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dimanche 22 septembre 2019
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GLO : dévoilé ce lundi

Après la lettre de démission du Premier ministre Soumeylou Boubèye Maga ce 18 avril, le président de la république, par décret N° 2019- 0317/P-RM du 22 avril 2019, a nommé le Dr Boubou Cissé jusqu’alors ministre de l’Économie et des finances, au poste de Premier ministre. Depuis des tractations se poursuivent pour la mise en place d’un gouvernement de mission et de large ouverture. Malgré le tour des états-majors politiques effectué par le nouveau PM, des échanges avec les organisations de la société civile et les centrales syndicales, l’équipe gouvernementale de choc tant attendue tarde à venir. D’où, des interrogations légitimes des Maliens sur les raisons de ce retard. Notre analyse !

Selon une consœur de la place, ‘’l’ORTM est devenue la chaîne la plus regardée, depuis une semaine ‘’. Ce constat soumis à la réaction des internautes et du public malien a tout son sens.

Et pour cause, la seule chaîne de télévision qui détient le monopole de la primaire de l’information qui intéresse tous les Maliens, à savoir la liste du gouvernement, est l’ORTM. Autant dire que la liste du gouvernement demeure l’information qui attire le plus la majorité des Maliens. La réalité est que ce gouvernement, qui se veut être de large ouverture en même temps que de mission, est loin d’être comme les autres qui se sont jusque-là succédé, en raison du contexte de crise qui a fait sauter le précédent.

Depuis le départ, le président de la république lui-même en a voulu ainsi en appelant toute la classe politique tout en leur demandant de faire bloc autour de la mère patrie en crise afin de mettre en place une équipe en mesure de conjurer rapidement la crise. Une volonté qui a vite aiguisé les appétits pouvoiristes d’une opposition qui n’a pas tardé à dévoiler son vrai visage, à travers des déclarations de nature à créer la confusion dans la tête des Maliens.

À ce titre, le communiqué du parti Rassemblement pour le développement du Mali (RpDM) du Dr Cheick Modibo Diarra en date du 23 avril 2019 a été un message de recadrage de Soumi Champion : « le RpDM informe l’opinion nationale et internationale que lors de la rencontre entre le Président de la République son excellence Ibrahim Boubacar Keita et le Président du RpDM, le Docteur Cheick Modibo Diarra, les discussions ont porté sur la nécessité de rassembler tout le monde au chevet du Mali ».

En réalité, une partie de la classe politique, dont des regroupements oppositionnels, semble en abuser de cette bonne foi du président de la république, au point que le chef de file de l’opposition se plaignait de n’avoir pas été associé au choix du Premier ministre, une prérogative régalienne du chef de l’État. Ainsi, la COFOP et le FSD ont conditionné leur entrée au gouvernement à un accord politique de partage du pouvoir.

«…la démission du Gouvernement n’est qu’une étape de notre lutte pour plus de justice sociale, une meilleure gouvernance dans un Mali uni, prospère et en paix. Conscients des délais de préparation d’un tel dialogue, proposons que soit adopté sans délai et préalablement à toute autre initiative, un Accord politique clair de partage de responsabilités assorti d’une feuille de route transparente connue de tous », indique le communiqué conjoint de la COFOP et du FSD.

Selon certains, l’opposition veut plus qu’un ‘’gouvernement d’union nationale, donc une Cohabitation’’. Un partage consensuel du gâteau aux mépris des préoccupations du peuple ?

Dans son projet ‘’d’accord politique et feuille de route’’ proposé au président de la république, le week-end dernier, dont nous avons une copie, l’opposition pose plusieurs exigences, dont le ‘’partage de responsabilités’’, qui devrait permettre, selon elle, à toutes les sensibilités significatives de notre société de ‘’réaliser l’union sacrée et d’endosser collectivement la difficile gestion de sortie de la crise multidimensionnelle que traverse le Mali’’.

L’opposition va jusqu’à demander à définir et identifier avec le président IBK, ensemble, un Premier ministre, Chef de Gouvernement à même de faire face aux défis du moment ; à avoir des échanges approfondis sur la structure du gouvernement et les profils des ministres qui doivent avoir des compétences avérées et une éthique reconnue ; à déterminer ensemble les quotas de ministres de la majorité, de l’opposition et de la société civile et enfin de définir le rang protocolaire des membres du gouvernement.

À côté de ces demandes, il y a naturellement lieu de prendre en compte les humeurs du reste de la classe politique, à savoir la majorité, l’opposition modérée (FARE) et ceux qui ne se réclament ni de l’opposition ni de la majorité ainsi que la société civile et des technocrates.

Voilà les différents registres sur lesquels le président de la république et son Premier ministre sont désormais obligés de jouer pour la mise en place du nouveau gouvernement. Il s’agit d’un pari en même temps difficile et risqué pour trouver un équilibre entre les différentes forces en présence.

Ainsi, face à une opposition ravagée par un appétit glouton vis-à-vis de de l’offre opportune du président IBK de mettre en place un gouvernement de large ouverture et une majorité présidentielle qui n’entend pas céder sur ses acquis, il faut certainement du temps au chef de magistrature suprême et à son PM pour présenter aux Maliens une équipe capable de faire face aux défis de l’heure de façon pérenne et efficace. Selon de bonne source, ce gouvernement de mission, sous la houlette du Dr Boubou Cissé, est attendu aujourd’hui lundi 29 avril 2019, au plus tard demain mardi.

Par Sidi DAO




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