 2020
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Front social: vers un embrasement généralisé

La Transition des colonels est sur de braises ardentes. À la spirale des attaques terroristes asymétriques, sur fond de sièges jihadistes autour de plusieurs villages au centre du pays, le front social ne s’apaise guère à Bamako. Aux enseignants du supérieur et à la Plateforme d’action, s’ajoutent les cent quarante-quatre heures du Syndicat libre des travailleurs des Affaires étrangères (SYLTAE) et celui at des travailleurs du Ministère des Maliens de l’Extérieur et de l’intégration africaine (STMMEIA) à partir de ce 9 novembre 2020.Comme un malheur n’arrive jamais seul, la centrale historique, l’Union nationale des travailleurs du Mali, elle aussi menace de rentrer dans la danse pour demander plus de justice dans le traitement des mêmes travailleurs du Mali. Dans ces conditions, malgré la bonne foi du Papi national, le colonel à la retraite Bah N’DAW, notre pays s’achemine inexorablement vers des jours sombres, sans un sursaut patriotique de l’ensemble des fils du Mali.

Depuis trois semaines, le Syndicat libre des travailleurs du ministère de l’Administration territoriale (SYLTMAT), le Syndicat autonome des administrateurs civils (SYNAC), le Syndicat national des travailleurs des collectivités territoriales (SYNTRACT) et le Comité syndical des agences de développement régional (CS-ADR) observent une grève de 15 jours sur toute l’étendue du territoire national. Pour faire plier le gouvernement, les quatre syndicats ont déposé lundi 19 octobre 2020, un préavis de grève illimitée qui commence ce lundi 09 novembre 2020, faute d’un accord avec le gouvernement.
Les quatre syndicats exigent, entre autres, l’amélioration des conditions de vie et de travail des agents, à travers l’augmentation des primes et indemnités ; le renforcement de la sécurité des représentants de l’État et bien d’autres avantages. Les administrateurs demandent : l’octroi d’une prime de sujétion pour risques de 400 000 FCFA aux Administrateurs civils et aux Membres du Corps préfectoral ; l’octroi aux Administrateurs civils et aux Membres du Corps préfectoral d’une indemnité spéciale de 987 500 FCFA (grade III/3ème classe), 1 100 000 F CFA (grade II/2ème classe) 1 212 500 F CFA (grade I / 1ère classe) et 1 325 000 F CFA (hors grade/classe exceptionnelle) pour compter du 1er janvier 2020 ; 1 287 500 FCFA (grade III/3ème classe), 1 400 000 F CFA (grade II/2ème classe) 1 550 000 FCFA (grade I / 1ère classe), et 1 700 000 FCFA (hors grade/classe exceptionnelle) pour compter du 1er janvier 2021, révèle le préavis de grève conjoint des quatre syndicats. Les syndicats exigent aussi l’octroi aux Administrateurs civils et aux Membres du Corps préfectoral ne bénéficiant pas de logement mis à disposition par l’Etat, d’une indemnité de résidence de 225 000 F CFA pour compter du 1er janvier 2020 ; 250 000 F CFA pour compter du 1er janvier 2021.
Les syndicats souhaitent également la majoration de la prime de fonction spéciale de 300% accordée au personnel des Services du Ministère de l’Administration territoriale ; la fixation du nombre d’agents de sécurité affectés aux Représentants de l’État et leur mise à disposition effective au plus tard le 30 octobre 2020 ; la prise en charge effective des salaires et accessoires des fonctionnaires des Collectivités territoriales relevant du cadre de l’Administration générale par le Budget de l’État, etc.
Dans leur préavis de grève déposé sur la table du gouvernement, le 19 octobre 2020, le Syndicat libre des travailleurs du ministère de l’administration territoriale (SYLTMAT) dirigé par Olivier Traoré, le Syndicat autonome des administrateurs civils (SYNAC), piloté par Ousmane Christian Diarra, le Syndicat national des travailleurs des collectivités territoriales (SYNTRACT), conduit par Seydou Ousmane Diallo et le Comité syndical des agences de développement régional (CS-ADR), sous la plume de Almami Alphamoye, déplorent l’inertie et le silence des pouvoirs publics face aux enlèvements et assassinats des Représentants de l’État.

