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samedi 22 juillet 2017
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Gouvernance démocratique en afrique: les dix ex-chefs d’Etat en exil dans le monde

Avec le départ, vendredi dernier, du désormais ex-président du Faso, Blaise Compaoré, vers la capitale politique ivoirienne Yamoussouko, ce sont dix principaux anciens Chefs d’Etat africains, dont deux de la RCA, qui sont acculés à l’exil, selon un recensement opéré par Anadolu.

En voici les principaux noms:

1 Zine El Abidine Ben Ali

Après un soulèvement populaire qui atteint son paroxysme le 14 janvier 2011, le président tunisien, Zine el Abidine Ben Ali, prend l’avion en direction de l’Arabie Saoudite où il réside toujours, en compagnie de quelques membres de sa famille. Pendant la période de transition qui s’engage en Tunisie, des procès ont été engagés contre le président destitué dès le 15 janvier à la faveur de l’article 57 de la Constitution tunisienne sur l’empêchement définitif du Chef de l’Etat, et des peines allant jusqu’à la réclusion à perpétuité, notamment pour «homicide volontaire» de ses opposants, sont prononcés contre lui.

2 Hissène Habré

Arrivé au pouvoir au Tchad en 1982 à la faveur d’un coup d’Etat, Hissène Habré a institué un régime despotique dont il a été délogé, en 1990, par le coup d’Etat de l’actuel président, le Général Idriss Déby. Il a alors trouvé refuge au Sénégal pendant que son procès commence à Ndjamena où il est condamné à mort par contumace pour crimes contre l’humanité.

En 2012, la Cour Internationale de Justice (CIJ) siégeant à la Haye (Pays-Bas), ordonne au Sénégal soit de juger Habré, soit de l’extrader vers la Belgique. Arrêté le 30 juin 2013 à Dakar, l’ex-président est poursuivi pour «crimes contre l’humanité, crimes de torture et crimes de guerre» par les chambres africaines extraordinaires; un tribunal spécial créé au sein des juridictions sénégalaises avec des juges africains nommés par l’Union Africaine (UA).

3 Moussa Dadis Camara

L’ancien capitaine de l’armée guinéenne, Moussa Dadis Camara, a été le président du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), la junte militaire au pouvoir après la mort du président Lansana Conté, fin 2008. Il s’autoproclame aussitôt président de la République. A la suite d’une tentative d’assassinat en décembre 2009, il part se soigner au Maroc et s’installe au Burkina Faso où il annonce son retrait en janvier 2010, officiellement pour des raisons de santé. Sa responsabilité est toujours mise en cause dans le cadre du massacre du stade de Conakry, un meeting de l’opposition maté par les forces de l’ordre ayant occasionné, le 28 septembre 2009, 157 morts et 1 200 blessés, mais jusqu’ici aucune poursuite judiciaire n’a été engagée à son encontre.

4 Amadou Toumani Touré

Quatrième président du Mali, le Général Amadou Toumani Touré, a été renversé en 2012, à quelques semaines de la fin de son second mandat, par le Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’État, un groupe d’officiers de l’armée malienne insatisfaits de la gestion du conflit au Nord Mali entre l’armée d’un côté et une alliance des Touaregs avec des groupuscules djihadistes. Depuis lors, il vit avec sa famille au Sénégal. En décembre 2013, le gouvernement malien a saisi l’Assemblée nationale, où siège la Haute cour de justice, pour juger l’ancien président Amadou Toumani Touré pour «haute trahison». Les procédures judicaires sont toujours en cours.

5 Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya

L’avion de l’ancien chef de l’Etat mauritanien, de retour des obsèques du roi saoudien Fahd, en août 2005, se pose à Niamey, au Niger, lorsqu’il apprend le putsch de l’armée. Le Conseil militaire pour la justice et la démocratie, prend le pouvoir pour « mettre fin au régime totalitaire du président Taya » et « mettre en place de véritables institutions démocratiques » selon ce qu’avait rapporté l’agence mauritanienne officielle de presse.

Depuis sa destitution, l’ancien président mauritanien vit en exil au Qatar après que l’ancien émir, Hamad ben Khalifa Al Thani, lui a accordé l’asile politique, ainsi qu’à sa famille.

6 François Bozizé

François Bozizé Yangouvonda a été président de la République centrafricaine depuis le coup d’État du 15 mars 2003 qui l’a porté au pouvoir. Il est ensuite renversé le 24 mars 2013, par la coalition Seleka présidée par Michel Djotodia. Un coup d’Etat l’accule à un exil camerounais qui se prolonge nonobstant des rumeurs ayant couru du côté de la milice à majorité chrétienne des Anti-Balaka, concernant un supposé coup d’Etat préparé par François Bozizé

7  Michel Djotodia

Le 25 mars 2013, Michel Djotodia, cofondaeur de la coalition Séléka, s’autoproclame président de la République Centrafricaine suite à la prise de la capitale Bangui et le renversement du chrétien François Bozizé. Toutefois, les exactions dont s’est rendu coupable son mouvement l’ont poussé, sous la pression internationale, à quitter le pouvoir, en janvier dernier, pour s’exiler au Benin, laissant son pays en proie à un conflit intercommunautaire opposant milices chrétiennes et musulmanes qui a plongé le pays dans un cercle infernal de représailles. Selon le numéro deux de la coalition Séléka, le Général Noureddine Adam, toutefois, «Michel Djotodia pourrait bien effectuer son retour politique en Centrafrique».

8 Pascal Lissouba

La guerre civile du Congo Brazzaville de juin 1997 à décembre 1999 a eu pour première conséquence le retour au pouvoir de l’actuel président, le Général Denis Sassou-Nguesso, et l’éviction du Président Pascal Lissouba. Celui-ci s’installe ainsi à Londres en 1997 et poursuit son exil à Paris depuis 2004. En septembre 1999, il est condamné par contumace à Brazzaville pour «crimes de guerre» et pour «haute trahison», pour lesquels il devait écoper de 30 ans de prison. En 2009, à l’initiative de Nguesso, le Parlement décide de l’amnisitier mais Lissouba vit toujours à Paris.

9 Mengistu Haile

Mariam

Le lieutenant-colonel Mariam a été, de 1977 à 1991, à la tête du Derg, la junte militaire qui a gouverné l’Ethiopie après la mort de l’Empereur Haile Selassie. La répression des opposants. La lutte indépendantiste érythréenne amène la chute du régime en mai 1991. Mengistu se réfugie au Zimbabwe, sous la protection du président Robert Mugabe. En Ethiopie, il est condamné à mort, en 2008, pour «génocide».

10 Blaise Compaoré

L’issue du règne exceptionnellement stable (27 ans) de Blaise Compaoré n’a pas dérogé à une tradition de coups d’Etat devenu, dans un Burkina Faso qui en a expérimenté désormais 6 en 54 ans d’indépendance, le mode de transition politique par défaut. Contesté par une grande partie de la population en raison d’un projet de révision constitutionnelle lui ouvrant la voie à un nouveau mandat, Blaise Compaoré voit une opération de «désobéissance civile» s’organiser contre son régime impliquant partis politiques et société civile dont les syndicats qui ont décrété la grève générale. Acculé à la démission, il s’enfuit dès vendredi au Ghana, d’où il se dirige à Yamoussoukro, où il retrouve son épouse ivoirienne. Aucune action en justice n’est à ce jour enclenchée à son encontre. Son frère François, a quant à lui, trouvé refuge au Bénin.

 




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