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lundi 16 octobre 2017
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Genre au gouvernement: IBK est-il un phallocrate ?

La sous représentativité des femmes dans le nouveau gouvernement, publié le samedi dernier, est un sérieux problème. Seulement 3 femmes contre une forêt d’homme, le Président IBK n’a pas respecté sa promesse de slogan de campagne. Alors serait-il un phallocrate?

Difficile de comprendre ce grand socialiste qu’est le Président de la République qui accepte ce genre de déséquilibre dans le rang gouvernemental. Sur une liste de 29 membres, seules 3 femmes y figurent.
Dans un monde où la promotion du genre est une des réalités et IBK, un membre intégral et se réclamant un fervent socialiste, freine le développement du genre.

Parité peut attendre
C’est un engagement répété durant toute la campagne du candidat socialiste: «Un gouvernement paritaire». Mais, l’on se rend compte que la promesse va attendre encore plus longtemps. Malgré la protestation faite depuis la mise en place du premier gouvernement de Oumar Tatam LY.
A l’époque, sur une équipe de 34 membres, seules 3 femmes étaient ministres. D’ailleurs, il avait été demandé à Madame SANGARE Oumou BA, ministre de la Femme d’élaborer un projet de politique de genre aux élus nationaux.
Mais, le bluff a été vite compris et l’une des plus grandes des faiblesses dans ce gouvernement actuel, est la sous-représentativité des femmes. En effet, s’il y a bien une chose à déplorer dans ce gouvernement, c’est le quota de femmes: 3 sur 29 ministres. Alors, la parité peut bien attendre.
Le Président IBK n’a pas fait comme son ami François HOLLANDE qui néanmoins a respecté la parité dans son gouvernement.
En tous cas, depuis son élection, le Président de la République semble oublier ses promesses. Et pour cause, le gouvernement MARA a un peu mieux fait que celui d’Oumar Tatam LY. Au fait, dans le gouvernement MARA, il y avait 5 femmes sur 31 membres.
La composition de ce troisième gouvernement a enterré l’espoir des femmes de voir augmenter leur quota. Enfin, si nous poussons bien notre analyse, les deux places sacrifiées sont celles des femmes dans le gouvernement de Modibo KEITA. Car, de 5 femmes ministres l’on se retrouve à 3 femmes seulement pour porter haut le combat de leurs sœurs.
Décidément, la femme au Mali ne sera jamais l’égal de l’homme en politique. Les statistiques parlent d’eux-mêmes. Ainsi, il n’y a que 14 femmes élues parmi les 147 députés à l’Assemblée nationale. Le gouvernement n’en parlons même pas seulement trois sont présentes.
L’âge d’or pour la parité genre n’est pas pour demain
L’époque où une femme pouvait rêver d’un ministère régalien comme les Affaires étrangères fait date, quand Madame SY Kadiatou SOW en avait hérité. La seule, d’ailleurs, qui a été aussi gouverneur du District de Bamako.
Au Mali, on est très loin des parités à la sénégalaise ou à la Rwandaise, où la moitié du parlement est constituée de femmes. Et le Chef de l’État ne fait rien pour promouvoir la parité genre. Par contre, au Mali, il contribue même à faire retourner le combat des femmes de 20 ans en arrière.
Généralement, ce sont les hommes qui sont placés en tête de lice, lors des élections législatives ou municipales et les femmes reléguées aux seconds plans (avec moins de chance d’être élues).
Pour beaucoup, il est difficile de justifier auprès d’un élu homme, qui a gagné l’élection précédente, l’investiture imposée d’une femme à sa place.
Les petits partis ont également du mal à présenter autant de femmes que d’hommes.
La question qui brûle toutes les lèvres est de savoir si le parti présidentiel dispose réellement d’un bureau consacré aux femmes. En tout état de cause, il est grand temps que ces femmes se réveillent pour protester vivement contre ce manque d’inattention du Chef de l’État à leurs égard.

Déception tous azimuts
Le slogan de campagne et de la réalité se diffère en Afrique, même si la demande de proposer un projet de politique genre a été soumis aux députés. Car, la volonté affichée par Ibrahim Boubacar KEITA semble se limiter aux paroles.
La preuve, le nouveau gouvernement formé ne compte que 3 femmes sur 29. Et le ministère de la Promotion de la femme se trouve même en 27è position sur 29.
Ainsi, les femmes ainsi que les organisations de défense et de promotion des droits de la femme doivent se remettre en cause.
Et pourtant, le Président IBK n’a cessé, dans les différentes tribunes, de prêcher pour la cause féminine. La preuve, la population malienne est majoritairement composée de femme. La question de la représentation des femmes devient dès lors une préoccupation actuelle à laquelle il convient de répondre dans un souci d’équité et de justice.
Le Chef de l’État et son Premier ministre auraient pu donner le signal et faire preuve de gentleman dans ce nouveau gouvernement en augmentant le nombre de femmes, à défaut d’avoir la parité.
En ce XXIe, la démocratie et l’aspiration à un développement harmonieux recommandent l’équité, l’égalité de l’homme et de la femme par rapport à tous les niveaux (gouvernement, Parlement, collectivités locales, organisations de la société civile).
Naturellement, un ministre n’est élu. Alors pourquoi pas une représentation égale homme-femme n’est pas imaginable dans notre pays.
En tous cas, cette faible présence des femmes dans l’attelage gouvernemental montre à plus d’un titre que les maliennes sont encore très loin de remporter le combat de la parité. Alors, malgré le combat et la politique genre, la parité n’est donc pas encore une réalité au Mali.
Par Salimata DIOUARA




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