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mardi 21 août 2018
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G5 Sahel: le bilan de la Présidence malienne

Aux termes de son mandat d’exercice de la présidence du G5 Sahel, notre pays, sous la clairvoyance et le leadership incontesté du président de la République, Ibrahim Boubacar KEITA, cédera le témoin au Niger ce, après avoir posé plusieurs actes qui auront donné à l’organisation toutes ses lettres de noblesse tout en lui insufflant un nouveau souffle dans la réalisation des missions à elle assignées. Des actes majeurs qui ont été appréciés à leur juste valeur et par les Chefs d’État du sahel et par le Président français : Emmanuel Macron.

La création du G5 Sahel est sous-tendue par une grande volonté politique et un engagement fort des Chefs d’État des cinq pays membres (Mali, Burkina, Mauritanie, Niger, Tchad) de circonscrire les préoccupations communes de sécurité, d’amorcer le développement dans l’espace régional, mais aussi, et surtout, de conforter la démocratie afin de s’approprier en toute responsabilité le leadership de leur destinée dans un esprit de coopération mutuellement bénéfique.
Le G5 Sahel crée par les sahéliens apparait indéniablement comme la meilleure approche, le dispositif idéal d’intégration et d’opérationnalisation des actions de résolution des problèmes du sahel par ceux qui en sont concernés au premier chef, mais aussi et surtout l’instrument adéquat de coordination de toutes les initiatives en faveur du sahel.

Le leadership du président IBK
Voilà pourquoi la mission assignée à la jeune organisation est de garantir les conditions de développement et de sécurité dans l’espace des pays membres ; d’offrir un cadre stratégique d’intervention permettant d’améliorer les conditions de vie des populations ; d’allier le développement et la sécurité, soutenus par la démocratie et la bonne gouvernance dans un cadre de coopération régionale et internationale mutuellement bénéfique, et de promouvoir un développement régional inclusif et durable.
Héritant de la présidence de l’organisation sahélienne, depuis le mémorable sommet des chefs d’État du 6 février 2017, notre pays, sous la clairvoyance et le leadership, sans conteste, du président de la République, Ibrahim Boubacar KEITA, ne cesse de poser des actes appréciables et appréciés au plan régional et international lesquels ont permis au G5 Sahel de se projeter au-devant de la scène en termes de crédibilité et de partenaire fiable qu’on peut désormais compter pour l’avenir.
Le ton ayant été donné le 12 septembre 2017, lors de la visite à N’Djaména du Président de la République, au cours de laquelle, Ibrahim Boubacar KEITA et son homologue tchadien, Idriss Déby Itno, ont décidé d’exempter de visas les ressortissants des deux pays avec effet immédiat. Aussitôt, les autorités maliennes compétentes ont pris les dispositions qui s’imposent pour la réalisation effective de la volonté exprimée par les Chefs d’État. Cette décision étant la concrétisation en acte concret d’une des recommandations de la 2e Conférence ordinaire des Chefs d’État du G5 Sahel, tenue à Bamako, le 6 février 2017, laquelle a décidé de la suppression sans délai des visas pour tous les types de passeports, conformément aux dispositions légales en vigueur dans chaque pays.
Outre cet acte majeur d’intégration, la présidence malienne a été aussi marquée par le leadership du président IBK qui a permis à l’organisation sahélienne s’accomplir des avancées significatives dans la mise en commun des capacités des pays membres en vue de relever les défis sécuritaires et de développement économique.
C’est le Président français, Emmanuel Macron, qui l’a rappelé volontiers au cours du Sommet extraordinaire du G5 Sahel que notre pays a abrité au début du mois de juillet 2017.

