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vendredi 20 mai 2022
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Gel des positions au Nord: l’opération de sauvetage du MNLA

Aussi fourbe que l’accord d’établissement d’une zone temporaire de sécurité (ZTS), le gel en perspective des positions des groupes armés n’est rien moins qu’une nouvelle perche tendue au MNLA, en sérieuse difficulté sur le plan militaire face au GATIA qui l’a mis dans le collimateur, depuis quelques temps.
Après l’échec de sa première opération de sauvetage du MNLA, la Minusma revient à la charge avec une nouvelle formule, à savoir le gel des positions des groupes armés au Nord du pays qui devrait être avalisé, lors d’une réunion d’urgence à Alger, les 5 et 6 février.
Selon le communiqué rendu public, très officiellement, l’objectif est d’aller à une désescalade de la situation sécuritaire dans la perspective de la reprise des pourparlers inclusifs inter-maliens d’Alger. L’intention est noble, mais n’est pas sans poser des interrogations.
Au nombre de ces interrogations, l’on est en droit de savoir si cette mesure de gel des positions des groupes armés ne vise pas tout juste à protéger le MNLA des foudres du GATIA qui ne cache plus sa détermination à aller le déloger à Kidal.
Il est permis de répondre par l’affirmative au regard d’une précédente mesure avortée d’établissement d’une zone temporaire de sécurité sur l’axe Anéfis-Almoustarat de 10 km de chaque côté de la route. L’établissement de cette zone d’exclusion étant ouvertement de désarmer le GATIA qui contrôle Tabankort désormais au cœur d’un enjeu militaire hautement stratégique. Pour preuve, l’accord conclu entre la Minusma et la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) interdit le port d’arme de combat dans toute la ZTS. Une ZTS, où se trouve justement le GATIA, qui une fois désarmé, se retrouverait à la merci du MNLA.
Changer le rapport de force sur le plan militaire en faveur des rebelles touareg de Kidal, telle est l’alchimie de la Mission Onusienne qui vient de dévoiler son vrai visage de «partisannerie».
Malgré l’échec de ce projet unilatéraliste, la Minusma ne s’avoue pour autant pas vaincue, en prônant le gel des positions. Une étrange sagesse de sa part, puisqu’elle n’a jamais demandé au MNLA de rester à Kidal. En effet, le gel des positions ne date pas d’aujourd’hui. Il est bel et bien prévu par de précédents accords dont la mise en œuvre est le cadet des soucis des séparatistes de Kidal.
Le «risque de confrontation», que la Minusma brandit pour justifier ses choix, ne tient que des visées hégémoniques du MNLA qui découvre qu’il n’a pas les moyens de sa politique. S’il y a des affrontements à Tabankort, n’est-ce pas le MNLA qui y est allé ? N’est-ce pas lui qui est à l’origine de toutes «les provocations» ?
Les faits sont patents, mais la Mission Onusienne ne peut pas demander au MNLA de rester sur place.
Par contre, las des actes de provocation, quand le GATIA menace de passer à l’offensive, les hélicos de la Minusma sont prêts à décoller pour le bombarder. A défaut de cela, c’est un gel des positions qu’elle s’apprête à décréter dans la seule logique d’empêcher le GATIA d’occuper de nouvelles positions au détriment du MNLA.
Il ne fait l’ombre d’aucun doute qu’il y a du «deux poids, deux mesures» dans cette affaire. Tant que c’est le MNLA qui progresse, la Mission Onusienne ne trouve rien à redire, mais dès qu’il se retrouve en difficulté, elle s’inquiète des risques de confrontation.
Il est tout autant irritant de constater que c’est au moment où une zone d’exclusion ou zone temporaire de sécurité est créée pour lui, que l’on s’apprête à décider d’un gel des positions, que le MNLA s’adonne à cœur joie à multiplier les attaques contre de nouvelles localités. Celle perpétrée contre Bamba étant l’une des plus parfaites illustrations de son expansionnisme. Ce n’est qu’un secret de polichinelle: le MNLA cherche à occuper le maximum de positions possibles pour pouvoir monter les enchères au moment des négociations. Manifestement, il en a le droit. Mais alors pourquoi le denier aux autres? Est-ce parce le GATIA est été décrété «milice pro-gouvernementale»? L’impartialité qui est l’un des trois principes d’engagement de la Mission Onusienne exige que les mêmes règles s’appliquent à toutes les parties. Ce qui est malheureusement loin d’être le cas. Tout est permis au MNLA et alliés séparatistes, rien aux autres.
Par Bertin DAKOUO




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