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mardi 1 décembre 2020
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Gestion de la migration: les vérités du ministre ILYENE

Le ministre des Maliens de l’extérieur et de la coopération africaine a déclaré avant-hier à Ségou que la problématique de la migration irrégulière était le signe de la faillite du pays de départ. C’était lors de l’ouverture de l’atelier d’actualisation du plan de la politique nationale de migration (PONAM) adopté en 2014.

Les acteurs de la migration sont en conclave du 20 au 23 à Ségou autour du Plan d’actions de la politique nationale de migration du pays. La rencontre de trois jours doit actualiser ledit Plan après 4 ans mise en œuvre en planifiant les priorités communes pour des prochaines années.
Les réflexions sur ce nouveau Plan en gestation ont été lancées par le ministre qui avait à ses côtés le chef de la mission de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), Pascal REYNTJENS ; le chargé des affaires de la Délégation de l’Union européenne, Salvador FRANCA ; du gouverneur de la région et du maire de la commune urbaine de Ségou Nouhoum DIARRA.
Prennent part à cet atelier, des acteurs de la société civile, des responsables politiques, des organisations de la diaspora, des partenaires techniques, entre autres. L’objectif de la rencontre est de mettre à jour le Plan d’actions de la politique nationale de la migration pour la période 2020-2024.
Notre pays est l’un des États par excellence de départ de la migration. Ce phénomène est encouragé notamment par des facteurs culturels, économiques. À ce jour, selon le conseiller technique du ministère des Maliens de l’extérieur, Broulaye KEITA, les chiffres officiels font état de 6 millions de Maliens vivant à l’étranger. Bon an mal an, ils injectent entre 900 à 1 000 milliards de FCFA dans l’économie nationale. Ce qui est un enjeu financier très important.
Toutefois, ces contributions sont tachées par la mort des centaines de jeunes sur les routes migratoires, a déploré M. Keita. Sans compter des milliers d’individus qui tentent cette aventure et sont obligés de rentrer au pays après des ans de galère, de souffrance. Preuve : de 2015 à nos jours, M. KEITA a indiqué que le pays a enregistré 40 000 rapatriements volontaires avec le soutien de l’OIM notamment. C’est face à ces enjeux que le gouvernement a décidé de l’adoption d’un plan d’action qui prend en compte la gestion de la migration. Ce nouveau Plan soumis à l’appréciation des acteurs est basé autour de 7 axes en tirant les leçons de la mise en œuvre de celui de 2015-2019. Pour cela, le nouveau plan impliquera le secteur privé.
C’est une nécessité d’ouvrir la migration régulière sans quoi, il est impossible de lutter contre la migration irrégulière.
Pour lui, la mission ultime du Plan d’action est de contribuer au développement durable et non un problème pour les pays de départ et d’accueil. Mais son intime conviction pour mener le combat contre la migration irrégulière est d’ouvrir la migration régulière. Une option longtemps exprimée par le Mali qui n’est pas partagé par les partenaires.
Quant au chef de la Mission de l’OIM au Mali, Pascal REYNTJENS, il a rappelé l’idée centrale de la PONAM est de faire de la migration, un véritable atout pour le développement du pays. En effet, soutient-il, lorsque le cadre de gouvernance de la migration est renforcé, elle ne peut être bénéfique pour le migrant, le pays d’origine ainsi que le pays de destination. La contribution de l’OIM à la mise en œuvre de cette politique est estimée à 27 milliards de FCFA, a ajouté M. REYNTJENS.
Félicitant les efforts qui ont été consentis dans la mise en œuvre de l’initiative, le chef de la Mission de l’OIM au Mali se réjouit de l’élaboration d’un nouveau plan pour les 5 prochaines années. Sa satisfaction est que ce nouveau document fait le lien des 23 objectifs du Pacte Mondial en relevant la nécessité d’accroitre la qualité et la quantité des données sur la migration pour l’élaboration des politiques basées sur la connaissance des faits.
De son côté, le ministre Alhamdou Ag ILYENE, sans langue de bois, a affirmé que le problème de la migration est le signe de la faille du pays de départ parce qu’il a échoué à réunir les conditions pour maintenir sa population sur place. Selon lui, l’alternative durable de faire face à la situation est de faire en sorte que le pays de départ soit en mesure d’offrir les meilleures conditions aux populations.
En dépit de cela, il laisse comprendre que les migrants sont des personnes à traiter avec dignité.
« Il est important de considérer les migrants non seulement en fonction de la régularité ou de l’irrégularité de leur statut administratif, mais surtout comme des personnes qui, une fois leur dignité assurée, peuvent contribuer au bien-être et au progrès de tous, en particulier lorsqu’ils assument la responsabilité de leurs devoirs envers ceux qui les accueillent », a indiqué le ministre ILYENE.
À l’image de M. KEITA, le ministre a également souligné la nécessité d’ouvrir la migration régulière. « Pour gagner le combat contre la migration irrégulière, nous devons offrir des opportunités à la jeunesse par la création d’emplois d’une part et d’autres parts, l’ouverture des canaux officiels de migration légale », a-t-il précisé.

Par Sikou BAH




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