Le pacte de sang
De la conviction faite par l’invité spécial à ce sommet, derrière cet acronyme G5 Sahel, dont la présidence est assurée par notre pays, il y a tout une dynamique, un mouvement profond que la France est fière d’accompagner. Car, dit-il, c’est davantage une initiative de coopération régionale, une communauté de pays soudés déterminés face à un même défi. Pour lui, les cinq pays sahéliens et la France vivent au quotidien le poids de la menace terroriste avec plus de 150 morts depuis le mois de février dont 80 dans notre pays.
Un pacte donc de sang qui, selon le président français, doit renforcer la volonté et la détermination de nos pays à lutter ensemble de manière résolue contre le terrorisme. Refusant de parler d’une Guerre, car il faudrait un ennemi digne de ce nom, mais l’invité spécial du sommet reconnait tout de même que nos pays ont à affronter chaque jour des terroristes, des voyous, des assassins qu’il faudrait ignorer le nom et le visage, mais avec constance et détermination éradiquer. Ce, d’autant plus que, a-t-il rappelé, ces fous de Dieu accomplissent leurs actes au nom de la religion qu’ils détournent au nom de l’obscurantisme et de la haine.
En tous cas, ce sommet extraordinaire de Bamako, qui est un signe de temps et de destin commun, aura comblé les attentes des chefs d’État du Sahel, de par les annonces rassurantes. Ce, d’autant plus que les chefs d’État du Sahel réunis avec le président français sont convenus d’un budget de 275 milliards de FCFA pour la force régionale qu’ils veulent déployer contre les djihadistes.
Grâce au leadership incontesté du président IBK, le montant des 250 millions d’euros nécessaires pour le lancement de la force du G5 Sahel a été déjà mobilisé. Avec les 10 millions d’euros mis à la disposition par chacun des États membres du G5, les 100 millions d’euros promis par l’Arabie Saoudite, les 30 millions d’euros des Émirats arabes unis, les 50 millions d’euros de l’Union européenne et l’appui sous forme d’aide bilatérale de 60 millions de dollars des États-Unis, on peut dire que les fonds ont été largement réunis.
Autre succès éclatant de la présidence d’IBK, c’est la réussite de cette mission importante à lui confiée par ses pairs : l’opérationnalisation d’une force militaire conjointe, qui sera déployée pour une période initiale de douze (12) mois renouvelables et un effectif de 5 000 personnels, avec pour missions de combattre le terrorisme, le trafic de drogue, les trafics d’êtres humains en vue de créer un environnement sécurisé en éradiquant l’action des terroristes et des autres groupes criminels ; contribuer à la restauration de l’autorité de l’Etat et au retour des personnes déplacées ou réfugiées ; faciliter dans la limite de ses capacités les opérations humanitaires et l’acheminement de l’aide aux populations affectées ; contribuer à la mise en œuvre des actions en faveur du développement dans l’espace du G5 Sahel.
Après avoir obtenu la « bénédiction » de l’Union africaine, un financement de l’Union européenne et le feu vert, à travers une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, la FC-G5S est en passe de passer du virtuel au réel avec le soutien déterminant d’un partenaire de taille, la France. Cette dernière a en effet soutenu le projet devant ses pairs et c’est grâce à son implication que les États-Unis, fort réticent, ont finalement adopté la résolution 2359 entérinant la création de la force sous réserve de quelques amendements liés à ses modalités de fonctionnement.

Inauguration du PC de Sévaré
C’est incontestablement un pas décisif que le président sortant, Ibrahim Boubacar Kéita, a fait le 9 septembre 2017 en se déplaçant à Sévaré dans le Centre du Mali, pour inaugurer le centre de commandement de la force conjointe du G5 Sahel qui doit intégrer des unités issues des Forces armées des cinq pays membres (le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad).
De ce pas, c’est le processus de la mise en place de la force militaire du G5 Sahel, qui doit lutter contre le terrorisme dans les cinq pays membres, qui a acté lors du dernier sommet extraordinaire en début juillet à Bamako, qui s’est accéléré. En tout cas, l’inauguration du quartier général de la force du G5 Sahel par le chef de l’État a donné un coup de pouce déterminant au déploiement des premiers bataillons. C’est dire que depuis le sommet extraordinaire de Bamako, IBK, président en exercice du G5 Sahel, a mis les bouchées doubles pour respecter le chronogramme de l’opérationnalisation de cette force qui sera constituée de 5 000 militaires, tel que défini par les cinq chefs d’État, en présence de leur homologue français.
Aussi, IBK, en procédant à la nomination, en début juin de la même année, du général de division Didier Dacko, fin stratège militaire et qui apparaît comme l’officier qui a le plus combattu dans le Nord du Mali, comme commandant de la force conjointe de l’organisation, et en offrant 14 véhicules aux militaires, en marge de l’inauguration du poste de commandement, a donné la preuve à la communauté internationale que les lignes commencent à bouger. Toute chose qui n’est pas pour déplaire au président français, Emmanuel Macron, dont le pays a joué un rôle décisif dans l’adoption de la résolution 2359 par le Conseil de sécurité des Nations Unies donnant quitus à la création de la Force Conjointe du G5 Sahel (FC-G5S). D’ailleurs, le président Macron lui-même n’avait pas manqué de demander, lors du sommet extraordinaire de Bamako, à ses pairs du G5 Sahel de ne pas croiser les bras et attendre de réunir tous les moyens (environ 423 millions d’euros) nécessitant la mise en place et le fonctionnement de cette force conjointe avant d’agir.
C’est dire que la mise en service de façon officielle du poste de commandement qui devrait accueillir ses premiers bataillons en fin septembre, est un gage de la bonne volonté du G5 Sahel de s’engager profondément dans cette guerre asymétrique contre le terrorisme.

