Gestion du flux migratoire: l’AME à la quête de plus de justice sociale

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Le Musée national du Mali, a abrité le week-end dernier, les activités commémoratives du 20e anniversaire de l’Association malienne des expulsés (AME). Placé sous le thème : « 20 ans de lutte au service des migrants : bilan et perspectives », cette rencontre a donné lieu à un débat sous régional, voire international, au cours duquel, l’AMDH-Mali, de la Mauritanie, Amnesty International et d’autres organisations ont animé des panels. Des différentes interventions, il ressort que 20 ans après sa création, l’AME est toujours dans la quête de plus de justice sociale au profit des migrants.

L’ouverture des travaux était présidée par le chef de cabinet du ministre des Maliens de l’extérieur, Moussa Aliou KONE ; en présence du représentant de l’ONG « Medico International » ; du président de l’AME, Ousmane DIARRA ; du directeur du programme Alternatives Espaces citoyens du Niger, Tcherno Hamadou BOULAMA; du secrétaire général de l’Association mauritanienne des droits de l’Homme (AMDH)/Migreurop, Amadou M’BOW. Au cours de ces deux jours de travaux, les débats ont notamment porté sur le rôle des syndicats et de la société civile dans la gestion de la migration au Mali, la mobilité dans un contexte d’insécurité, la migration et la gestion des ressources naturelles en Afrique, la coopération nord-sud : processus de La Valette, l’Accord de Cotonou, le Processus de Rabat et la liberté de circulation et intégration en Afrique de l’Ouest, etc. Dans son mot de bienvenue, le président de l’AME, Ousmane DIARRA, a souligné que l’organisation de cette cérémonie a été possible grâce au concours de tous les amis de l’AME en général, mais aussi des partenaires en particulier.
L’AME, selon président, a été créée un certain 6 octobre 1996 à Bamako à la suite des expulsions massives des migrants maliens d’Afrique, d’Europe et d’Asie. En effet, a-t-il expliqué, les migrants, expulsés des pays d’accueil, humiliés, sans ressources et ayant totalement perdu espoir arrivaient dans leur pays d’origine sans aucun dispositif d’accueil mis en place par les autorités. Face à ces multiples injustices (expulsions, emprisonnement, absence d’aide de l’État…), a-t-il dit, les migrants expulsés ont décidé de prendre leur destin en main. C’est ainsi qu’est née l’idée de créer une association pour défendre les droits des migrants maliens partout dans le monde.
Après 20 années, l’AME constate que la question de la migration se pose encore avec presque avec la même inquiétude et vigueur, les dirigeants du monde en général et ceux d’Afrique en particulier n’ont pas toujours trouvé une solution adéquate aux causes profondes de la migration. Un motif pour lequel, a-t-il rappelé, les dirigeants du monde se sont retrouvés à la Valette (Malte) en novembre 2015 pour proposer des solutions mais qui sont toujours inadéquates. Il s’agit par exemple du point N° 5 relatif au retour, réadmission et réinsertion dans les 5 domaines prioritaires du plan d’action de La Valette. Hélas, a constaté M. DAIRRA, ils sont encore des milliers de jeunes maliens qui sortent des écoles sans perspectives et sans espoir et qui prennent tout simplement le chemin de l’aventure pour aller chercher de meilleures conditions de vie ailleurs.
Face à cette situation, l’AME exige un changement de politiques migratoires des États expulseurs et des États d’origine des migrants.
Aussi, en 2012, à la suite de l’éclatement du conflit nord et des déplacements massifs des Maliens, l’AME a apporté son assistance à cette catégorie de migrants, à travers un projet intitulé « Assistance psycho- médical et insertion socio- économique des filles et femmes déplacées du Nord et victimes des violences ».
Dans son intervention, le président de l’AME a révélé la visite d’un émissaire européen à Bamako le 10 novembre prochain pour négocier avec le président de la République la signature de l’Accord d’admission. Farouchement opposée à la signature de cet accord par le Mali, l’AME projette une grande mobilisation de contestation à l’aéroport contre l’arrivée de l’hôte d’IBK. « Nous allons mobiliser la population pour manifester notre refus de cet accord.
De son côté, le chef de cabinet du ministre des Maliens de l’extérieur, Moussa Aliou KONE, a souligné que l’AME mène un combat certes difficile, mais noble pour faire avancer le débat sur les droits fondamentaux des migrants. Selon lui, la question de la migration est l’une des préoccupations majeures de notre temps. De son avis, le gouvernement du Mali entend faire de la migration un véritable atout de développement de notre pays, un facteur de réduction de la pauvreté et la croissance économique.
Au sortir des deux jours de travaux, les participants ont élaboré une déclaration pour mieux défendre les migrants.

Par Abdoulaye OUATTARA

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