Les diplomates en grève
Le Bureau central du Syndicat libre des travailleurs des Affaires étrangères (SYLTAE) et le Syndicat des travailleurs du Ministère des Maliens de l’Extérieur et de l’intégration africaine (STMMEIA) décident d’observer une grève de cent quarante-quatre (144) heures allant, de ce lundi 09 au lundi 16 novembre 2020.
Les deux syndicats des diplomates reprochent au gouvernement son inertie et son manque de volonté à mettre en œuvre le protocole d’entente du 21 octobre 2019 dans lequel figure la revendication que partagent les deux syndicats (SYLTAE et STMMEIA). Ce protocole d’entente est relatif à la relecture des Décrets portant octroi d’indemnités d’équipement aux agents du Département central. Il s’agit du Décret n° 01- 531/P-RM du 1er novembre 2001 portant octroi d’une indemnité d’équipement au personnel du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale et du Ministère des Maliens de l’Extérieur modifié par le Décret n° 020l 7-0814/P-RM du 26 septembre 2017 portant allocation d’une indemnité annuelle aux fonctionnaires et agents de l’État en service au Ministère en charge des Affaires étrangères et au Ministère en charge des Maliens de l’Extérieur afin d’en faire un paiement mensuel à compter du 1er janvier 2020.
En outre, le Syndicat libre des travailleurs des Affaires étrangères (SYLTAE) et le Syndicat des travailleurs du Ministère des Maliens de l’Extérieur et de l’intégration africaine (STMMEIA) exigent entre autres : l’examen et l’adoption du projet de Statut du corps diplomatique ; la relecture du Décret n° 96-044/P-RM du 08 février 2019 fixant les avantages accordés au personnel diplomatique, administratif et technique dans les missions diplomatiques et consulaires du Mali ;
la relecture du Décret n° 05-464/P-RM du 17 octobre 2005 fixant la valeur du point d’indice de traitement des personnels occupant certains emplois dans les Missions diplomatiques et consulaires du Mali ainsi que leurs primes et indemnités ; la relecture des décrets portant octroi d’indemnités d’équipement aux agents du Département central, l’octroi de frais forfaitaires de mission au personnel du Ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale et du Ministère des Maliens de l’Extérieur lors des formations à l’extérieur à compter de la date de signature du présent protocole.

L’enseignement supérieur en grève
Suite aux conclusions de son Assemblée Générale Unitaire du 19 septembre 2020, le Syndicat National de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (SNESUP) avait décidé d’observer une grève de 48 heures allant du mardi 03 au mercredi 04 novembre 2020 et de 72 heures allant du mardi 10 au jeudi 12 novembre 2020. Les exigences du syndicat étaient entre autres : l’application de la grille plancher 1368 et plafond 3000 aux Enseignants-Chercheurs ; l’application immédiate des articles 66 et 97 du Statut des Enseignants-Chercheurs en vue de l’augmentation de 20% de la grille indiciaire et de 02 ans de l’âge de la retraite pour les Professeurs/Directeurs de Recherche et les Maîtres de Conférences/Maitres de Recherche ; l’application immédiate de la prime de recherche conformément à l’article 34 du Décret N° 20l 7- 0850/P-RM du 09 octobre 2017 fixant les modalités d’application du Statut des Enseignants- Chercheurs.
Le syndicat National de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (SNESUP) exigent en outre le paiement des arriérés d’heures supplémentaires, les tâches liées aux examens et la régularisation des salaires, le payement immédiat des arriérés d’heures supplémentaires et des frais des tâches liées aux examens des structures ; le payement des heures supplémentaires ducs aux enseignants permanents exclus de l’arrêté de payement de 2016-2017 cl 2017-2018 à la FSEG.
Par ailleurs, le syndicat National de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (SNESUP) reproche au gouvernement l’utilisation abusive de la subvention de l’État au détriment des travailleurs contractuels de l’Institut d’Economie Rurale (1ER), le blocage de la situation administrative et financière des agents â l’Institut d’Economie Rurale (IER), au Centre National de Transfusion Sanguine (CNTS), à l’Institut National de la Santé Publique (INSP), à la FMOS/FAPH, à l’ENI-ABT ; les difficultés de fonctionnement des Facultés et Instituts universitaires liées au blocage de leur cote part des ressources propres. À cela, il faut ajouter : le licenciement arbitraire des agents du Centre Régional de Recherche Agronomique de Sotuba pour faits de grève ; l’opération de retenues arbitraires sur les salaires des doctorants de l’Institut National de Formation en Sciences de la Santé (INFSS) ; les conditions d’accès et de travail pénibles au pôle universitaire de Kabala, etc.
En plus de ces organisations syndicales, d’autres sont sur le point de se manifester pour leurs droits quand bien même l’on soit convaincu que les périodes de transition sont des moments très fragiles de la vie d’une nation. En effet, en dépit de son engagement pour la trêve sociale proposée par le régime défunt, l’UNTM a donné de la voix la semaine dernière à travers un préavis de grève de 72 heures. Pire, alors que pays boucle péniblement l’année scolaire 2019-2020, des bruits de bottes se font entendre déjà au sein du Collectif des enseignants signataires du 15 octobre 2016 qui avait conclu un accord avec les autorités de la Transition sur la mise en œuvre de l’article 39.
Vivement un retour rapide à de meilleurs sentiments pour les autorités et l’ensemble forces sociales.

Par Sidi DAO




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