Le message fort
En effet, après avoir inauguré le 9 septembre dernier le poste de commandement de la force commune du G5 Sahel, IBK a entamé une mini-tournée régionale qui l’a conduit, le 11 septembre, à Ndjamena au Tchad, et le 12 du même mois, à Niamey au Niger et à Ouagadougou, au Burkina Faso. Peu avant de prendre son bâton de pèlerin, IBK a reçu en audience, à Bamako au Mali, le président mauritanien, Mohammed Ould Abdel Aziz. Au menu des discussions : la coopération entre les pays membres du G5 Sahel et la question des contributions.
Cette tournée régionale était d’autant plus opportune qu’elle intervient quelques jours seulement avant l’ouverture à New York, de l’Assemblée générale des Nations unies. Toute chose qui a eu l’avantage de permettre aux dirigeants du G5 Sahel d’harmoniser leurs vues et d’adopter une position commune. Ce qui a permis au président en exercice de porter haut et fort le message du G5 Sahel dans l’antre du Conseil de sécurité des Nations-Unies.
Insistant sur la nécessité d’agir d’une seule voix pour une synergie d’actions efficaces qui seront bénéfiques non seulement pour la sous-région, l’Afrique, mais aussi le monde ; IBK a déclaré : « … nous sommes engagés dans un enjeu qui nous dépasse, donc le monde entier doit être solidaire. Il ne s’agit pas de tendre la sébile, il ne s’agit pas de mendicité il s’agit simplement d’un effort de solidarité bien compris dans l’intérêt du monde entier. Pas de l’Afrique pas de la sous-région Sahel pas du Mali, mais l’ensemble du monde entier ».
Sur le plan sécuritaire, le Président IBK, du haut de la tribune, a souligné que la dégradation de la situation au Mali et au Sahel continue à représenter une menace réelle pour la paix et la sécurité internationales.

Le vibrant plaidoyer
Et de pointer le terrorisme, l’extrémisme violent, le trafic de drogues, d’armes et de personnes, orchestrés par des groupes du crime organisé qui disposent de moyens financiers, matériels et logistiques importants.
« Aucun pays ne peut, seul, faire face à ces menaces transfrontalières », a-t-il déclaré en se félicitant de la création du G5 Sahel, réunissant le Mali, le Burkina Faso, la Mauritanie, le Niger et le Tchad.
Par un vibrant plaidoyer, IBK, qui n’a pas certainement perdu son instinct de diplomate, a attiré cependant l’attention des dirigeants du monde sur la question du financement durable de cette Force dont les premières opérations devraient débuter en octobre, et invité les pays amis et organisations internationales à la Conférence internationale de planification des contributions à la Force, le 16 décembre 2017 à Bruxelles. Il a aussi appelé à un soutien dans les domaines de l’équipement des bataillons, du renforcement des capacités logistiques, des communications, de l’évacuation médicale d’urgence et de la lutte contre les engins explosifs improvisés.
Par ailleurs, la présidence malienne, qui est flattée, à travers le monde, et ce, jusque dans l’anti chambre du Conseil de sécurité des Nations-Unies, aura été marquée par plusieurs autres résultats concrets qui ont permis à la jeune organisation du G5 Sahel de se frayer son propre chemin dont le but ultime est de permettre aux pays membres de prendre en main leurs propres destinées. Au nombre de ces victoires éclatantes figurent les retombées de la réunion internationale sur la Force commune du G5 Sahel tenue le 13 décembre 2017 à la Celle-Saint-Cloud, près de Paris, à l’initiative du président Emmanuel Macron.

Attentes comblées
La rencontre, ayant porté ses fruits, a répondu à toutes les attentes avec deux nouveaux contributeurs financiers à la force du G5 Sahel, à savoir l’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis. Ces deux pays du Golf ont décidé, à la grande satisfaction des organisateurs et organisations internationales et régionales présentes, d’apporter dans la cagnotte 130 millions d’euros. Des contributions qui ne sont pas sans ravir le président IBK qui a salué les heureux donateurs de leurs promesses d’épauler le G5 Sahel.
« En ce qui nous concerne au G5 Sahel, nous sommes conscients que le temps nous est compté, nous sommes conscients qu’avec ce qui s’est passé au Moyen-Orient, avec la fin de la guerre en Syrie, il y aura un reflux vers nous et nous ne souhaitons pas que ce qui n’a pas été engrangé par certains au Moyen-Orient le soit dans le Sahel. Je viens de dire l’urgence aujourd’hui à faire en sorte que notre force G5 Sahel aboutisse rapidement à des résultats concrets dans sa lutte contre le terrorisme. Pour cela, il nous faut tenir nos engagements financiers que les uns et les autres ont faits à notre endroit. La décision d’aujourd’hui a été très franche, très directe et très productive et je crois que les procédures qui seront mises en œuvre dans les temps à venir, nous ferons que tout cela soit diligenté à souhait », a ajouté le président de la République.
Au moment où le président IBK s’apprête à passer le témoin à son homologue nigérien, ce dernier aura la lourde tâche à mettre en pratique son expertise pour booster les actions déjà entreprises de l’institution en matière de lutte contre le terrorisme. Car, au même moment où est lancée en grande pompe l’opération « Pagnali » (qui signifie le tonnerre en Peulh), deuxième du genre, les fous d’Allah affinent, eux aussi, leurs stratégies.

Dossier réalisé par Mohamed D. DIAWARA




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