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mardi 22 septembre 2020
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Gestion des produits chimiques: l’OMS appuie ses pays membres de la région Afrique

Le ministère de la Santé et de la solidarité, en collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS), tient, du 25 au 28 juin 2019, au Grand hôtel de Bamako, l’atelier sur le renforcement du rôle du secteur de la santé dans la gestion des produits chimiques. La rencontre vise à aider des pays africains, qui paient le plus lourd tribut en termes d’intoxications causées par les pesticides, à mieux contrôler l’utilisation des produits chimiques.

Le Directeur adjoint de la santé, Abdoulaye GUINDO, a présidé, ce mardi 25 juin, la cérémonie d’ouverture de l’atelier national de formation pour le renforcer le rôle du secteur de la santé dans la gestion des produits chimiques. Organisé en collaboration avec l’OMS, l’atelier regroupe des acteurs maliens de la santé et ceux de l’Algérie, du Sénégal, de Congo, etc. Il s’inscrit dans le cadre du programme Inter organisations pour la gestion rationnelle des produits chimiques. Sa finalité est d’aider les pays africains membres de l’OMS à une gestion rationnelle et une meilleure prise de décision sur l’utilisation des substances chimiques.

S’exprimant à cette occasion, le Chargé de bureau de l’OMS au Mali, le Dr Yao Kouadio Théodore, a indiqué que les substances chimiques et dérivées sont essentielles au développement économique de chaque pays. Les bénéfices liés à leur utilisation ont entrainé au fil du temps une augmentation, notamment de leur production. Au même moment, ces substances toxiques utilisées en grand nombre ont provoqué la pollution de notre environnement.

« Ces produits sont, non seulement, dangereux pour l’environnement, mais aussi pour la santé de nos populations », a prévenu le responsable de la mission onusienne de la santé au Mali, tout en rappelant qu’en 2016, l’OMS a estimé que plus d’un million de personnes ont perdu la vie à cause de l’exposition liée à certaines substances chimiques. Ces produits, a-t-il déterminé, sont notamment les pesticides, l’amiante, le plomb, l’arsenic, la fumée du tabac. Pendant la même période, l’intoxication non intentionnelle de ces substances ont causé 27 769 décès dans la région de l’Afrique.

Aussi, a-t-il souligné, dans le monde l’utilisation abusive de pesticides par auto-intoxication intentionnelle provoque environ 7 800 décès par an, soit environ 20 % de tous les suicides. Les femmes, les enfants et les personnes âgées sont relativement vulnérables aux risques d’exposition et d’empoisonnement.

« La région africaine paie le plus lourd tribut en termes d’intoxications causées par les pesticides, mais ne représente que 5 % de la consommation mondiale », a condamné le Dr Yao Kouadio Théodore. Outre les problèmes de santé, les pertes liées aux intoxications par les pesticides en Afrique subsaharienne devraient atteindre environ 97 milliards de dollars d’ici à 2020.

Dans son speech, le Chargé de bureau de l’OMS au Mali a expliqué que l’absence de réglementation contre l’utilisation des produits chimiques toxiques dans des pays en Afrique a favorisé leur prolifération. En effet, une étude dans la région africaine de l’OMS montre que seulement 38 % des États membres disposaient d’une législation et de politiques en matière de gestion des produits chimiques. Aussi, les pays africains manquent de moyens de référence de détection de produits chimiques, a-t-il ajouté.

Rappelant l’importance de cet atelier, le directeur adjoint de la santé a soutenu que le Mali, à l’instar des pays de la sous-région, ne dispose pas de données fiables sur les méfaits des produits chimiques. À côté de cette faiblesse, il n’y a pas de textes pour régir ce secteur, a-t-il mentionné. Or, selon lui, l’utilisation des substances chimiques représente des dangers pour la santé. Elle est notamment à l’origine des maladies telles que le cancer, a affirmé M. GUINDO. Après la Tanzanie, le Mali est le 2e pays de l’Afrique a bénéficié de cette session de formation.

Par Sikou BAH




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